Études sur la luminothérapie : Troubles dépressifs et de l’humeur


Dépression saisonnière


Incidence de l’exposition à la lumière sur le comportement interpersonnel et sur l’affect des personnes à saisonnalité légère à modérée


Sources et auteurs :
The influence of light administration on interpersonal behavior and affect in people with mild to moderate seasonality.
Department of Psychiatry, McGill University, 1033 Pine Avenue West, Montreal, Quebec H3A 1A1, Canada.

15. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 2013 Sep 14;48C:92-101. doi: 10.1016/j.pnpbp.2013.09.004.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24044973


 

Abstract de l’étude

L’incidence de l’exposition à la lumière sur le comportement interpersonnel et sur l’affect des personnes à saisonnalité légère à modérée

La lumière de forte intensité est utilisée pour traiter la dépression hivernale et pourrait avoir également des effets bénéfiques sur l’humeur chez les personnes saines. Cependant on n’en sait peu sur la façon dont la lumière influence les comportements sociaux des individus. Nous avons réalisé une étude transversale en hiver comparant les effets d’une exposition à la lumière le matin et un placebo (exposition à des ions négatifs) sur l’humeur et la sociabilité de 38 individus sains avec une légère sensibilité liée aux saisons. Chacun des traitements a été administré sur une durée de 21 jours avec une période de transition de 14 jours entre les traitements. Une échelle d’évaluation a été utilisée pour mesurer l’humeur et la sociabilité selon deux axes, agréable-belliqueux et impérieux-soumis, pendant les 21 jours du traitement. Pendant les traitements, les participants portaient un détecteur de lumière et un accéléromètre pour tester cette méthode d’auto-administration de lumière à domicile. Les données ont été analysées en utilisant une modélisation à plusieurs niveaux. La lumière tendait à améliorer l’humeur mais favorisait un comportement belliqueux tandis qu’il réduisait la soumission. Les données issues du détecteur de lumière et de l’accéléromètre suggéraient que 21 % des participants n’avaient pas observé le traitement correctement et si on isolait les données s’y rapportant, aucun changement n’était observé en termes d’humeur ou d’intention belliqueuse. Cependant les individus ayant suivi la procédure donnaient des résultats similaires à ceux de l’échantillon total.

Diagnostic, symptomatologie et épidémiologie du trouble affectif saisonnier


Sources et auteurs :
The diagnosis, symptomatology, and epidemiology of seasonal affective disorder.
Department of Psychiatry, Aker University Hospital, Oslo, Norway.

CNS Spectr. 2005 Aug;10(8):625-34; quiz 1-14.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16041294


Cette étude de 2005 propose une relecture du TAS 20 ans après sa découverte, à partir des données plus récentes de la littérature notamment en termes de symptomatologie clinique.

 

Abstract de l’étude

Diagnostic, symptomatologie et épidémiologie du trouble affectif saisonnier

La critériologie opérationnelle du trouble affectif saisonnier (TAS) a connu plusieurs évolutions depuis 1984. Le TAS est souvent perçu comme une sous-espèce du trouble dépressif majeur bipolaire ou récurrent selon la classification du DSM-IV. La Classification internationale des maladies (10e édition) fournit des critères diagnostiques pour le TAS. La qualité la plus caractéristique du TAS est la survenue des symptômes pendant l’hiver et la rémission observée au printemps. Plus encore, les symptômes tendent à décliner lorsque le patient est exposé à la lumière ou à la luminothérapie. Les symptômes cognitifs et émotionnels sont comme dans les autres types de dépressions mais les symptômes végétatifs sont l’inverse des symptômes dépressifs végétatifs classiques, à savoir un appétit plus important et un sommeil plus important. Le TAS est un trouble fréquent mais sa prévalence varie selon différentes études et selon les pays et se voient plus souvent chez les femmes et chez les jeunes. Le TAS apparaît vraisemblablement chez les enfants bien que moins souvent que chez les jeunes adultes. Quelques études ont mis en évidence que certains groupes ethniques vivant dans les latitudes nord-est ont pu s’adapter au long hiver arctique.

Le trouble affectif saisonnier : description d’un syndrome et premiers résultats de la luminothérapie


Sources et auteurs :
Seasonal affective disorder. A description of the syndrome and preliminary findings with light therapy.

Arch Gen Psychiatry. 1984 Jan;41(1):72-80.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6581756


Le profil clinique de 29 patients souffrant de trouble affectif saisonnier (TAS). Trouble bipolaire, prévalence d’une hypersomnie, latence d’endormissement plus longue et phase de sommeil paradoxal moins importante, mises en évidence par des enregistrements de sommeil, faim compulsive et consommation excessive de sucres, sensibilité au climat et à l’altitude, semblent caractériser ces patients dont une exposition plus longue à la lumière semble a priori, produire des effets antidépresseurs. Ces données liminaires, bien qu’elles demandaient à être confirmées par des études portant sur un nombre plus important d’individus, soulignaient déjà le rôle de la lumière dans la réduction des symptômes dépressifs.

 

Abstract de l’étude

Le trouble affectif saisonnier : description d’un syndrome et premiers résultats de la luminothérapie

Le trouble affectif saisonnier est un syndrome caractérisé par des épisodes de dépression récurrents survenant tous les ans à la même époque de l’année. Nous avons entrepris l’étude de 29 patients porteurs d’un TAS. La plupart d’entre eux souffraient d’un trouble bipolaire associé, de type II le plus souvent, et leurs épisodes dépressifs étaient généralement caractérisés par une hypersomnie, un appétit compulsif, une envie forte de sucre et semblaient liés au climat et à l’altitude. Des enregistrements de sommeil chez 9 patients confirmèrent la présence d’une hypersomnie et indiquèrent une latence d’endormissement plus importante et une réduction du sommeil à ondes lentes. Des études préliminaires suggéraient quant à elles, un effet antidépresseur de l’extension de la photopériode chez 11 patients grâce à un dispositif de lumière artificielle.

La lumière enrichie en bleu VS lumière blanche dans le traitement du trouble affectif saisonnier


Sources et auteurs :
The effects of blue-enriched light treatment compared to standard light treatment in Seasonal Affective Disorder.
Department of Psychiatry, University Medical Center Groningen, The Netherlands.

J Affect Disord. 2012 Jan;136(1-2):72-80. doi: 10.1016/j.jad.2011.08.016.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21911257


Si une exposition à la lumière n’est pas plus efficace sur le TAS (Trouble Affectif Saisonnier) que la lumière blanche. En revanche, la possibilité de moduler la durée d’exposition et l’intensité peuvent constituer des critères pour l’amélioration de l’observance des traitements du TAS.

 

Abstract de l’étude

La Lumière enrichie en bleu comparée à la lumière blanche dans le traitement du trouble affectif saisonnier

Contexte

L’une des hypothèses les plus communément invoquées à propos de la physiopathologie entourant le trouble affectif saisonnier (TAS) est un dérèglement des rythmes circadiens. Il est admis que le système circadien de même que d’autres fonctions non visuelles sont influencés par la lumière bleue. Aussi un nouveau dispositif de photothérapie constitué de lumière bleue enrichie de lumière polychromatique a été testé pour son efficacité sur le TAS.

Méthode

En un hiver, 52 personnes ont été traitées selon l’un de ces trois protocoles : 30 minutes d’exposition à un spectre lumineux complet (9 000 lux, 5 000 K), 30 minutes de lumière enrichie de bleu (9 000 lux, 17 000 K) ou 20 minutes de lumière enrichie de bleu. L’étude a duré 22 jours avec 10 jours de traitement de lumière le matin les jours de semaine pendant les deux premières semaines.

Résultats

Les symptômes dépressifs ont diminué au bout de 3 semaines sans différence significative entre les 3 protocoles. Le pourcentage d’observance du traitement était important, différant respectivement de 75 % pour la photothérapie standard, 59 % pour les 30 minutes de lumière enrichie en bleu et 71 % pour les 20 minutes de lumière enrichie en bleu.

Conclusions

Le bénéfice non manifeste de la lumière bleue de forte intensité au regard de la photothérapie standard ne vient pas supporter l’hypothèse d’un rôle du système circadien dans la physiopathologie du TAS. L’absence de différence entre les réponses au traitement en fonction des protocoles peut être perçue également comme le résultat d’une réponse saturée suite aux fortes intensités utilisées ici. Des études récentes ont montré qu’une lumière enrichie en bleu de faible intensité pourrait s’avérer aussi efficace qu’une photothérapie standard. Or la possibilité de modifier les dispositifs de traitement des patients porteurs d’un TAS en prescrivant une exposition à la lumière de plus faible intensité ou de durée plus courte pourrait optimiser l’observance des traitements et permettre de clarifier le rôle du système circadien et/ou des photorécepteurs non visuels sur la physiopathologie du TAS.

Les effets de la lumière verte ou de la lumière blanche dans le traitement de la dépression saisonnière


Sources et auteurs :
Effects of green or white light for treatment of seasonal depression.
Light Therapy Clinic Jefferson Medical College, Philadelphia, PA 19107.

Psychiatry Res. 1991 Sep;38(3):261-70.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1754638


Quelles sont les couleurs qui doivent composer la longueur d’onde la plus efficace pour le traitement de la dépression hivernale ? Si la lumière blanche apparaît comme la plus performante pour réduire les symptômes endogènes de la dépression, c’est moins vrai en ce qui concerne les symptômes plus atypiques, fréquents dans ce type de dépression bien spécifique. C’est ce que suggère une étude préliminaire parue dans la revue Psychiatric Research menée par une équipe américaine.

 

Abstract de l’étude

Les effets de la lumière verte ou de la lumière blanche dans le traitement de la dépression saisonnière

Douze sujets porteurs d’une dépression hivernale ont été traités avec une quantité égale de lumière verte ou de lumière blanche lors d’une étude transversale randomisée. Le traitement consistait en une exposition de deux heures chaque matin pendant une semaine avec au moins une semaine d’interruption du traitement. Les mesures, sans connaissance des protocoles d’exposition (lumière verte vs lumière blanche), ont été effectuées avant et après ces derniers. Les deux traitements réduisirent significativement les niveaux de dépression. La lumière blanche était significativement plus efficace que la lumière verte sur la réduction des symptômes endogènes mais pas sur la réduction des symptômes atypiques fréquents dans le cadre d’une dépression hivernale. Plus encore, des séquences de ces différents traitements influaient sur les réponses antidépressives. De larges faisceaux de lumière blanche pourraient être optimaux pour maximiser la réponse thérapeutique.

Plus d’une personne sur dix présente des symptômes de troubles affectifs saisonniers


Sources et auteurs :
More than every tenth person have symptoms of seasonal affective disorder.
Psykiatrisk Center København, Afdeling O, Rigshospitalet, Edel Sauntés Alle 10, 2100 København Ø, Denmark.

Ugeskrift for Laeger. 2011 Nov 21;173(47):3013-6.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22118583


Avec une forte prévalence dans les pays scandinaves, le TAS constitue une préoccupation de santé publique. Parce qu’elle se présente comme un traitement non invasif aux effets indésirables limités, la luminothérapie figure parmi les stratégies de prise en charge en première intention.

 

Abstract de l’étude

Plus d’une personne sur dix présente des symptômes de troubles affectifs saisonniers

Le trouble affectif saisonnier (TAS) se présente comme un syndrome combinant des symptômes dépressifs classiques tels une énergie, une humeur et un sens de l’initiative amoindris, associés à des symptômes atypiques comme une augmentation de l’appétit, une prise de poids et un allongement de la durée du sommeil. Les symptômes sont récurrents chaque hiver et disparaissent à nouveau au printemps ou à l’arrivée de l’été. La prévalence du TAS est de l’ordre de 1 % à 10 % dans les populations scandinaves. Une exposition plus réduite à la lumière et des troubles de la sécrétion sérotonergique et mélatonergiques sont considérés comme des facteurs pathogènes. Un traitement par luminothérapie produit des résultats convaincants sur ces symptômes avec des effets indésirables quasi inexistants, demeurant le traitement de première intention au même titre que les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine.

Les effets des rayons à spectre UV-A sur la dépression saisonnière


Sources et auteurs :
The effects of ultraviolet-A wavelengths in light therapy for seasonal depression.
Department of Psychiatry, University of British Columbia (UBC), Canada.

J Affect Disord. 1992 Apr;24(4):237-43.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1578079


Quelles sont l’intensité lumineuse et la longueur d’onde recommandées pour que les effets antidépresseurs d’un traitement par photothérapie puissent être observés ? Les rayons à spectre UV-A ont-ils un impact positif ? C’est l’objet d’une étude parue dans le Journal of Affective Disorders qui entend préciser les conditions sous lesquelles les effets thérapeutiques de la lumière doivent être envisagés.

 

Abstract de l’étude

Les effets des rayons à spectre UV-A sur la dépression saisonnière

Bien que la luminothérapie soit reconnue comme un traitement efficace pour soigner une dépression saisonnière (SAS), la littérature donne assez peu d’éléments quant au seuil critique de longueurs d’onde lumineuses produisant cet effet antidépresseur. Des travaux ont mis en évidence des résultats discordants quant à l’importance du spectre UV dans l’effet thérapeutique de la luminothérapie. Afin d’évaluer l’effet clinique d’une longueur d’onde à UV-A (315-400 nm), nous avons étudié un échantillon de 33 patients porteurs d’un SAS diagnostiqués selon les critères du DSMIII-R. En optant pour une base sur une semaine, les patients ont été exposés 2 semaines à 2500 lux chaque jour pendant 2 heures entre 6 et 8 heures du matin. Le dispositif de luminothérapie comprenait une lumière blanche froide fluorescente et d’un tube fluorescent spécifique constitué d’UV-A. Les patients portaient tous des lunettes pendant l’exposition qui bloquaient ou laissaient passer les UV-A en dessous de 400 nm. Les deux protocoles diminuèrent significativement les symptômes du SAS mais sans qu’il y ait de différences notables entre l’exposition avec ou sans UV-A. Nous avons conclu que le spectre UV-A n’augmente pas en lui-même les effets antidépresseurs de la luminothérapie. Compte tenu des effets secondaires d’une exposition aux UV, les applications en clinique de la luminothérapie devraient utiliser des dispositifs filtrant le spectre UV.

Traitement de la dépression hivernale à l’aide d’un dispositif mobile attaché à la tête


Sources et auteurs :
Treatment of winter depression with a portable, head-mounted phototherapy device.
Department of Neurology, Jefferson Medical College, Philadelphia, PA.

Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 1990;14(4):569-78.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2236584


L’efficacité d’un nouveau dispositif de luminothérapie, sous la forme d’un casque, a été mise à l’épreuve et comparée à celle du dispositif classique dans une étude randomisée afin d’évaluer la pertinence d’une recherche d’ergonomie en plus des performances thérapeutiques requises. Or, à effets sensiblement similaires observés entre les deux dispositifs, les patients ont témoigné leur préférence pour le dispositif porté sur la tête, du fait de sa plus grande maniabilité.

 

Abstract de l’étude

Traitement de la dépression hivernale à l’aide d’un dispositif de luminothérapie mobile attaché à la tête

Un dispositif mobile, attaché à la tête a été développé en tant que dispositif de luminothérapie. Un protocole randomisé transversal a été utilisé pour tester l’efficacité thérapeutique de ce dispositif comparé à un dispositif classique de luminothérapie dans le traitement de la dépression hivernale.

Les résultats :

  1. Les symptômes dépressifs ont été réduits par les deux types de dispositifs.
  2. L’efficacité thérapeutique des deux dispositifs n’était pas significativement différente.
  3. Le dispositif mobile était évalué par les patients comme résolument plus pratique comparé au dispositif classique, résultats qui pourraient s’avérer important dans un souci d’ d’observance des traitements.

Dépression non saisonnière


Des effets de la luminothérapie sur le trouble du spectre de la dépression non saisonnière bipolaire et unipolaire


Sources et auteurs :
Effects of phototherapy on non-seasonal unipolar and bipolar depressive spectrum disorders.
Anxiety and Depression Clinic, New York Hospital-Cornell Medical Center, White Plains, NY 10605.

J Affect Disord. 1991 Dec;23(4):231-7.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1791269


La lumière constituerait un traitement bénéfique dans la prise en charge de la dépression non saisonnière chez les patients bipolaires. C’est ce que tend à montrer une étude réalisée sur un groupe de 17 patients exposés à 400 ou 2 500 lux, pendant sept jours consécutifs. Au regard des patients non bipolaires, et manifestement indépendamment de l’intensité lumineuse, les patients bipolaires présenteraient une meilleure réponse au traitement.

 

Abstract de l’étude

Les effets de la luminothérapie sur le trouble du spectre de la dépression non saisonnière bipolaire et unipolaire

Dans un groupe de 17 patients atteints de troubles dépressifs non saisonniers, nous avons comparé la réponse à un traitement par luminothérapie chez des patients bipolaires et non bipolaires. L’hypothèse principale était que les patients bipolaires répondraient plus significativement à la luminothérapie que les patients unipolaires. Tous les patients ont été traités entre 400 et 2 500 lux de luminothérapie pendant 2 heures 7 jours consécutifs. Tous les résultats obtenus sur plusieurs échelles d’évaluation comme le SIGH-SAD, CGI, les facteurs anxieux et dépressifs du SCL-90 ont montré des résultats significatifs chez les bipolaires au regard des unipolaires, et ceci quelle que soit l’intensité de la lumière. Ces données ont été jugées remarquables cliniquement. Tous les patients ayant répondu positivement au traitement répondaient aussi positivement après 3 mois.

Des effets indésirables de la photothérapie dans le traitement du trouble affectif non saisonnier


Sources et auteurs :
Side-effects of phototherapy in nonseasonal depressive disorder.
Department of Psychiatry, Free University of Berlin, Germany.

Pharmacopsychiatry. 1991 Jul;24(4):141-3.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1754611


Une étude parue dans la revue Pharmacopsychiatry vient comparer la nature des effets non souhaités d’un traitement par luminothérapie au regard d’une exposition à une lumière de faible intensité chez des patients atteints d’un trouble dépressif non saisonnier. Dans ce contexte, 42 patients ont été soumis pendant sept jours à 2 500 lux de lumière blanche versus 50 lux de lumière rouge sans qu’une différence puisse être établie entre leurs effets non souhaités respectifs. La durée du protocole, très courte, doit cependant être considérée avant toute affirmation de nature conclusive.

 

Abstract de l’étude

Les effets indésirables de la photothérapie dans le traitement du trouble affectif non saisonnier

Les données issues de la Berlin light therapy study ont été réinvesties de façon systématique pour envisager les effets indésirables de la luminothérapie tels qu’ils sont décrits dans la littérature. 42 patients atteints d’un trouble dépressif majeur qui répondaient également aux critères de l’ICD-9 ont été inclus. Les patients ont reçu un traitement par lumière blanche (2 500 lux) ou un traitement par lumière rouge (50 lux) de 7:20 à 9:20 du matin, chaque matin sur une période de 7 jours. L’étude n’a relevé aucune différence entre les deux traitements en termes d’effets indésirables. Ces résultats sont discutés au regard des conditions différentes des traitements.

Effets de la lumière blanche de forte intensité sur la dépression non saisonnière. Données préliminaires


Sources et auteurs :
Effect of bright white light therapy on non-seasonal depressive disorder. Preliminary results.
Department of Psychiatry, Free University of Berlin, Germany.

J Affect Disord. 1990 May;19(1):15-21.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2140842


Trente patients atteints d’un trouble affectif non-saisonnier, répartis en deux groupes, ont été exposés à 2 500 lux ou 50 lux, tous les matins, pendant deux heures et durant sept jours. Une amélioration significative de la symptomatologie dépressive a pu être observée de manière similaire dans les deux groupes de patients (50 et 2 500 lux). Compte tenu de la courte durée de la période de traitement (7 jours), cette absence de différence en termes d’efficacité cliniques des traitements pourrait être expliquée en partie par un effet placebo.

 

Abstract de l’étude

Effets de la lumière blanche de forte intensité sur la dépression non saisonnière. Données préliminaires.

Dans cette étude, les effets d’une exposition à la lumière blanche (2 500 lux) et d’une exposition à une lumière de faible intensité (50 lux) ont été évalués auprès de 30 patients atteints de troubles dépressifs majeurs non saisonniers soumis de façon randomisée à l’un ou l’autre protocole. Les patients répondaient aux critères du RDC et les critères de l’ICD-9 (296.1 et 296.3) pour le trouble dépressif majeur. Pendant une période de 7 jours, les patients ont été exposés à la lumière blanche ou à une lumière de faible intensité, de 7 h à 9 h chaque jour. La sévérité de la dépression a été évaluée avec les échelles observationnelles (Hamilton – système AMDP, CGI) et à partir d’une auto-évaluation (échelle de dépression et critères de von Zerssen). Aucune différence n’a été relevée entre une exposition à de la lumière de forte intensité et de la lumière à faible intensité hormis une réduction significative des symptômes dépressifs chez tous les patients durant l’étude. Ces résultats sont discutés d’un point de vue clinique.

L’avance de phase dans son corrélat actimétrique de réponse antidépressive à la privation de sommeil et luminothérapie dans la dépression bipolaire


Sources et auteurs :
Phase advance is an actimetric correlate of antidepressant response to sleep deprivation and light therapy in bipolar depression.
Department of Neuropsychiatric Sciences, Scientific Institute, University Vita-Salute San Raffaele, Milano, Italy.

Chronobiol Int. 2007;24(5):921-37.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17994346


Pour la première fois, une étude met en évidence le pendant biologique de la réponse antidépressive des patients atteints de troubles bipolaires à un traitement combiné de privation totale de sommeil et d’exposition matinale à une lumière de forte intensité.

 

Abstract de l’étude

Réponse antidépressive des patients atteints de troubles bipolaires à un traitement combiné de privation de sommeil et luminothérapie

La combinaison entre privation totale de sommeil (PTS) et luminothérapie dans la dépression bipolaire entraine des effets antidépresseurs rapides et l’on associe ce mécanisme d’action à une amélioration de tous les systèmes monoaminergiques ciblés par les médicaments antidépresseurs (sérotonine, dopamine, norépinéphrine). On ne savait pas en revanche jusqu’ici, si les effets cliniques observés par ce traitement trouvent leur corrélat dans des modifications au niveau des rythmes biologiques. Dans une étude avant/après des corrélats biologiques de cette réponse antidépressive, 39 patients porteurs d’un trouble bipolaire de type 1 dont les manifestations dépressives n’étaient pas associés à des caractéristiques psychotiques, ont été traités pendant 1 semaine à partir de PTS répétée associée à une luminothérapie matinale. Des mesures actigraphiques ont été réalisées pendant l’étude. Deux tiers des patients répondaient positivement au traitement (50 % de réduction des scores sur l’échelle d’Hamilton). Les patients compliants présentaient une augmentation de leur activité diurne, une avance de phase de l’activité/repos de l’ordre de 57 minutes comparée aux données de base pré-traitement et une durée de sommeil plus courte la nuit. Les patients qui ne répondaient pas au traitement ne présentaient aucun changement significatifs au niveau des paramètres de rythmicité de leur activité de repos. L’avance de phase de l’activité de repos est un corrélat actimétrique de la réponse antidépressive à la PTS et à la luminothérapie. Ces résultats sont en accord avec les effets connus des interventions sur l’alternance veille-sommeil et la fonction de neurotransmetteur sur le noyau suprachiasmatique.

Les effets d’une thérapie combinée associant privation de sommeil, avance de phase et luminothérapie sur les troubles de l’humeur résistants


Sources et auteurs :
Total sleep deprivation followed by sleep phase advance and bright light therapy in drug-resistant mood disorders.
Department of Neuropsychiatry, Bioregulatory Medicine, Akita University Graduate School of Medicine, 1-1-1, Hondo, Akita-City 010-8543, Japan.

J Affect Disord. 2013 Jan 10;144(1-2):28-33. doi: 10.1016/j.jad.2012.06.022.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22835846


Avec une observance inédite et des effets sensibles, la privation de sommeil (PS) combinée à la luminothérapie s’est imposée comme une stratégie efficace dans le cadre d’un essai préliminaire visant à évaluer PS, avance de phase et luminothérapie combinées sur les formes de dépression résistantes aux traitements chimiques.

 

Abstract de l’étude

Les effets d’une thérapie combinée associant privation de sommeil, avance de phase et luminothérapie sur les troubles de l’humeur résistants

Contexte

Les formes de dépression résistantes aux traitements médicamenteux constituent un enjeu thérapeutique important pour la psychiatrie et le développement de traitements non invasifs, une priorité. La privation de sommeil (PS) est un traitement non médicamenteux désigné comme une forme de chronothérapie associé à la photothérapie et l’avance de phase. La chronothérapie combinée est supposée améliorer les formes de dépression résistantes aux traitements médicamenteux. Dans cette étude, nous avons évalué le bénéfice de la privation de sommeil totale associée à la photothérapie et à l’avance de phase dans la dépression résistante au traitement, au regard du traitement médicamenteux classique, et observé l’efficacité complémentaire de la chronothérapie combinée.

Méthode

Des améliorations significatives des symptômes dépressifs ont été observées aussi bien dans les résultats des échelles d’évaluation objectives que subjectives. 8 des 13 patients ont maintenu cette réponse positive pendant la durée de l’étude. Plus encore, aucun patient n’a abandonné le protocole de chronothérapie combinée.

Résultats

Les symptômes dépressifs ont diminué au bout de 3 semaines sans différence significative entre les 3 protocoles. Le pourcentage d’observance du traitement était important, différant respectivement de 75 % pour la photothérapie standard, 59 % pour les 30 minutes de lumière enrichie en bleu et 71 % pour les 20 minutes de lumière enrichie en bleu.

Limites

Cette étude n’a pas inclus de contrôle placebo.

Conclusions

L’essai de chronothérapie combinée a montré des résultats significatifs sur la dépression résistante aux traitements médicamenteux, sans effets secondaires significatifs ni de rechutes.

Rythmes circadiens et gènes horloge dans les troubles psychotiques


Sources et auteurs :
Circadian rhythms and clock genes in psychotic disorders.
Centre for Study and Treatment of Circadian Rhythms, Douglas Mental Health University Institute, Faculty of Medicine, McGill University, Montreal, QC, Canada.

Isr J Psychiatry Relat Sci. 2010;47(1):27-35.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20686197


L’équipe de Diane Boivin propose une mise au point à propos des promesses des thérapies fondées sur l’approche circadienne en psychiatrie. Les recherches actuelles sont en effet très favorables à l’étiologie génétique de la sensibilité du système circadien et de son incidence sur l’humeur.

 

Abstract de l’étude

Rythmes circadiens et gènes horloge dans les troubles psychotiques

Plusieurs données convergentes suggèrent qu’une altération du système circadien contribue à l’étiologie et à la symptomatologie de troubles psychiatriques majeurs. Les troubles du sommeil, et en particulier le sommeil paradoxal a été observé chez les patients atteints de troubles affectifs bipolaires (TAB) et de schizophrénie. Les thérapies en vigueur cherchent à modifier la durée de sommeil pour réaligner les rythmes circadiens. Les approches comprenant l’agenda de sommeil, l’extension de l’éveil, la luminothérapie et les thérapies médicamenteuses qui modifient le sommeil et les rythmes semblent bénéfiques aux troubles affectifs. Les études interventionnelles prétendant réguler le sommeil et les troubles des rythmes circadiens en contexte schizophrénique sont rares bien que l’administration de mélatonine montre des effets positifs sur la structure du sommeil et les symptômes psychotiques. L’étude des mécanismes de l’horloge moléculaire dans les troubles psychiatriques suscite également l’intérêt. Des études génétiques ont trouvé des associations des gènes comme CLOCK, PERIOD1, PERIOD2 et TIMELESS dans la schizophrénie. La plupart des recherches sur le trouble affectif bipolaire se sont intéressées sur les polymorphismes des gènes CLOCK mais la cible du lithium GSK63 pourrait s’avérer déterminante également. De nouvelles recherches examinant le rôle des rythmes circadiens et des gènes horloge dans les maladies mentales majeures sont sur le point de révéler des avancées rapides dans les thérapies basées sur le système circadien.

La lumière au chevet des troubles sévères de l’humeur


Sources et auteurs :
Severe mood dysregulation: in the “light” of circadian functioning.
Ruhr-University Bochum, LWL-University Hospital Hamm for Child and Adolescent Psychiatry, Heithofer Allee 64, D-59071 Hamm, Germany.

Med Hypotheses. 2011 Oct;77(4):692-5. doi: 10.1016/j.mehy.2011.07.019.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21831530


Médical Hypotheses, journal audacieux et parfois visionnaire fait la part belle à la photothérapie allant jusqu’à y trouver un traitement efficace pour l’amélioration globale du fonctionnement circadien et partant des troubles affectifs parfois associés à ce dérèglement chez l’adolescent.

 

Abstract de l’étude

La lumière au chevet des troubles sévères de l’humeur chez l'adolescent

Un dérèglement affectif et comportemental, identifié en tant que perturbations de l’humeur constitue un phénomène largement partagé chez les patients adolescents porteurs de maladies psychiatriques. Ce phénotype entraîne des dysfonctionnements sous de nombreux aspects, incluant des symptômes variés tels la colère non épisodique et l’instabilité de l’humeur. Plus encore, les patients souffrant de perturbations de l’humeur, présentent souvent des signes de dépression et un besoin réduit de sommeil. Malgré une prévalence de 3,3 % sur la totalité d’une vie, peu d’études systématiques se sont intéressées à ces questions et les traitements considérés n’ont pas d’efficacité sur les symptômes caractérisant les perturbations de l’humeur. Si l’on s’en tient aux désordres circadiens, deux hormones jouent un rôle essentiel : la mélatonine et le cortisol. Lorsque ces hormones sont mal régulées, le rythme circadien s’en voit désynchronisé. Dès lors que des évidences montrent que plus le rythme veille-sommeil est déréglé plus les symptômes psychiatriques sont prégnants, l’importance d’un fonctionnement optimal du rythme circadien devient claire. La chronothérapie, en tant qu’exposition contrôlée à un stimulus environnemental (i.e. la lumière) a montré des effets thérapeutiques significatifs. Aussi bien dans un contexte de dépression saisonnière ou de dépression majeure, la chronothérapie a été utilisée, améliorant les symptômes dépressifs et stabilisant les rythmes circadiens. Des preuves préliminaires sur des pathologies liées aux perturbations de l’humeur, comme le déficit de l’attention avec hyperactivité, indiquent que la photothérapie matinale exerce de ce fait une influence positive sur d’autres symptômes. De plus, la photothérapie ne serait pas efficace que pour les symptômes dépressifs et les rythmes circadiens mais elle pourrait être également un traitement adjuvant utile améliorant le fonctionnement affectif et circadien à impact positif sur le comportement. Physiologiquement, des modifications des niveaux de cortisol et de mélatonine sont attendues.

Approches chronothérapeutiques pour le traitement de la dépression de l’enfant et de l’adolescent


Sources et auteurs :
Chronotherapeutic treatments for depression in youth.
Ruhr-University Bochum, LWL-University Hospital for Child and Adolescent Psychiatry, Heithofer Allee 64, 59071, Hamm, Germany.

Eur Child Adolesc Psychiatry. 2015 May 17. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25982568


Efficace chez l’adulte, la luminothérapie apparaît comme une approche chronothérapeutique adjuvante à privilégier en contexte de dépression associée à des troubles du sommeil chez l’enfant et l’adolescent.

 

Abstract de l’étude

Approches chronothérapeutiques pour le traitement de la dépression de l’enfant et de l’adolescent

Les approches chronothérapeutiques comme la thérapie de l’éveil et la luminothérapie sont perçues comme des approches légitimes pour traiter les adultes souffrant de troubles dépressifs et sont connues pour être bénéfiques à la régulation du sommeil. Cependant, peu d’études concernant les approches chronothérapeutiques en contexte de dépression chez les enfants et adolescents sont aujourd’hui disponibles bien que les traitements en vigueur soient jugés insuffisants et que cette pathologie s’accompagne le plus souvent de troubles du sommeil. Dans cette étude, nous évaluons l’effet de deux types d’approches chronothérapeutiques sur les symptômes dépressifs et le comportement de sommeil auprès de jeunes patients. De jeunes adolescents (n=62) souffrant de troubles dépressifs modérés à sévères ont participé soit à un protocole combiné consistant en une nuit de thérapie de l’éveil suivie de deux semaines de luminothérapie, ou bien un protocole de deux semaines de luminothérapie. Les symptômes dépressifs, la psychopathologie générale, le comportement de sommeil étaient évalués avant (T1), directement après (T2) et deux semaines après l’intervention (T3). Les symptômes dépressifs diminuaient tandis que la qualité du sommeil s’améliorait dans les deux groupes. Le groupe de luminothérapie seule présentait davantage d’améliorations à T3 en termes de symptômes dépressifs. Les analyses de corrélation indiquaient une corrélation négative significative entre la qualité de sommeil et le réveil après un sommeil compensateur avec les symptômes dépressifs. Cependant, seul le réveil après un sommeil compensateur présentait un impact prédictif sur les résultats du traitement. La présente étude apporte des éléments en faveur d’un impact positif des approches chronothérapeutiques pour traiter la dépression des enfants et adolescents. La luminothérapie semble stabiliser et réduire les symptômes dépressifs sur la durée, tandis que la thérapie de l’éveil semble sans effet à long terme sur les paramètres du sommeil et les symptômes dépressifs.

Chronothérapeutique anti-dépressive chez un groupe de patients en ambulatoire non médicamentés


Sources et auteurs :
Antidepressant chronotherapeutics in a group of drug free outpatients.
Department of Neuropsychiatric Sciences, Scientific Institute and University Vita-Salute San Raffaele, Milan, Italy et Psychologische Hulpverlening Haastrecht, Oudewater, The Netherlands.

Psychiatry Res. 2016 Jul 30;241:118-21. doi: 10.1016/j.psychres.2016.04.104. Epub 2016 Apr 30.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27173655


Moins invasives que les traitements médicamenteux souvent lourds et aux effets indésirables fréquents, un traitement combiné de privation de sommeil et luminothérapie pourrait s’imposer comme une approche incontournable en contexte de dépressions majeures, dans la prise en charge en ambulatoire.

 

Abstract de l’étude

Chronothérapeutique anti-dépressive chez un groupe de patients en ambulatoire non médicamentés

La combinaison entre la privation totale de sommeil (PTS) et la luminothérapie (LT) a été évaluée comme capable de prévenir les rechutes précoces caractéristiques de la réponse à la PTS. Malgré leur efficacité prouvée, PTS et LT sont encore loin d’être considérées comme les thérapies standards dans les unités de prise en charge et aucune étude n’a prouvé leur efficacité en ambulatoire. Nous avons étudié 27 patients non traités par des médicaments et souffrant de dépression majeure, divisés en 7 groupes selon la date de leur privation de sommeil. Les patients ont subi une nuit de privation de sommeil et reçu un traitement par LT durant plusieurs matins consécutifs, suivant un algorithme prédictif basé sur les scores du Morningness-Eveningness Questionnaire. La sévérité de la dépression était évaluée par la Back Depression Inventory Scale (BDI) avant traitement, une semaine après la fin du traitement et enfin, trois mois après la fin du traitement. Les scores du BDI diminuaient significativement pendant le traitement sans qu’une différence ait été constatée entre les 7 groupes de patients consécutivement traités. Ces différences significatives de scores de BDI ont été confirmées entre l’avant traitement et une semaine et 3 mois après la fin du traitement. PTS et LT produisaient une amélioration significative des symptômes dépressifs en ambulatoire. Des effets similaires ont été observés dans 7 groupes indépendants, suggérant la réplication de ces résultats. La chronothérapie confirme ici son efficacité dans le traitement de la dépression majeure.

Chronothérapie à effet antidépresseur en contexte de dépression bipolaire


Sources et auteurs :
Antidepressant chronotherapeutics for bipolar depression.
Department of Clinical Neurosciences, Scientific Institute and University Vita-Salute San Raffaele, Milan, Italy.

Dialogues Clin Neurosci. 2012 Dec; 14(4): 401–411.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3553570/


Fabrizio Benedetti, professeur de physiologie et de neurosciences renommé, spécialiste notamment des troubles bipolaires, propose dans cet article une réhabilitation sans concession de la chronothérapie en psychiatrie.

 

Abstract de l’étude

Chronothérapie à effet antidépresseur en contexte de dépression bipolaire

La chronothérapie fait référence aux traitements basés sur le principe de l’organisation des rythmes circadiens, et la physiologie du sommeil qui contrôlent l’exposition à des stimuli extérieurs affectant les rythmes biologiques, dans la perspective d’engendrer des effets thérapeutiques pour le traitement des troubles psychiatriques. Cela comprend la manipulation des cycles veille-sommeil comme la privation de sommeil, l’avance de phase et une exposition contrôlée à la lumière et à l’obscurité. Les effets antidépresseurs de la chronothérapie sont évidents dans des contextes difficiles comme la dépression bipolaire pour laquelle les traitements médicamenteux présentent un taux de réussite très faible tandis que la chronothérapie agit comme antidépresseur chez plus de la moitié des patients. Des avancées dans l’étude des effets de la chronothérapie sur le système neurotransmetteur et sur l’horloge biologique, nous autorisent à valoriser ses mécanismes d’action et à le promouvoir d’un traitement négligé à un outil pratique efficace en psychiatrie.

De l’utilisation de la photothérapie et photo-chromothérapie dans un traitement combiné pour des patients présentant un syndrome dépressif asthénique et des troubles névrotiques


Sources et auteurs :
The use of phototherapy and photochromotherapy in the combined treatment of the patients presenting with astheno-depressive syndrome and neurotic disorders.
[Article in Russian].

Vopr Kurortol Fizioter Lech Fiz Kult. 2012 Jan-Feb;(1):3-6.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22693734


Efficace dans le traitement du syndrome d’asthénie, la photothérapie s’impose, dans le cadre de cette étude préliminaire, comme un traitement à privilégier au regard des traitements pharmacologiques classiques. Une lumière jaune de haute intensité sera privilégiée pour les patients asthéniques.

 

Abstract de l’étude

De l’utilisation de la photothérapie et photo-chromothérapie dans un traitement combiné pour des patients présentant un syndrome dépressif asthénique et des troubles névrotiques

L’objectif de cette étude clinique et psychopathologique était d’estimer l’incidence de la lumière blanche et de la lumière jaune de haute intensité, sur les conditions cliniques de 41 patients (lumière blanche) et 18 patients (lumière jaune) présentant un syndrome asthéno-dépressif. Le groupe contrôle était composé de 42 patients sous traitement pharmacothérapique standard. Les observations cliniques réalisées sur les patients ont été complétés par l’évaluation de leur état et caractéristiques en recourant au questionnaire Symptom Checklist 90, le Bekhterey Depression Inventory et le Beck Depression Inventory. Les patients des trois groupes ont été interviewés avant la mise en place du protocole et 20 jours après l’initiation du traitement. Il a été montré que la photothérapie diminuait considérablement la sévérité de l’asthénie et de la dépression tandis que la lumière jaune se montrait plus spécifiquement adaptée chez les patients souffrant d’asthénie et de troubles somato-végétatifs.

Dépression et insomnie : brève revue de la littérature, exposé d’un cas clinique et interventions non pharmacologiques pour soigner la dépression


Sources et auteurs :
Sleep disorders and depression: brief review of the literature, case report, and nonpharmacologic interventions for depression.
Department GF Ingrassia, Section of Neuroscience, University Hospital Policlinico-Vittorio Emanuele, Catania, Sicily, Italy.

Clinical intervention in aging. 2013;8:1033-9. doi: 10.2147/CIA.S47230.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24019746


A travers un cas clinique et une revue de littérature, la privation de sommeil est présentée ici comme une intervention non-pharmacologique dont les atouts sont indéniables.

 

Abstract de l’étude

Dépression et insomnie : interventions non pharmacologiques pour soigner la dépression

Troubles du sommeil et dépression sont si souvent associés qu’un diagnostic de dépression devrait n’être établi qu’avec précaution, si le patient ne présente pas de troubles du sommeil. L’insomnie en particulier peut survenir chez 60 à 80 % des patients atteints de dépression. Les symptômes dépressifs constituent des facteurs de risque de dépression importants et la dépression est considérée comme une comorbidité significative chez les patients porteurs d’une insomnie chronique toute cause confondue. De plus, certains médicaments prescrits pour le traitement de la dépression peuvent aggraver l’insomnie et entraver une recouvrance totale. L’objectif de cet article est de documenter et discuter brièvement les sujets suivants : troubles du sommeil fréquents en contexte de dépression (cauchemars, hypersomnie, insomnie), troubles des rythmes circadiens et traitement de la dépression en agissant sur les rythmes de sommeil (chronothérapie, luminothérapie, cycles de sommeil et manipulation du rythme veille-sommeil lui-même). Enfin, nous présentons le cas clinique d’une femme de 65 ans caucasienne souffrant d’insomnie associée à une dépression ayant été soignée avec succès par privation de sommeil.

Des verres bloquant le bleu comme traitement adjuvant de la manie : un essai randomisé contrôlé


Sources et auteurs :
Blue-blocking glasses as additive treatment for mania: a randomized placebo-controlled trial.

Bipolar Disord. 2016 May;18(3):221-32. doi: 10.1111/bdi.12390.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27226262

Auteurs :


D’observance aisée et intégrable dans un protocole de soins, les verres bloquant la lumière bleue associés aux traitements en vigueur, pourraient concourir significativement à l’amélioration de la symptomatologie de la manie bipolaire.

 

Abstract de l’étude

Des verres bloquant le bleu comme traitement adjuvant de la manie : un essai randomisé contrôlé

Objectifs

La découverte des photorécepteurs de la rétine, sensibles à la lumière bleue, qui indiquent au cerveau l’heure du jour, suggèrent que le passage de la lumière vers le système circadien pourrait être inhibé par des verres teintés en orange bloquant la lumière bleue. Les verres bloquant la lumière bleue (VBB) constituent un traitement potentiel pour la manie bipolaire. Nous avons examiné l’efficacité des VBB auprès de patients hospitalisés pour un trouble bipolaire dans un état de manie.

Méthode

Dans le cadre d’un essai randomisé contrôlé contre placebo, des patients éligibles (porteurs d’une manie bipolaire, âgés entre 18 et 70 ans) ont été recrutés au sein de 5 cliniques en Norvège. Les patients étaient assignés aux VBB ou au placebo (verres clairs) de 18 h à 8 heures pendant 7 jours en plus de leur traitement habituel. Les symptômes étaient évalués quotidiennement en utilisant la Young Mania Rating Scale (YMRS). L’activité motrice était estimée par actigraphie et comparé aux données d’un groupe contrôle sain. Porter les verres pendant une soirée/nuit était requis pour être inclus dans l’analyse d’intention de traiter.

Résultats

Entre février 2012 et février 2015, 32 patients ont été inclus dans le protocole. 8 patients abandonnèrent et un patient a été exclu, pour un total de 12 patients dans le groupe VBB et 11 patients dans le groupe placebo. Le déclin moyen du score au YMRS était 14,1 [95 % intervalle de confiance (IC) : 9,7-18,5] dans le VBB group, et 1,7 (95 % IC: -4,0 à 7,4) dans le groupe contrôle, entraînant un effet de taille de 1,86 (Cohen’s d). Dans le groupe VBB, un patient rapportait des céphalées et 2 patients ressentirent des symptômes dépressifs aisément réversibles.

Conclusions

Cet essai randomisé contrôlé montre que les VBB sont opérants et intégrables en guise de traitement adjuvant de la manie bipolaire.

 

Informations sur les auteurs :
1 Section for Psychiatry, Department of Clinical Medicine, Faculty of Medicine and Dentistry, University of Bergen, Bergen, Norway.
2 Division of Mental Health Care, Valen Hospital, Fonna Local Health Authority, Valen, Norway.
3 Moodnet Research Group, Division of Psychiatry, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway.
4 Dr. Einar Martens Research Group for Biological Psychiatry, Center for Medical Genetics and Molecular Medicine, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway.
5 The Norwegian Centre for Mental Disorder Research (Norment), The KG Jebsen Centre for Psychosis Research, Department of Clinical Science, University of Bergen, Bergen, Norway.
6 The KG Jebsen Centre for Research on Neuropsychiatric Disorders, Department of Clinical Science, University of Bergen, Bergen, Norway.
7 Division of Psychiatry, Stavanger University Hospital, Stavanger, Norway.
8 Division of Mental Health Care, Haugesund Hospital, Fonna Local Health Authority, Valen, Norway.
9 Centre for Clinical Research, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway.
10 Department of Physics and Technology, University of Bergen, Bergen, Norway.
11 Department of Biological and Medical Psychology, Faculty of Psychology, University of Bergen, Bergen, Norway.
12 Sleep and Performance Research Center, Washington State University, Spokane, Washington, USA.

Efficacité d’un traitement de luminothérapie, fluoxétine et leur combinaison chez les patients atteints de dépression non saisonnière : un essai randomisé contrôlé


Sources et auteurs :
Efficacy of Bright Light Treatment, Fluoxetine, and the Combination in Patients With Nonseasonal Major Depressive Disorder: A Randomized Clinical Trial.

JAMA Psychiatry. 2016 Jan 1;73(1):56-63. doi: 10.1001/jamapsychiatry.2015.2235.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26580307

Auteurs :


Une étude très solide dans une revue de très haut niveau portée par un protocole de recherche rigoureux avec des résultats inédits qui placent la luminothérapie comme une thérapie bien supérieure en termes d’efficience que la fluoxétine seule pour traiter la dépression.

 

Abstract de l’étude

Efficacité d’un traitement de luminothérapie, fluoxétine et leur combinaison chez les patients atteints de dépression non saisonnière : un essai randomisé contrôlé

Pertinence

La luminothérapie est un traitement de la dépression saisonnière basé sur des preuves probantes mais il n’existe jusqu’à présent que peu d’études quant à son efficacité en contexte de dépression majeure non saisonnière (DMNS).

Objectif

Déterminer l’efficacité d’un traitement de luminothérapie en monothérapie ou en combinaison avec de la fluoxetine hydrochloride comparé à un placebo chez des adultes DMNS.

Protocole et participants

Une étude randomisée en double aveugle contre-placebo, un essai sur 8 semaines chez l’adulte DMNS (19-60 ans) de sévérité au moins modérée chez des patients psychiatriques en centres médicaux académiques. Les données ont été collectées entre le 7 octobre 2009 et le 11 mars 2014. L’analyse était basée sur une intention modifiée de traiter les patients randomisés avec = au moins 1 score de suivi.

Intervention

Les patients était répartis de façon randomisée en 4 groupes :

  1. la luminothérapie en monothérapie (10 000 lux de lumière blanche pendant 30 minutes le matin et comprimé placebo)
  2. la monothérapie antidépressive (générateur d’ions négatifs inactif 30 minutes/jour et fluoxétine 20 mg/jour)
  3. la combinaison de lumière et antidépresseur
  4. ou le placebo (générateur d’ions négatifs inactifs et comprimé placebo)

Principaux indicateurs

Des changements dans le score de l’échelle de dépression Montgomery-Asberg (EDMA) préalable à l’essai et à son issue à 8 semaines. D’autres indicateurs secondaires comprenaient la réponse (= 50 % de réduction du score EDMA) et rémission (score EDMA = 10 points).

Résultats

Au total 122 patients ont été randomisés (luminothérapie seule : 32, fluoxétine seule : 31, thérapie combinée : 29, placebo : 30). Le changement moyen des scores EDMA pour la lumière, la fluoxétine, le traitement combiné et le groupe placebo étaient respectivement de 13,4 (7,5), 8,8 (9,9), 16,9 (9,2), et 6,5 (9,6), respectivement. La combinaison ([d]=1,11; 95 % CI, 0,54 à 1,64) et monothérapie lumière (d=0,80; 95 % CI, 0,28 à 1,31) étaient significativement supérieurs au placebo à l’EDMA, mais la monothérapie fluoxétine (d=0,24; 95 % CI, -0,27 à 0,74) n’était pas supérieur au placebo. Pour les groupes placebo, fluoxétine, lumière, et lumière et fluoxétine combinées, respectivement, à l’issue de l’expérimentation, une réponse au traitement était enregistrée par 10 (33,3 %), 9 (29,0 %), 16 (50 %), et 22 (75,9 %) et une rémission par 9 d’entre eux (30 %), 6 (19,4 %), 14 (43,8 %), et 17 (58,6 %). La thérapie combinée était supérieure au placebo dans les scores de réponse au EDMA (ß=1,70; df=1; P=0,005) et dans la rémission (ß=1.33; df=1; P=.02). Tous les traitements étaient d’ordinaire bien tolérés avec peu de différences significatives en termes d’effets indésirables.

Conclusion et pertinence

La luminothérapie aussi bien en monothérapie qu’en traitement combiné avec de la fluoxétine, était efficace et bien tolérée dans le cadre d’un traitement d’adultes souffrant de dépression non saisonnière. Le traitement combiné présentait les meilleurs résultats.

 

Informations sur les auteurs :
1 Department of Psychiatry, University of British Columbia, Vancouver, British Columbia, Canada2Mood Disorders Centre, Djavad Mowafaghian Centre for Brain Health, Vancouver, British Columbia, Canada.
2 Department of Psychiatry, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada4Mood Disorders Program, Sunnybrook Health Sciences Centre, Toronto, Ontario, Canada.
3 Department of Psychiatry, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada5Mood and Anxiety Disorders Program, Centre for Addiction and Mental Health, Toronto, Ontario, Canada.
4 Department of Psychiatry, Dalhousie University, Saint John, New Brunswick, Canada.
5 Department of Psychiatry, University of Calgary, Calgary, Alberta, Canada.

Existe-t-il une différence en termes d’efficacité clinique de la luminothérapie dès lors qu’elle est utilisée en traitement de différents types de dépression ? Une étude pilote


Sources et auteurs :
Is there a difference in clinical efficacy of bright light therapy for different types of depression? A pilot study.
Parnassia Groep, PsyQ, Department of Mood Disorders and Chronobiology, Lijnbaan 4, The Hague, the Netherlands.

J Affect Disord. 2013 Dec;151(3):1135-7. doi: 10.1016/j.jad.2013.07.017.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23972661


Une étude quoique réalisée sur un échantillon limité apporte des arguments pour encourager un usage de la photothérapie dans le cadre du traitement de différents troubles psychiatriques.

 

Abstract de l’étude

Existe-t-il une différence en termes d’efficacité clinique de la luminothérapie dès lors qu’elle est utilisée en traitement de différents types de dépression ? Une étude pilote

Contexte

L’intérêt va grandissant pour les applications possibles de la photothérapie. La photothérapie pourrait en effet constituer une alternative ou un traitement adjuvant pour plusieurs troubles psychiatriques au-delà du trouble affectif saisonnier. Cette étude-pilote entend examiner si l’efficacité de la photothérapie se vérifie de la même façon sur les différents sous-groupes d‘affections psychiatriques.

Méthodes

Les participants de l’étude étaient 48 patients nouvellement admis porteurs d’un trouble psychiatrique sévère avec composantes mélancoliques (n=20) ou composantes atypiques (n=28). La photothérapie était administrée le matin les jours de travail pendant 30 minutes (entre 5 000 et 10 000 lux) jusqu’à 3 semaines consécutives.

Résultats

Les symptômes dépressifs des participants de l’étude ont été significativement améliorés après le traitement par photothérapie (p<.05, d=-.53). Les effets du traitement étaient encore stables après 4 semaines. Il n’y avait pas de différence notable en termes de réponse au traitement au regard des différents groupes de troubles psychiatriques (p>.05). Pas d’effet lié à la saisonnalité sur l’amélioration des symptômes dépressifs après photothérapie, (p=.781).

Limites

L’échantillon retenu pour l’étude est un échantillon limité.

Conclusions

Cette étude pilote apporte des preuves préliminaires du caractère prometteur de la photothérapie dans le cadre d’un traitement de la dépression qu’elle soit de type mélancolique ou atypique.

La luminothérapie comme mono-traitement de la dépression non saisonnière chez 27 adolescents


Sources et auteurs :
Bright light treatment as mono-therapy of non-seasonal depression for 28 adolescents.
Child and Adolescent Psychiatry, Saechsisches Krankenhaus Rodewisch, Rodewisch,Germany.

190. Int J Psychiatry Clin Pract. 2012 Sep;16(3):233-7. doi: 10.3109/13651501.2011.625123.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22809107


Les effets de la photothérapie sur les épisodes dépressifs de l’adolescence sont aujourd’hui connus. Cette étude contrôlée vient confirmer ses effets antidépresseurs sur un petit échantillon de jeunes âgés de 14 à 17 ans.

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie comme mono-traitement de la dépression non saisonnière chez 27 adolescents

Contexte

La photothérapie, une option thérapeutique efficace pour le traitement de la dépression chez les adultes, pourrait également permettre une recouvrance sans danger, rapide et économique chez l’adolescent.

Méthode

28 volontaires entre 14 et 17 ans souffrant de troubles dépressifs modérés en accord avec le DSM-IV ont participé à l’étude. Il s’agissait d’un essai randomisé contrôlé. Ces patients ont été exposés à un placebo (50 lux) une heure par jour pendant une semaine puis à une intensité lumineuse de 2 500 lux pendant une semaine. 14 patients furent exposés à une lumière de forte intensité (2 500 lux) puis à un placebo. Pour évaluer les symptômes dépressifs, l’échelle de Beck a été renseignée une semaine avant et un jour avant le placebo, le jour qui séparait le placebo du traitement, le jour suivant le vrai traitement et une semaine après le vrai traitement. Des échantillons salivaires de mélatonine et de cortisol ont été prélevés à 8 heures et 20 heures, une semaine avant et un jour avant le placebo, le jour qui séparait le placebo du vrai traitement, un jour après le vrai traitement et une semaine après le vrai traitement. Les niveaux de mélatonine et de cortisol ont été contrôlés pour observer les changements éventuels de rythmicité circadienne.

Résultats

Les symptômes dépressifs ont diminué au bout de 3 semaines sans différence significative entre les 3 protocoles. Le pourcentage d’observance du traitement était important, différant respectivement de 75 % pour la photothérapie standard, 59 % pour les 30 minutes de lumière enrichie en bleu et 71 % pour les 20 minutes de lumière enrichie en bleu.

Conclusions

Le bénéfice non manifeste de la lumière bleue de forte intensité au regard de la photothérapie standard ne vient pas supporter l’hypothèse d’un rôle du système circadien dans la physiopathologie du TAS. L’absence de différence entre les réponses au traitement en fonction des protocoles peut être perçue également comme le résultat d’une réponse saturée suite aux fortes intensités utilisées ici. Des études récentes ont montré qu’une lumière enrichie en bleu de faible intensité pourrait s’avérer aussi efficace qu’une photothérapie standard. Or, la possibilité de modifier les dispositifs de traitement des patients porteurs d’un TAS en prescrivant une exposition à la lumière de plus faible intensité ou de durée plus courte pourrait optimiser l’observance des traitements et permettre de clarifier le rôle du système circadien et/ou des photorécepteurs non visuels sur la physiopathologie du TAS.

La luminothérapie contre les symptômes anxieux et la dépression dans l’épilepsie focale : un essai randomisé contrôlé


Sources et auteurs :
Bright light therapy for symptoms of anxiety and depression in focal epilepsy: randomised controlled trial.
Department of Clinical and Experimental Epilepsy, UCL Institute of Neurology, National Hospital for Neurology & Neurosurgery, London, UK.

Br J Psychiatry. 2013 May;202(5):352-6. doi: 10.1192/bjp.bp.112.122119.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23520221


La luminothérapie d’intensité modérée pourrait constituer un traitement complémentaire à investiguer pour limiter les effets des crises épileptiques sur le moral des patients.

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie contre les symptômes anxieux et la dépression dans l’épilepsie focale : un essai randomisé contrôlé

Contexte

La photothérapie constitue un traitement efficace du trouble affectif saisonnier et des dépressions non saisonnières. La dépression et l’anxiété sont des comorbidités fréquentes dans l’épilepsie.

Objectif

Examiner l’efficacité de la photothérapie pour le traitement des symptômes de dépression et d’anxiété chez l’adulte atteint d’une épilepsie focale.

Méthode

Nous avons recruté 101 patients adultes porteurs d’une épilepsie. Les participants complétèrent l’échelle hospitalière de dépression et d’anxiété au commencement (T1) et à la fin d’une période de 12 semaines (T2), et d’une seconde période de 12 semaines de photothérapie (T3) de forte intensité pour 51 d’entre eux, et de faible intensité pour les 50 autres patients. Un «journal des crises» a été tenu tout le long des deux périodes de l’étude.

Résultats

58 patients au total sont allés jusqu’au bout du protocole. Les scores de dépression et d’anxiété étaient sensiblement plus bas après le traitement par photothérapie aussi bien dans le groupe soumis à une lumière de forte intensité que dans le groupe soumis à une lumière de faible intensité.

Conclusions

La photothérapie a permis une réduction significative des symptômes sans que soit visible une différence entre un traitement de faible intensité et de forte intensité. Ce traitement à base de lumière de faible intensité pourrait ainsi constituer un traitement efficace pour traiter les symptômes de baisse de l’humeur dans l’épilepsie. Une autre étude s’impose cependant pour évaluer cette hypothèse avec un contrôle placebo.

La luminothérapie le matin : une approche utile pour réduire les comorbidités associées à la dérégulation affective et comportementale chez les jeunes patients dépressifs ? Un essai pilote.


Sources et auteurs :
Morning bright light therapy: a helpful tool for reducing comorbid symptoms of affective and behavioral dysregulation in juvenile depressed inpatients? A pilot trial.
Ruhr Universität Bochum, LWL Universitätsklinik Hamm.

Z Kinder Jugendpsychiatr Psychother. 2016 Jun 13:1-8 [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27299514


Cette étude suggère, sur un échantillon limité de patients, l’absence d’effets directs d’un protocole de luminothérapie sur les symptômes de dérégulation comportementale et affective associés à la dépression chez l’adolescent tout en révélant toutefois un possible mécanisme circadien à l’origine d’une amélioration de ces symptômes.

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie le matin : une approche utile pour réduire les comorbidités associées à la dérégulation affective et comportementale chez les jeunes patients dépressifs ? Un essai pilote.

Objectif

Ces dernières années, la luminothérapie (LT) a été utilisée pour traiter la dépression et stabiliser les rythmes circadiens. Dans cette étude, nous avons cherché à savoir si la LT est aussi efficace pour traiter les comorbidités de la dérégulation comportementale et affective chez les patients dépressifs.

Méthode

Cet article rapporte une analyse secondaire comparant deux sous-groupes de patients dépressifs porteurs de comorbidités affectives et comportementales, évaluées à travers le profil de dérégulation issu du Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ-DP ; n = 16 vs. n = 11). Les participants étaient randomisés en deux groupes : « LT active » (10 000 lux) et « contrôle » (approximativement 100 lux) et étaient soumis à 45 minutes de LT active/placébo pendant deux semaines. Les scores SDQ-DP, les paramètres de sommeil et les préférences circadiennes étaient évalués avant intervention, juste après l’intervention et 3 semaines après l’intervention.

Résultats

Aucun effet direct sur les scores SDQ-DP n’a été observé. Le sommeil était de meilleure qualité chez les patients des deux groupes. Le groupe LT active présentait une avance de phase. Les analyses de régression et de corrélation indiquaient un effet indirect circadien pour l’amélioration des scores SDQ-DP.

Conclusions

Les données de cette étude pilote devraient être considérées comme préliminaires et essentiellement descriptives. De nouvelles recherches s’imposent.

La privation de sommeil en contexte dépressif


Sources et auteurs :
Sleep deprivation therapy for depression.
Department of Clinical Neurosciences, Scientific Institute, University Vita-Salute San Raffaele, Milano, Italy.

Curr Top Behav Neurosci. 2015;25:483-502. doi: 10.1007/7854_2014_363.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25549913


La privation de sommeil continue à s’imposer comme le traitement non invasif par excellence de la dépression. La PS est cependant une technique complexe à large spectre, qu’il conviendra d’intégrer dans une stratégie plus globale pouvant impliquer, dans une visée de persistance de ses effets, une pharmacologie adjuvante.

 

Abstract de l’étude

La privation de sommeil en contexte dépressif

La privation de sommeil (PS) est la thérapie à effet rapide la plus largement documentée dans la littérature, ciblant les syndromes dépressifs les mieux identifies. Bien que la réponse à la PS soit transitoire, ses effets peuvent être maintenus par la prescription concomitante de médicaments (i.e. inhibiteurs de la recapture de sérotonine et lithium) et interventions sur la rythmicité circadienne (luminothérapie et avance de phase). Aussi, en tenant compte de sa sûreté d’utilisation, cette technique peut aujourd’hui être considérée parmi les stratégies de traitement antidépresseur de première intention pour les patients atteints de troubles de l’humeur. La PS est une intervention complexe qui devrait être perçue comme multi-cibles par nature. Ainsi, les mécanismes qui sous-tendent son effet antidépresseur peuvent être envisagés à plusieurs niveaux, impliquant non pas seulement les mécanismes monoaminergiques mais aussi l’homéostasie de sommeil et les mécanismes circadiens, glutaminergiques et la plasticité synaptique.

Une étude randomisée contrôlée pour évaluer la luminothérapie comme adjuvant pour la dépression non saisonnière


Sources et auteurs :
A sham-controlled randomized trial of adjunctive light therapy for non-seasonal depression.
Institute of Psychiatry and Neurology, Poland.

J Affect Disord. 2016 May 26;203:1-8. doi: 10.1016/j.jad.2016.05.062. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27267951


Quand on sait les limites des traitements médicamenteux en contexte de dépression majeure, notamment la fréquence des effets secondaires et comorbidités associés, cette étude présente un intérêt important en montrant une véritable efficacité de la luminothérapie chez ces patients avec notamment des taux de rémission significativement plus élevés que dans le groupe contrôle.

 

Abstract de l’étude

Etude clinique et médicale : une étude randomisée contrôlée pour évaluer la luminothérapie comme adjuvant pour la dépression non saisonnière

Contexte

Le but de cette étude est d’examiner l’efficacité et la sécurité de la luminothérapie appliquée le matin (LT) dans le cadre d’un traitement de patients présentant un épisode majeur actuel de dépression dans le cadre d’un trouble bipolaire ou unipolaire sans caractéristique saisonnière. C’était un essai randomisé contrôlé.

Méthode

Des adultes, âgés de 18 à 70 ans ont été randomisés pour un traitement soit à partir de lumière blanche soit un générateur d’ions négatifs (en tant que contrôle placebo). Il était requis des participants qu’ils soient traités par des doses stables et thérapeutiques de médicaments psychotropes depuis au moins 4 semaines avant l’étude et leur traitement devait s’avérer insuffisamment efficace. Leur état clinique était évalué avant l’intervention et à l’issue de l’intervention. L’Hamilton Depression Rating Scale-21 items (HDRS-21), la Montgomery-Asberg Depression Rating Scale (MADRS), le Beck Depression Inventory (BDI-II), Clinical Global Impression-Severity (CGI-S) et la Patient Global Impression (PGI) ont été utilisés. Les résultats ont été étudiés à partir d’une analyse de l’intention de traiter.

Résultats

95 patients ont été inclus dans l’étude (50 diagnostiqués porteurs d’un trouble bipolaire et 45 porteurs d’une dépression unipolaire). 52 patients ont été randomisés par un traitement par luminothérapie et 43 dans le groupe placebo. 83 sujets sont allés au bout de l’étude. Il y a eu 12 abandons (5 dans le groupe luminothérapie et 7 dans le groupe contrôle). Après 14 jours de traitement, une amélioration significative était observée dans les 2 groupes (p<0,001). Les sujets traités par luminothérapie ne différaient pas particulièrement en termes de scores au HDRS-21 à l’issue de l’expérimentation comparés au groupe placebo (p=0.2). Cependant, des analyses plus approfondies ont démontré des taux de réponse (50% v. 27.9%, p=0.02) et des taux de rémission (28,8 % v. 11,6 %, p=0,04) plus importants dans le groupe luminothérapie comparé au groupe placebo. Il est à noter que la luminothérapie était aussi plus efficace que le placebo chez les patients résistants aux traitements. Aucune différence statistiquement significative n’a été constatée entre les patients bipolaires et unipolaires (p=0,4).

Conclusions

Tandis que les scores au HDRS-21 n’étaient pas supérieurs dans le groupe luminothérapie comparés au groupe placebo, les taux de réponse au traitement et de rémission étaient cependant significativement plus élevés chez les patients du groupe luminothérapie. Par ailleurs, ce traitement était significativement plus efficace également chez les patients résistants aux traitements médicamenteux classiques. Des études spécifiques pour déterminer quelles sous-populations de patients seront les plus susceptibles de bénéficier d’un traitement par luminothérapie sont requises.

Une réponse rapide à un traitement combiné de lithium, privation de sommeil et luminothérapie chez les patients en dépression bipolaire résistants aux traitements


Sources et auteurs :
Rapid treatment response of suicidal symptoms to lithium, sleep deprivation, andlight therapy (chronotherapeutics) in drug-resistant bipolar depression.
Istituto Scientifico Universitario Ospedale San Raffaele, Dipartimento di Neuroscienze Cliniche, San Raffaele Turro, Via Stamira d’Ancona 20, 20127 Milan, Italy.

J Clin Psychiatry. 2013 Dec 10 [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24345382


Avec des résultats rapides et là où les traitements classiques ne semblent pas toujours opérants, la luminothérapie combinée à la privation de sommeil apparaît comme une adjuvant thérapeutique de choix dans le traitement des épisodes majeurs de dépression chez les patients bipolaires.

 

Abstract de l’étude

Une réponse rapide à un traitement combiné de lithium, privation de sommeil et luminothérapie chez les patients en dépression bipolaire résistants aux traitements

Contexte

Un tiers des patients porteurs d’un trouble bipolaire tente de se suicide. La dépression dans le trouble bipolaire est associée à une résistance aux médicaments. L’efficacité des traitements sur la propension au suicide a été questionnée. La privation de sommeil totale et la luminothérapie conduisent à une réponse antidépressive rapide et stable dans le trouble bipolaire.

Méthodologie

Nous avons étudié 143 patients hospitalisés entre décembre 2006 et août 2012 lors d’un épisode dépressif majeur dans le cadre d’un trouble bipolaire (DSMV). Parmi les 141 patients ayant répondu aux critères d’inclusion, 23 % avaient tenté de se suicide et 83 % présentaient une résistance aux traitements. Sur une semaine, les patients ont été soumis à 3 cycles de privation de sommeil totale (chaque cycle composé d’une période de 36 heures consécutives de privation de sommeil suivi d’un sommeil de recouvrance), privation de sommeil combiné à un traitement de luminothérapie matinale sur une période de 2 semaines. A l’admission, les patients qui prenaient déjà du lithium ont continué leur traitement tandis que ceux qui n’en prenaient pas ont initié un traitement. La sévérité de la dépression était mesurée en fonction de l’échelle d’Hamilton et du Beck Depression Inventory.

Résultats

2 patients ont basculé dans la polarité. Parmi les 141 patients ayant suivi le traitement, 70 % ont atteint une diminution de 50 % de leurs scores sur l’échelle d’Hamilton en une semaine, avec une persistance sur 1 mois pour 55 % d’entre eux. L’amélioration constatée comprenait une réduction immédiate et durable des scores de suicide rapidement après le premier cycle de privation de sommeil (F3, 411 = 42.78, P < .00001). Avoir tenté de se suicider était associé à un stress accru et des scores de suicide plus importants pré-traitement, sans cependant présenter d’impact sur la réponse au traitement. Les patients porteurs d’idées suicidaires ou désireux de passer à l’acte ont également bien répondu au traitement (F3, 42 = 20.70, P < .000001). De façon remarquable cependant, les patients pour lesquels une réponse n’a pas été constatée ont bénéficié du traitement avec en définitive des scores de suicide moins importants. (F3,120 = 6.55, P = .0004). Les données d’autoévaluation présentaient le même type d’évolution. Un passif de résistance aux traitements médicamenteux, observée chez plusieurs patients, n’a pas non plus atténué la réponse à ce traitement spécifique. Au cours des mois qui ont suivi, 78 patients sur les 99 patients ayant répondu au traitement, ont connu un état de mieux-être qui s’est prolongé avec une sortie de l’hôpital et un traitement au lithium, seul.

Conclusions

La combinaison de luminothérapie, privation totale de sommeil et lithium est capable de faire décroître rapidement les envies suicidaires d’origine dépressive, et accélère la réponse antidépressive dans les épisodes de dépression majeure chez les patients bipolaires.

Trouble du comportement alimentaire


Effets de la luminothérapie sur l’hyperphagie nocturne : une étude pilote


Sources et auteurs :
Bright light therapy for the treatment of night eating syndrome: A pilot study.
University of Missouri-Kansas City, Department of Psychology, 5030 Cherry Street, Kansas City, MO 64110, USA.

Psychiatry Res. 2015 Sep 30;229(1-2):577-9. doi: 10.1016/j.psychres.2015.07.079. Epub 2015 Jul 29.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26239768


Sous réserve d’une confirmation sur un nombre plus important de patients, la luminothérapie peut s’avérer efficace dans le cadre de certains troubles du comportement alimentaire dont le syndrome d’alimentation ou hyperphagie nocturne.

 

Abstract de l’étude

Effets de la luminothérapie sur l’hyperphagie nocturne : une étude pilote

Les effets de la luminothérapie sur les symptômes du syndrome d’hyperphagie nocturne (HN) ont été évalués. 15 adultes ont été exposés à 10 000 lux de luminothérapie le matin pendant deux semaines. Une diminution significative a pu être observée entre l’avant et l’après-traitement en termes de symptomatologie de l’HN, de troubles de l’humeur et de troubles du sommeil. Cet essai pilote fournit des données préliminaires pour soutenir l’hypothèse de l’efficacité de la luminothérapie pour le traitement de l’HN.

Réduire les symptômes de la femme souffrant d’anorexie nerveuse chronique : Une étude pilote des effets de la luminothérapie


Sources et auteurs :
Reducing symptoms in women with chronic anorexia nervosa. A pilot study on the effects of bright light therapy.
PsyQ Haaglanden, ParnassiaBavo Group, Department of Eating Disorders and Obesity, The Hague, The Netherlands.

Neuro Endocrinol Lett. 2010;31(3):290-6.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20588231


Pour être efficace et durable, la luminothérapie doit être administrée sur des périodes suffisamment longues et avec une certaine régularité, surtout lorsqu’il s’agit de pathologies chroniques, comme c’est le cas ici pour l’anorexie nerveuse.

 

Abstract de l’étude

Réduire les symptômes de la femme souffrant d’anorexie nerveuse chronique. Une étude pilote des effets de la luminothérapie.

Objectif

Evaluer les effets de la luminothérapie sur les rythmes du sommeil, le cycle menstruel, l’humeur et les symptômes clé de l’anorexie nerveuse chronique.

Méthode

5 femmes anorexiques chroniques (durée moyenne de la maladie : 15,3 ans) ont été soumises à des sessions de luminothérapie chaque jour sur une durée de 5 jours (10 000 lux). Les participantes ont renseigné un questionnaire avant et après l’exposition sur 5 jours et dans le cadre d’un suivi à 3 mois.

Résultats

Lors du suivi, une légère amélioration a été observée sur les symptômes pathologiques du comportement alimentaire, une réduction franche des symptômes dépressifs et des améliorations cliniques importantes de la détresse globale des patients.

Conclusion

La luminothérapie procure des effets rapides positifs sur le bien être physiologique et psychologique des femmes anorexiques chroniques. Cependant, sur le plus long terme, les effets sont plus diffus. Il est recommandé de poursuivre l’exposition sur une durée plus importante et de réitérer le traitement après trois mois.

Baby blues, dépression avant ou après accouchement


La luminothérapie pour améliorer le sommeil des mères porteuses d’un enfant de faible poids à la naissance : une étude pilote


Sources et auteurs :
Bright light therapy to promote sleep in mothers of low-birth-weight infants: a pilot study.
Byrdine F. Lewis School of Nursing, Georgia State University, Atlanta, GA, USA.

Biol Res Nurs. 2013 Oct;15(4):398-406. doi: 10.1177/1099800412445612.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22593231


Les effets de la lumière sur la dépression post-partum sont aujourd’hui connus. Cette étude randomisée sur un échantillon certes limité démontre les bénéfices d’une photothérapie sur le mieux-être des jeunes mamans porteuses d’un enfant de faible poids à la naissance en soins intensifs, aussi bien en termes d’amélioration des symptômes dépressifs que de santé globale (sommeil, état général, synchronisation de l’horloge circadienne).

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie pour améliorer le sommeil des mères porteuses d’un enfant de faible poids à la naissance : une étude pilote

Avoir un enfant d’un faible poids à la naissance dans une unité de soins intensifs néonatal (USIN) peut intensifier les troubles du sommeil de la mère, dus aussi bien au stress qu’à la faible luminosité de l’unité de soins qui désynchronise l’horloge circadienne. L’objet de cette étude pilote est d’évaluer l’efficacité d’une photothérapie de 3 semaines sur le sommeil et la santé globale de mères d’enfants de faible poids à la naissance en USIN. Une randomisation stratifiée contrôlée a été utilisée pour enrôler 30 mères dans un groupe contrôle. Les données ont été collectées avant le traitement (2 semaines après l’accouchement) et après la photothérapie de 3 semaines. Les données de sommeil ont été mesurées par un actimètre (temps total de sommeil), activité circadienne, et l’Echelle générale des troubles du sommeil. Les autres effets ont été évalués à l’aide de l’échelle de fatigue de Lee, l’échelle de dépression postpartum d’Edinburgh et le Medical Outcomes Short Form 36, version 2. Les mères avaient environ 26,6 ans (±6,3) et la majorité était noire (73 %). L’âge moyen de gestation pour les enfants était de 27.7 semaines (± 6,3). Des différences parfois importantes parfois moins ont été observées en comparant les groupes avant et après traitement. Bien qu’aucune différence ne fut statistiquement significative dans un échantillon aussi restreint, pour les mères du groupe pilote, le temps de sommeil total, la fatigue de l’éveil, l’horloge circadienne, la dépression, la qualité de vie liée à la santé physique et la qualité de vie liée à la santé mentale, toutes ces dimensions s’étaient améliorées. La photothérapie constitue une option pour les mères d’enfants d’un faible poids à la naissance. Des effets bénéfiques ont été démontrés en clinique. Des études sur des échantillons plus importants seront nécessaires pour conforter ces évidences.

Études cliniques et articles scientifiques : Luminothérapie, dépression saisonnière et traitement des troubles affectifs saisonniers

Mise à jour de la page :

Études sur la luminothérapie : Troubles du sommeil et du rythme


Études cliniques et articles scientifiques : Luminothérapie, insomnie et autres troubles du sommeil

Comment réparer une horloge déréglée?


Sources et auteurs :
How to fix a broken clock.
Laboratory of Circadian and Sleep Medicine, Department of Psychiatry and Biobehavioral Sciences, University of California Los Angeles, Los Angeles, CA 90024, USA.

Trends Pharmacol Sci. 2013 Nov;34(11):605-19. doi: 10.1016/j.tips.2013.09.002. Epub 2013 Oct 10.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24120229


Cette étude pragmatique propose un état des lieux des pathologies associées au dérèglement de l’horloge circadienne, met en garde contre des comorbidités associées parfois graves et donne un aperçu des pistes thérapeutiques existantes dont la photothérapie, en première ligne.

 

Abstract de l’étude

Comment réparer une horloge cassée ?

Bienheureux ceux qui sautent du lit pour profiter de la lumière du matin bien reposés avec énergie et enthousiasme, pour se lancer dans une journée productive. D’autres, cependant, dépendent des hypnotiques pour trouver le sommeil et ont besoin de stimulants pour maintenir éveillé leur corps léthargique. Les troubles du sommeil et de l’éveil sont communs chez les personnes bien portantes au cours de leur vie et constituent un facteur de comorbidité pour des pathologies de type neurodégénératives ou psychiatriques (dépression et trouble bipolaire). L’hypothèse est préoccupante selon laquelle un dérèglement du cycle veille/sommeil pourrait entraîner des risques plus graves comme la survenue d’un diabète de type 2, des troubles cardiovasculaires ou encore un cancer. Un système circadien dysfonctionnel, résultat d’un dérèglement du temps des horloges circadiennes peut être à l’origine de troubles chez beaucoup de gens. Dans cet article nous envisageons les composantes environnementales (photothérapie), les modes de vie (horaires des prises alimentaires, exercice physique, sommeil) en tant que leviers pour réparer une «horloge cassée». Nous évoquons également les défis et le potentiel de développement de traitements pharmacologiques pour intervenir sur ce mécanisme biologique clé.

Des verres bloquant le bleu comme dispositifs visant à prévenir les effets éveillants d’une exposition le soir à la lumière des écrans chez les adolescents du sexe masculin


Sources et auteurs :
Blue blocker glasses as a countermeasure for alerting effects of evening light-emitting diode screen exposure in male teenagers.

J Adolesc Health. 2015 Jan;56(1):113-9. doi: 10.1016/j.jadohealth.2014.08.002. Epub 2014 Oct 3.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25287985

Auteurs :


Cette étude intéressante à fort potentiel teste l’efficacité d’un dispositif intelligent susceptible de rendre les adolescents moins sensibles aux effets physiologiques de leur mode de vie hyper-connecté.

 

Abstract de l’étude

Des verres bloquant le bleu comme dispositifs visant à prévenir les effets éveillants d’une exposition le soir à la lumière des écrans chez les adolescents du sexe masculin

Contexte

Les adolescents présentent des heures de lever et de coucher considérablement décalées comparées aux enfants plus jeunes ou aux adultes. L’usage concomitant de dispositifs multimédia le soir, est prévalent chez les adolescents et implique une exposition à la lumière, particulièrement aux longueurs d’onde bleues auxquelles l’horloge biologique et son système de promotion de l’éveil associé est la plus sensible. Nous avons exploré en quoi le port de lunettes bloquant la lumière bleue (BB) le soir lors de l’exposition des adolescents à leur écran d’ordinateur émettant des LED, favorise les mécanismes de l’endormissement au niveau subjectif, cognitif et physiologique.

Méthode

La partie ambulatoire de l’étude comprend 2 semaines durant lesquelles le cycle veille-sommeil, l’exposition à la lumière le soir et l’utilisation de l’écran multimédia étaient monitorés chez 13 hommes sains volontaires de 15 à 17 ans. Des BB ou lunettes contrôle étaient portées dans le cadre d’une étude exploratoire de design transversale contrebalancée pendant 1 semaine, les heures en soirée pendant l’utilisation de leur écran LED. Après cela, les participants furent reçus en laboratoire et soumis à une exposition le soir à des écrans de lumineux enrichis en bleu durant laquelle ils portaient ils portaient les mêmes verres que la semaine précédente. La mélatonine salivaire, la somnolence subjective et la vigilance étaient régulièrement évaluées et le sommeil consécutif enregistré par un examen polysomnographique.

Résultats

Comparés aux verres contrôle, les BB atténuaient significativement la suppression de mélatonine le soir et la diminution de l’attention et de la vigilance subjective avant l’heure du coucher. Les phases de sommeil et les mesures comportementales recueillis le matin n’étaient pas modifiées.

Conclusions

Les verres BB pourraient s’avérer utiles chez les adolescents comme une contre-mesure des effets éveillants induits par une exposition à la lumière des écrans et potentiellement diminuer les effets négatifs que les conditions d’éclairage modernes imposent à la physiologie circadienne le soir.

 

Informations sur les auteurs :
1 Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland.
2 Child Development Center, University Children’s Hospital Zürich, Zürich, Switzerland.
3 Department of Physics, University of Basel, Basel, Switzerland.
4 Department of Mechanical Engineering, Lighting Engineering Group, Ilmenau University of Technology, Ilmenau, Germany.
5 Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland.

Le vieillissement de la sensibilité non visuelle à la lumière chez l’homme : des effets compensatoires ?


Sources et auteurs :
Aging of non-visual spectral sensitivity to light in humans: compensatory mechanisms?

PLoS One. 2014 Jan 23;9(1):e85837. doi: 10.1371/journal.pone.0085837. eCollection 2014.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3900444/

Auteurs :


Cette étude montre que l’hypothèse classiquement soutenue dans la communauté scientifique que les troubles circadiens et du sommeil dans le vieillissement sont liés à une diminution de la synchronisation de l’horloge par la lumière, elle-même liée à l’opacification du cristallin, n’est pas nécessairement la bonne. Ici, l’exposition courte d’une heure (durée classique en photothérapie) donne la même efficacité de la lumière sur la suppression de mélatonine qui est un indicateur des effets non-visuels de la lumière en termes de grandeur de l’effet (%), et qu’il ne faut donc pas nécessairement augmenter la durée ou l’intensité d’une photothérapie chez le sujet âgé.

 

Abstract de l’étude

Le vieillissement de la sensibilité non visuelle à la lumière chez l’homme : des effets compensatoires ?

La détérioration du sommeil au sein de la population vieillissante est une caractéristique prévalente qui contribue à une perte de qualité de vie. Un entraînement inapproprié de l’horloge biologique par la lumière est considéré comme contribuant à une altération de la structure du sommeil et des rythmes biologiques chez le sujet âgé. L’étude présentée ici, explore les effets du vieillissement sur le spectre sensibilité non visuelle à la lumière et teste l’hypothèse qu’une altération des rythmes circadiens est liée à une transmittance de lumière affaiblie. Dans un design expérimental dans lequel les sujets sont leur propre contrôle, 8 sujets âgés et 5 sujets jeunes ont été exposés la nuit à des stimulations lumineuses monochromatiques de 60 minutes de 9 longueurs d’onde différentes (420-620 nm). Le spectre de sensibilité individuelle était dérivé de mesures de suppression de la mélatonine. La densité du cristallin était évaluée en utilisant une technique psychophysique éprouvée. Bien que la transmittance du cristallin était moindre pour les lumières de courtes longueurs d’onde chez les participants plus âgés, la suppression de mélatonine n’était en revanche pas plus faible. Le pic de sensibilité non visuelle était cependant décalé vers des longueurs d’onde plus longues chez les participants âgés (494 nm) comparés aux jeunes (484 nm). Nos résultats suggèrent qu’une filtration accrue du cristallin ne conduit pas nécessairement à une sensibilité non-visuelle à la lumière.

 

Informations sur les auteurs :
1 Département de Chronobiologie, Inserm U846, Institut de recherche sur les cellules souches et le cerveau, Bron, France
2 Université de Lyon, Claude Bernard Lyon 1, Villeurbanne, France
3 Université Joseph Fourier Grenoble 1, Grenoble, France
4 Département d’ophtalmologie, CHU Grenoble, Grenoble, France
5 Service d’ophtalmologie, CHU de Lyon Hôpital Edouard Herriot, Lyon, France
6 Centre de Biologie, Laboratoire d’Hormone, Bron, France
7 Département d’ophtalmologie, Hôpital de la Croix-Rousse, Lyon, France

Les troubles des rythmes circadiens chez l’adolescent : évaluation et options de traitement


Sources et auteurs :
Circadian rhythm disorders among adolescents: assessment and treatment options.
Sleep and Circadian Group, Woolcock Institute of Medical Research, Sydney, NSW, Australia.

Med J Aust. 2013 Oct 21;199(8):16-20.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24138360


L’adolescence est particulièrement propice au retard de phase, non sans effet sur l’humeur, les performances et le sommeil de l’adolescent. Un traitement par luminothérapie, s’il est encadré, saura réduire les facteurs associés au retard de phase et prévenir certaines comorbidités pouvant s’avérer parfois particulièrement néfastes à cet âge de la vie.

 

Abstract de l’étude

Les troubles des rythmes circadiens chez l’adolescent : évaluation et options de traitement

Le retard de phase (RDP) – trouble des rythmes circadiens du sommeil – est très fréquent à l’adolescence. Un diagnostic différentiel est important entre le retard de phase et une insomnie de type psychophysiologique «plus classique» afin d’engager le traitement thérapeutique le plus adapté. Le sommeil de l’adolescent en RDP est généralement de 9 heures ou plus. Une dépression peut faire partie des comorbidités associées au RDP. Celui-ci est connu comme ayant un impact négatif sur les performances scolaires de l’adolescent. Le traitement du RDP inclut la luminothérapie, la chronothérapeutique et la prescription de mélatonine comme un chronobiotique (distinct du soporifique). Une attention toute particulière aux facteurs extrinsèques non photiques tels que les paramètres du sommeil sont également importants pour améliorer la qualité du sommeil et l’humeur de l’adolescent.

Les troubles du sommeil de l’enfant


Sources et auteurs :
Sleep disorders in children.
Sapienza University, Rome, Italy.

BMJ Clin Evid. 2010 Sep 27;2010. pii: 2304.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3217667/


Les troubles du sommeil sont fréquents chez l’enfant mais sous-diagnostiqués. Ils sont aussi traitables et cette revue de la littérature porte un regard averti sur ces options thérapeutiques et leurs bénéfices/risques.

 

Abstract de l’étude

Les troubles du sommeil de l’enfant

La prévalence des troubles du sommeil est de l’ordre de 20 à 30 % chez les jeunes enfants. Ceux-ci peuvent inclure des difficultés d’endormissement ou des phénomènes indésirables pendant le sommeil (parasomnies) telles des terreurs nocturnes et du somnanbulisme. Par ailleurs, les enfants éprouvant des difficultés d’apprentissage ou porteurs d’un handicap physique présentent un risque accru de developper un trouble du sommeil. Nous avons conduit une revue systématique pour répondre à la question clinique : quels sont les effets des traitements pour dysomnies chez l’enfant ? Quels sont les effets des traitements pour parasomnies chez l’enfant ? Nous avons sélectionné les études jusqu’en 2009 sur Medline Embase et la bibliothèque Cochrane ainsi que d’autres bases de données importantes tout en incluant les notifications des structures de toxicovigilance comme la Food and drug administration ou l’US Medecines and Healthcare products regulatory agency (MHRA). Nous avons retenu 28 revues systématiques et études observationnelles qui répondaient à nos critères d’inclusion. Nous avons réalisé une évaluation GRADE de la qualité des preuves pour l’évaluation.

Dans cette revue systématique, nous présentons des informations relatives à l’efficacité et à l’innocuité des interventions suivantes : antihistaminiques, thérapies comportementales, antihistaminiques et benzodiazépines, ou chloral et ses dérivés, ou benzodiazépines seuls, exercices, suppression et suppression graduée, interventions de protection pour les parasomnies, éveils programmés, hygiène de sommeil et restriction de sommeil.

En savoir plus : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3217667/

Porter des verres bloquant le bleu le soir avance les rythmes circadiens chez les patients présentant un trouble du retard de phase : un essai ouvert


Sources et auteurs :
Wearing blue light-blocking glasses in the evening advances circadian rhythms in the patients with delayed sleep phase disorder: An open-label trial.

Chronobiol Int. 2016 Jun 20:1-8. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27322730

Auteurs :


Cette étude préliminaire, réalisée sur un échantillon restreint de patients, suggère une réelle efficacité des verres bloquant le bleu chez les patients souffrant d’un trouble du retard de phase, notamment sur l’endormissement.

 

Abstract de l’étude

Porter des verres bloquant le bleu le soir avance les rythmes circadiens chez les patients présentant un trouble du retard de phase: un essai ouvert

Il a été découvert récemment que les longueurs d’onde bleues forment la partie du spectre électromagnétique visible qui régule le plus puissamment le rythme circadien. Nous avons investigué les effets des verres bloquant la lumière bleue chez des sujets présentant un retard de phase (RDP). Cet essai ouvert a été conduit sur 4 semaines consécutives. Les patients à RDP recevaient la consigne de porter des verres ambrés bloquant le bleu de 21 h à l’heure du coucher, tous les soirs, pendant 2 semaines. Pour certifier l’issue de cette intervention, nous avons mesuré le début de la sécrétion de mélatonine (DLMO) et les données d’actigraphie de sommeil avant l’intervention et après l’intervention. 9 patients ont participé à l’étude. La plupart des sujets ont suivi le traitement jusqu’à son terme, excepté un patient qui a préféré recourir à une thérapie médicamenteuse en cours d’intervention. Les patients ayant utilisé les verres ambrés présentaient une avance de 78 minutes selon le calcul du DLMO bien que le changement n’ait pas été significatif statistiquement ((p = 0,145). Toutefois, la période d’endormissement, mesurée par actigraphie était quant à elle avancée de 132 minutes après le traitement (p = 0,034). Ces données suggèrent que porter des filtres ambrés pourrait constituer une intervention efficace et sécurisée pour les patients RDP. Ces données requièrent cependant d’être répliquées sur une cohorte plus étendue dans le cadre d’une étude contrôlée.

 

Informations sur les auteurs :
1 Department of Psychiatry , Fujita Health University School of Medicine, Aichi, Japan.
2 Department of Physiology , Fujita Health University School of Health Sciences, Aichi, Japan.
3 Department of Sleep Medicine , Toyohashi Mates Sleep Disorders Center, Aichi, Japan.

Rythmes circadiens veille/sommeil, bien-être et luminothérapie dans le trouble de la personnalité borderline


Sources et auteurs :
Circadian sleep-wake cycles, well-being, and light therapy in borderline personalitydisorder.

J Pers Disord. 2013 Oct;27(5):680-96. doi: 10.1521/pedi_2012_26_057.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22928852


Bien que manifestement sans effets directs sur le trouble de la personnalité limite, la luminothérapie constitue un traitement adjuvant intéressant compte tenu de ses effets sur les symptômes associés comme la dépression, la somnolence diurne et la nervosité.

 

Abstract de l’étude

Rythmes circadiens veille/sommeil, bien-être et luminothérapie dans le trouble de la personnalité borderline

Les individus porteurs d’un trouble de la personnalité limite (TPL) souffrent souvent de troubles du sommeil associés. Les auteurs ont analysé les rythmes circadiens, le sommeil et le bien-être de femmes porteuses d’un TPL dans leurs conditions de vie normales pendant trois semaines avec un traitement par photothérapie et trois semaines sans photothérapie. Les rythmes de l’éveil étaient mesurés par un actimètre porté au poignet, la température proximale du corps comme un indice indirecte de relaxation ainsi que la mélatonine salivaire pour évaluer les périodes du rythme circadien. Des questionnaires ont permis une évaluation de l’état clinique pendant les 6 semaines du protocole. 10 femmes en bonne santé suivirent le même protocole de 6 semaines mais sans photothérapie. Les femmes TPL avaient un sommeil ressenti bien moins bon et une vigilance diurne bien moindre que le groupe contrôle. Les cycles de l’éveil chez les femmes TPL oscillaient entre grandes perturbations et régularité excessive. La mélatonine et la température proximale ont révélé une synchronisation appropriée des rythmes circadiens avec les rythmes de l’éveil chez la plupart des femmes TPL et toutes les femmes du groupe-contrôle. La photothérapie a créé une avance de phase chez les femmes TPL comparée au traitement sans photothérapie, a réduit la durée de sommeil, diminué les périodes de mouvements et augmenté la température du corps (un marqueur de relaxation). Bien que les symptômes dépressifs et TPL n’aient pas été atténués, la vigilance diurne s’est améliorée avec la photothérapie et les symptômes de dépression atypique également. Un traitement par photothérapie le matin pourrait ainsi constituer un traitement adjuvant du trouble de la personnalité.

Rythmes de la sécrétion de mélatonine chez les patients transplantés d’un rein présentant un trouble du sommeil


Sources et auteurs :
Melatonin rhythms in renal transplant recipients with sleep-wake disturbances.

Chronobiol Int. 2016;33(7):810-20. doi: 10.3109/07420528.2016.1169192. Epub 2016 Apr 21.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27101434

Auteurs :Burkhalter H1 2, De Geest S2 3, Wirz-Justice A4, Cajochen C4.Voir les informations sur les auteurs Voir les informations sur les auteurs.


Les personnes ayant subi une transplantation rénale peuvent être fragilisées et souffrir de troubles du sommeil. Cette étude met en évidence l’impact déterminant du système circadien et de sa stabilité pour prévenir et/ou prendre en charge ces troubles.

 

Abstract de l’étude

Rythmes de la sécrétion de mélatonine chez les patients transplantés d’un rein présentant un trouble du sommeil

Nous avons étudié les niveaux de mélatonine salivaire chez des patients ayant subi une transplantation rénale ayant participé à un essai multicentrique randomisé contrôlé sur les effets de la luminothérapie sur leur sommeil et leurs rythmes circadiens. Une part importante de nos patients présentait de façon inattendue des taux faibles de mélatonine qui empêchaient le calcul du début de la sécrétion de mélatonine (DLMO) en tant que marqueur circadien. Aussi, le but de cette analyse a posteriori était de décrire le profil de sécrétion de mélatonine de ces patients transplantés de retour chez eux et diagnostiqués comme porteurs d’un trouble du sommeil (TDS). Les patients étaient étudiés au moyen de questionnaires et d’instruments psychométriques validés : Pittsburgh sleep quality Index (PSQI), Epworth sleepiness scale (ESS), Morningness-Eveningness Questionnaire (MEQ) et la Depression, Anxiety and Stress Scale (DASS) en complément des tests salivaires de mélatonine. Les données ont été analysées par statistique descriptive et groupes de comparaison réalisés à partir de tests appropriés. Les transplantés [n = 29 participants (âgés de 54,83 ans ± 13,73, transplantés depuis 10,62 ± 6,84 années ont été rétrospectivement subdivisés en deux groupes : les transplantés dont le DLMO a pu être calculé (n=11) et ceux dont le DLMO n’a pas pu être calculé (n=18). Les transplantés ayant un DLMO mesurable présentaient des caractéristiques distinctives : ils étaient plus jeunes [46,4 ± 14,9 comparés à 60,0 ± 10,3 (p = 0,007)], présentaient des taux d’hémoglobines supérieurs [135,36 ± 12,01 versus 122,82 ± 11,56 (p = 0,01)], moins d’anxiété [4 (0;8) versus 12 (6,5;14) (p = 0,021)] et un meilleur sens général de la cohérence [SOC Score : 71,09 ± 12,78 versus 56,28 ± 15,48 (p = 0,013)]. Ces résultats suggèrent que les transplantés rénaux dont le DLMO pouvait être calculé présentaient moins de problèmes de santé, soulignant ici la pertinence d’un système circadien stable.

 

Informations sur les auteurs :
1 Centre for Sleep Medicine, Hirslanden Group, Zürich, Switzerland.
2 Institute of Nursing Science, University of Basel, Basel, Switzerland.
3 Academic Center for Nursing and Midwifery, KU Leuven, Belgium.
4 Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland.

Simulateur d’aube : un effet protecteur sur les événements cardiaques


Sources et auteurs :
Dawn simulation light: a potential cardiac events protector.

Sleep Med. 2015 Apr;16(4):457-61. doi: 10.1016/j.sleep.2014.12.016. Epub 2015 Feb 26.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25813092

Auteurs :


Une étude audacieuse et créative. Cependant, il conviendra de répliquer l‘expérience sur un nombre plus importants de sujets et tenter de comprendre des mécanismes qui restent inconnus.

 

Abstract de l’étude

Simulateur d’aube : un effet protecteur sur les événements cardiaques

Objectifs et contexte

Les événements cardiovasculaires majeurs augmentent fréquemment le matin tandis que s’opère la transition entre le sommeil et l’éveil qui induit des changements abrupts du contrôle cardiaque par le système nerveux sympathique. Ces changements neuronaux se traduisent par des augmentations par palier des fonctions cardiaques résultant en un stress cardiovasculaire potentiel. Ici, nous explorons si la lumière peut optimiser le rythme cardiaque et son contrôle neuronal en favorisant une transition moins franche entre sommeil et éveil, minimisant la vulnérabilité cardiaque matinale.

Méthode

17 jeunes adultes ont été réveillés 2 heures avant leur heure de réveil habituel. Dans une étude où les sujets ont été leur propre contrôle, nous avons appliqué une condition contrôle (obscurité pendant la nuit, faible luminosité durant l’éveil) ou simulation d’aube (SA) débutant 30 minutes après l’heure de réveil programmée.

Résultats

Nos données révèlent une réduction graduée des palpitations cardiaques lors de la transition entre sommeil et éveil lorsqu’on applique la SA comparée à la condition contrôle. Le contrôle cardiaque nerveux sympathique augmentait légèrement durant les 30 minutes d’épisode de sommeil précédant l’heure de réveil programmée sous SA et demeurait stable pendant les 30 premières minutes d’éveil. De façon intéressante, ces effets étaient provoqués le plus souvent par des changements dans le contrôle cardiaque parasympathique.

Conclusions

Nos données démontrent pour la première fois qu’une stratégie non invasive comme une exposition à la lumière autour du procès d’éveil, peut réduire significativement les modulations cardiaques citées précédemment chez les jeunes adultes éveillés, sous des conditions de pression de sommeil accrue. Une approche translationnelle de cette exposition à la lumière qui mime de très près les conditions de luminosité naturelle le matin, pourrait alors agir comme un protecteur de la vulnérabilité cardiaque pendant ces heures matinales critiques.

 

Informations sur les auteurs :
1 Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland.
2 Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland.
3 Cyclotron Research Centre, University of Liège, Liège, Belgium.
4 IT VitaLight I&D PC Drachten, Philips Consumer Lifestyle, Drachten, The Netherlands.
5 Department of Biomedical and Clinical Sciences, Division of Medicine and Pathophysiology, L. Sacco Hospital, University of Milan, Milan, Italy.

Troubles du sommeil fréquents chez l’enfant


Sources et auteurs :
Common sleep disorders in children.

Am Fam Physician. 2014 Mar 1;89(5):368-77.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24695508

Auteurs :


Cette mise au point sur les troubles du sommeil de l’enfant a le mérite de rappeler l’importance de ne pas sous-estimer la prévalence des troubles du sommeil de l’enfant et les moyens avérés dont on dispose pour les prendre en charge précocement et efficacement.

 

Abstract de l’étude

Troubles du sommeil fréquents chez l’enfant

Jusqu’à 50 % d’enfants rencontrent des problèmes de sommeil. Un repérage précoce des problèmes de sommeil peut prévenir des conséquences négatives comme la somnolence diurne, l’irritabilité, les problèmes de comportement, des difficultés d’apprentissage, des accidents de la route chez les adolescents et des performances académiques faibles. Le syndrome d’apnée obstructive (SAOS) survient chez 1 à 5 % des enfants. Un examen polysomnographique est nécessaire pour diagnostiquer cette pathologie qui pourrait ne pas pouvoir être identifiée avec un examen clinique seul. L’adénotonsillectomie est le premier traitement pour la plupart des enfants souffrant d’un SAOS. Les parasomnies sont fréquentes durant l’enfance : le somnanbulisme, le langage nocturne, les éveils en état de confusion, les terreurs nocturnes tendent à apparaître pendant la première moitié de la nuit, tandis que les cauchemars sont plus fréquents dans la seconde partie de la nuit. Seules 4 % des parasomnies vont perdurer après l’adolescence, aussi la meilleure prise en charge reste l’accompagnement parental pour réconforter l’enfant et des mesures de protection adaptées. Les insomnies comportementales de l’enfant sont communes et se caractérisent par une inaptitude acquise à trouver le sommeil et/ou à rester endormi. La prise en charge débute par l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène de sommeil et dans certains cas, les techniques de l’extinction peuvent être utilisées. Le retard de phase est courant à l’adolescence se présentant comme une difficulté à s’adapter aux heures de lever et de coucher conventionnelles. Le traitement requiert une bonne hygiène de sommeil et des horaires de lever et coucher réguliers et adaptés au temps social, avec prise de mélatonine au moment du coucher ou luminothérapie le matin, selon les besoins. Le diagnostic d’un syndrome des jambes sans repos peut être ardu, sa prise en charge se concentrera sur l’évitement des facteurs déclencheurs et un traitement pour une carence en fer, si nécessaire.

 

Informations sur les auteurs :
1 Martin Army Community Hospital, Fort Benning, GA, USA.
2 SHAPE Healthcare Facility, Mons, Belgium.
3 Uniformed Services University of the Health Sciences, Bethesda, MD, USA.

Vieillissement, rythmes circadiens et troubles dépressifs : une revue de la littérature


Sources et auteurs :
Aging, circadian rhythms and depressive disorders: a review.
Faculty of Medicine, University of Porto Portugal.

Am J Neurodegener Dis. 2013 Nov 29;2(4):228-46.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24319642


Une revue de la littérature sur les troubles associés au vieillissement met en évidence le peu d’études disponibles visant à approfondir les mécanismes expliquant la survenue concomitante, au grand âge, de troubles du sommeil et de symptômes dépressifs, bien que ce lien semble aujourd’hui incontestable et fonder sur les options thérapeutiques en vigueur.

 

Abstract de l’étude

Vieillissement, rythmes circadiens et troubles dépressifs : une revue de la littérature

Contexte

Le vieillissement est associé à des événements comportementaux dysfonctionnels qui sont fréquemment et de façon inappropriée perçus comme non pathologiques. Les modifications des rythmes circadiens et les troubles dépressifs ont été de plus en plus souvent proposés comme des altérations concomitantes cumulées au moment du vieillissement. Cette étude entend apporter un état des lieux de la recherche sur ce sujet, du point de vue de ses mécanismes épidémiologiques et patho-physiologiques, des données cliniques et de leur pertinence et des options de traitement disponibles.

Matériel et méthode

Une revue non systématique des articles anglophones publiés sur PUBMED entre 1995 et décembre 2012 en utilisant les mots-clés : «rythmes circadiens», «troubles de l’humeur», «dépression», «âge», «vieillissement», «personnes âgées», et «sommeil».

Discussion et conclusion

La prévalence associée de troubles du sommeil, insomnie en particulier et dépression, et leur coïncidence réciproque chez les personnes âgées a été documentée. Il existe une recherche extensive sur les mécanismes patho-physiologiques à travers lesquels le vieillissement conditionne l’altération circadienne, qui fait des modifications au niveau de la sécrétion de mélatonine l’un des changements les plus importants. Cependant, trop peu de recherches associent clairement et sans équivoque troubles des rythmes circadiens et troubles de l’humeur. Or, des changements moléculaires ont été décrits sur des gènes qui leur sont communs et des modèles patho-physiologiques ont été proposés associant dépression et troubles du sommeil dont des études suggérant également une relation bidirectionnelle entre ces pathologies. Malgré ces relations, l’évaluation clinique de ces phénomènes chez les patients âgés se révèle complexe à mettre en place du fait de comorbidités préexistantes dont certaines ont été évaluées comme altérant le sommeil et l’humeur. C’est le cas des accidents cérébraux, de certaines formes de démence comme Alzheimer et Parkinson, plusieurs troubles neurodégénératifs, parmi d’autres. Bien qu’il n’y ait pas aujourd’hui de recommandations spécifiques de traitement, les traitements validés se basent précisément sur le lien bidirectionnel que partagent la dépression et les troubles du sommeil et par là même l’adoption de mesures qui présument spécifiquement les options thérapeutiques valables pour l’un bénéficieront à l’autre, et réciproquement. Les options de traitement appartiennent à la classe des thérapies cognitivo- comportementales, chronothérapie et luminothérapie, aux médicaments comme la mélatonine, les agonistes des récepteurs mélatoninergiques, les antidépresseurs et les sédatifs.

Études sur la luminothérapie : Fonctions cérébrales et horloge biologique


Études cliniques et articles scientifiques : Luminothérapie, rythme circadien et horloge biologique

Architecture des projections rétinales dans l’horloge circadienne centrale


Sources et auteurs :
Architecture of retinal projections to the central circadian pacemaker.

Proc Natl Acad Sci U S A. 2016 May 24;113(21):6047-52. doi: 10.1073/pnas.1523629113. Epub 2016 May 9.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27162356

Auteurs :


Cet article met en évidence le circuit anatomique (câblage neuronal) par lequel la rétine et en particulier les cellules ganglionnaires à mélanopsine, photorécepteur découvert en 2002 sont reliées au noyau suprachiasmatique et connectées à l’horloge circadienne centrale.

 

Abstract de l’étude

Architecture des projections rétinales dans l’horloge circadienne centrale

Le noyau suprachiasmatique (NSC) reçoit des entrées directes des cellules ganglionnaires à mélanopsine (ipRGCs) pour l’entraînement circadien. De façon intéressante, le NSC est la seule région du cerveau qui reçoive des entrées équivalentes de l’œil droit et de l’œil gauche. En dépit des évaluations morphologiques qui montrent que les fibres de l’axone qui proviennent des ipRGCs couvrent la totalité du NSC, des preuves d’ordre physiologique suggèrent que seules les cellules libérant le polypeptide intestinal vaso-actif (VIP), le peptide facteur de libération de la gastrine (GRP), situées au niveau ventral du NSC reçoivent l’entrée rétinienne. Il n’est toujours pas clair toutefois quelle sous-population des noyaux du NSC reçoit un input synaptique de la rétine et comment le SCN reçoit des entrées équivalentes en provenance des deux yeux. Ici, en utilisant une technique de traçage axonal de cellules ipRGCs uniques couplées à la microscopie confocale, nous montrons que les ipRGCs ont des profils d’innervation élaborés dans l’ensemble du SCN. Contrairement aux cellules ganglionnaires classiques (RGC) qui innervent les cibles visuelles soit ipsilatéralement (du même côté), soit contro-latéralement (du côté opposé), une seule ipRGC peut innerver le SCN de manière bilatérale. Les ipRGS forment des contacts synaptiques avec les cellules peptidergiques principales du SCN, incluant les neurones à VIP, GRP, AVP, avec chaque ipRGC innervant des sous-domaines spécifiques du SCN. D’autre part, une cellule ganglionnaire unique projetant vers le SCN peut envoyer des fibres à de nombreuses autres régions cérébrales. Toutefois la taille et la complexité des arborisations dans les régions non SCN sont moins élaborées que celles dans le SCN. Nos résultats permettent de mieux comprendre comment les neurones rétiniens sont connectés à l’horloge circadienne centrale pour synchroniser les horloges circadiennes endogènes à la journée solaire.

 

Informations sur les auteurs :
1 Department of Biology, Johns Hopkins University, Baltimore, MD 21218;
2 Department of Life Science, National Taiwan University, Taipei 10617, Taiwan;
3 Department of Biology, Johns Hopkins University, Baltimore, MD 21218; Department of Neuroscience, Johns Hopkins University, Baltimore, MD 21218;
4 Department of Life Science, National Taiwan University, Taipei 10617, Taiwan; Genome and Systems Biology Degree Program, National Taiwan University and Academia Sinica, Taipei 10617, Taiwan.

Doser et utiliser la luminothérapie à l’ère de la mélanopsine


Sources et auteurs :
Measuring and using light in the melanopsin age.

Trends Neurosci. 2013 Nov 25. pii: S0166-2236(13)00197-5. doi: 10.1016/j.tins.2013.10.004. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4699304/

Auteurs :


La découverte des cellules ganglionnaires à mélanopsine a révolutionné la recherche sur les effets non visuels de la lumière. Ses implications s’en ressentent encore aujourd’hui et inspirent les industriels de l’éclairage dans leurs conceptions.

 

Abstract de l’étude

Doser et utiliser la luminothérapie à l’ère de la mélanopsine

La lumière constitue un stimulus puissant de régulation des systèmes hormonaux, comportementaux et circadiens. Par ailleurs, la luminothérapie s’avère efficace pour certains troubles affectifs dont les troubles du sommeil et les altérations du rythme circadien. Ces effets biologiques et comportementaux sont influencés par un photorécepteur distinct situé dans l’oeil, les cellules ganglionnaires à mélanopsine intrinsèquement photosensibles, en plus des cônes et bâtonnets déjà connus. Nous résumons la neurophysiologie de ce nouveau chemin sensoriel et en déduisons les implications pour la mesure, la production et l’exposition à la lumière. Une stratégie renouvelée de mesure de la lumière tenant compte des caractéristiques photoréceptives complexes de ces réponses non visuelles est proposée à l’attention des chercheurs tandis que des recommandations pour l’éclairage artificiel sont énoncées à l’attention des autorités de régulation, des industriels, designers et ingénieurs.

 

Informations sur les auteurs :
1 Faculty of Life Sciences, University of Manchester, Manchester M13 9PT, UK
2 Nuffield Laboratory of Ophthalmology, Nuffield Department of Clinical Neurosciences, University of Oxford, Headley Way, Oxford, OX3 9DU, UK
3 Department of Neuroscience, Brown University, Box G-LN, Providence RI, USA
4 INSERM 846 Stem Cell and Brain Research Institute, Department of Chronobiology 18 Avenue du Doyen Lépine 69500 Bron, France
5 Division of Sleep Medicine, Harvard Medical School, and Division of Sleep Medicine, Department of Medicine, Brigham and Women’s Hospital, Boston, MA, USA
6 Lighting Research Center, Rensselaer Polytechnic Institute, Troy, NY, 12180, USA
7 Department of Ophthalmology, University of Alabama at Birmingham, Birmingham AL 35294, USA
8 Public Health England, Chilton, Didcot, Oxfordshire OX11 0RQ, UK
9 Department of Biology, University of Virginia, Charlottesville, VA, USA
10 Faculty of Health and Medical Sciences, University of Surrey, Guildford GU2 7XH, UK
11 Department of Neurology, Thomas Jefferson University, Philidelphia, PA, USA

Intégration temporelle de flashs de lumière par le système circadien chez l’homme


Sources et auteurs :
Temporal integration of light flashes by the human circadian system.
Funding : National Heart, Lung, and Blood Institute (1R01HL108441-01A1) and Department of Veterans Affairs Sierra Pacific Mental Illness Research, Education, and Clinical Center.

J Clin Invest. 2016 Mar 1;126(3):938-47. doi: 10.1172/JCI82306. Epub 2016 Feb 8.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26854928


Ces résultats, quoique préliminaires et demandant à être répliqués, selon lesquels la lumière par flashs intermittents puisse être plus efficace que la lumière continue, constituent une avancée majeure pour le développement de nouveaux dispositifs thérapeutiques de type luminothérapie.

 

Abstract de l’étude

Intégration temporelle de flashs de lumière par le système circadien chez l’homme

Contexte

Au-delà de la perception des images, la lumière détectée par les photo-récepteurs de la rétine influence les fonctions sous-corticales, comprenant la période circadienne, le sommeil et l’éveil. La physiologie de la photo-réponse non visuelle chez l’homme n’est pas bien comprise, aussi le développement d’interventions basées sur la physiologie comme la luminothérapie pour traiter les troubles chronobiologiques, demeurent un défi.

Méthode

31 participants ont été exposés à 60 minutes de lumière continue (n=8) ou par séquences de 2 millisecondes de flashs de lumière (n=31) avec des intervalles inter-stimulus variés (classés entre 2,5 et 240 secondes). Les phases d’altération et suppression de la mélatonine de même que les modifications en termes de vigilance et de somnolence ont été évalués.

Résultats

Nous avons pu déterminer que le système circadien intègre des séquences de flashs de lumière sur un mode non linéaire avec une augmentation linéaire et un pic de réponse (ISI = 7,6 ± 0,53 secondes) et une diminution du pouvoir de la fonction consécutive au pic de sensibilité. Au pic ISI, les flashs étaient au moins 2 fois plus efficaces durant la phase de délai du système circadien comparée à une exposition à une lumière d’intensité équivalente. Les flashs ne modifiaient ni les concentrations en mélatonine ni la vigilance d’une façon ISI-dépendante.

Conclusion

Nous avons démontré que la lumière intermittente est plus efficace que la lumière continue pour obtenir des changements circadiens. Ces données éclairent la phénoménologie de l’intégration photique et suggèrent un réseau rétino-hypothalamique dichotomique qui conduit à un changement de rythme circadien et autres photo-réponses non visuelles. D’autres essais cliniques sont requis pour vérifier la faisabilité de protocoles intégrant des flashs lumineux.

L’activation chimiogénomique des cellules ganglionnaires à mélanopsine induisent des marqueurs d’éveil et/ou d’anxiété chez la souris


Sources et auteurs :
Chemogenetic Activation of Melanopsin Retinal Ganglion Cells Induces Signatures of Arousal and/or Anxiety in Mice.

Curr Biol. 2016 Jul 13. pii: S0960-9822(16)30698-4. doi: 10.1016/j.cub.2016.06.057. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27426512

Auteurs :


Cette étude parue dans la revue Current Biology, à fort facteur d’impact, met en évidence sur un mode expérimental, chez la souris, les mécanismes des effets pressentis de la lumière sur les fonctions cérébrales, via une approche chimiogénomique des cellules ganglionnaires de la rétine.

 

Abstract de l’étude

L’activation chimiogénomique des cellules ganglionnaires à mélanopsine induisent des marqueurs d’éveil et/ou d’anxiété chez la souris

L’imagerie fonctionnelle et les évaluations psychométriques indiquent que la luminothérapie peut améliorer l’humeur, l’attention et les performances cognitives chez l’homme. Des preuves indirectes lient ces manifestations par la détection de la lumière par les cellules ganglionnaires à mélanopsine (mRGCs) intrinsèquement photosensibles. Cependant, il n’existe pas à l’heure actuelle de preuves que les mRGCs exercent un effet immédiat sur l’humeur ou le comportement quelle que soit l’espèce animale considérée. Nous avons pris acte de ce manque de données et utilisé la chémogénétique pour activer de façon sélective les mRGCs en simulant les effets excitateurs de la luminothérapie sur ces cellules chez des souris maintenues dans l’obscurité. Cette manipulation spécifique évoque la réinitialisation de la phase circadienne et la constriction pupillaire (conséquences connues de l’activation de mRGCs). Cela a induit également c-Fos (un marqueur d’activation neuronale) dans plusieurs noyaux de l’hypothalamus (hypothalamus para-ventriculaire, dorso-médial et latéral), et du thalamus (thalamus para-ventriculaire centro-médian), et système limbique (amygdale and noyau accumbens). Ces régions affectent de nombreux aspects de l’activité autonomique et neuroendocrine et sont typiquement actives en période de veille ou de réveil. Par contraste, c-Fos était absent de de l’ère ventro-latérale pré-optique (active durant le sommeil). Lors de tests comportementaux standards, l’activation des mRGC induisaient des comportements communément interprétés comme de l’anxiété ou comme des signes de vigilance accrue. Des changements similaires en termes de comportements peuvent être induits par la luminothérapie chez les souris sauvages sans cône et sans bâtonnets mais pas chez les souris dépourvus de mRGC. Ces données démontrent que les mRGC entraînent un changement dépendant de la lumière dans la motivation comportementale vers plus de vigilance et un état d’alerte à l’égard du risque. Ils soulignent également la capacité de cette petite fraction des cellules ganglionnaires de la rétine à réaligner l’activité dans les régions du cerveau définissant des aspects étendus de la physiologie et du comportement.

 

Informations sur les auteurs :
1 Faculty of Life Sciences, University of Manchester, Oxford Road, Manchester M13 9PT, UK.
2 Centre for Ophthalmology and Vision Sciences, Institute of Human Development, University of Manchester, Manchester M13 9PT, UK.
3 Faculty of Life Sciences, University of Manchester, Oxford Road, Manchester M13 9PT, UK.

La mélanopsine régule à la fois la réponse d’éveil et de promotion du sommeil


Sources et auteurs :
Melanopsin Regulates Both Sleep-Promoting and Arousal-Promoting Responses to Light.

PLoS Biol. 2016 Jun 8;14(6):e1002482. doi: 10.1371/journal.pbio.1002482. eCollection 2016.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27276063

Auteurs :


Réalisée chez le rongeur, cette nouvelle étude crée la surprise en montrant que contrairement à ce qui était admis jusqu’alors, l’exposition rétinienne à la lumière la nuit n’exerce pas qu’un seul effet de promotion du sommeil chez le rongeur tandis qu’elle exercerait un effet inverse d’éveil chez l’homme. En vérité, la réalité est plus complexe, les réponses à la lumière étant conditionnées par une sensibilité différenciée aux différents spectres lumineux.

 

Abstract de l’étude

La mélanopsine régule à la fois la réponse d’éveil et de promotion du sommeil

La lumière joue un rôle critique dans la régulation de nombreux mécanismes physiologiques et comportementaux dont les rythmes circadiens et la régulation du sommeil. Ces réponses impliquent l’expression des cellules ganglionnaires à mélanopsine de la rétine ainsi que les cônes et bâtonnets. L’exposition à la lumière chez les rongeurs a été perçue comme induisant un effet d’endormissement rapide dans lequel la mélanopsine joue un rôle déterminant. Cependant ces mêmes études montrent également que l’exposition à la lumière conduit à une augmentation du taux de corticostérone et diffère l’endormissement. Par contraste, la lumière verte (530 nm) conduit à un endormissement rapide. Comparées aux souris sauvages, ces réponses sont altérées chez les souris mélanopsine-déficientes, résultant en un sommeil majoré en réponse à la lumière bleue et un délai de l’endormissement en réponse à la lumière verte ou blanche. Nous avons poursuivi en montrant que la lumière bleue induit une production plus importante de la protéine Fos dans le noyau suprachiasmatique comparé à l’aire pré-optique ventro-latérale de promotion du sommeil (APVL), tandis que la lumière verte produit des réponses plus importantes dans l’APVL. Ainsi, toutes ensemble, ces données démontrent que la réponse nocturne à l’exposition à la lumière peut avoir un effet d’éveil ou de promotion du sommeil et que ces réponses sont médiatisées par la mélanopsine à travers différents circuits neuronaux avec des sensibilités spectrales différenciées. Ces données entraînent d’importantes questions relatives à la façon dont la lumière artificielle peut altérer le comportement à la fois dans les habitations domestiques et les infrastructures de travail.

 

Informations sur les auteurs :
1 Sleep and Circadian Neuroscience Institute (SCNi), Nuffield Department of Clinical Neurosciences, Oxford Molecular Pathology Institute, Dunn School of Pathology, University of Oxford, Oxford, United Kingdom.
2 Department of Experimental Psychology, University of Oxford, Oxford, United Kingdom.
3 Henry Wellcome Laboratories for Integrative Neuroscience and Endocrinology, University of Bristol, Bristol, United Kingdom.
4 Department of Physiology, Anatomy and Genetics, University of Oxford, Oxford, United Kingdom.
5 MRC Harwell, Harwell Science and Innovation Campus, Oxfordshire, United Kingdom.

La psychiatrie de la lumière


Sources et auteurs :
The psychiatry of light.
From Harvard Medical School; McLean Hospital, Belmont, MA (Dr. Schwartz); Department of Psychiatry, Massachusetts General Hospital, Boston, MA (Dr. Olds).

Harv Rev Psychiatry. 2015 May-Jun;23(3):188-94. doi: 10.1097/HRP.0000000000000078.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25839643


Proposée par la revue de psychiatrie de la prestigieuse université d’Harvard, cette mise au point sur la luminothérapie et les approches chronothérapeutiques plaident en faveur d’une plus grande utilisation de ces approches.

 

Abstract de l’étude

La psychiatrie de la lumière

La luminothérapie et la plus grande partie du champ de la chronothérapie demeurent sous-estimées et sous-investies malgré les preuves portées par l’expérience. Son efficacité s’étend au-delà du trouble affectif saisonnier et inclut la dépression non saisonnière et les troubles du sommeil avec des données congruentes en faveur de son efficacité pour le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité, le délirium et la démence. Un aperçu résolument pragmatique est présenté ici, comprenant des aspects clés de la biologie qui sous-tend son efficacité, des recommandations de traitement, les effets indésirables, et une mise au point sur les transformations de notre rapport contemporain à la lumière et à l’obscurité.

La relation entre chronotype et conséquences d’un traitement par luminothérapie à un temps fixe défini


Sources et auteurs :
The relation between chronotype and treatment outcome with light therapy on a fixed time schedule.

J Affect Disord. 2016 Sep 15;202:87-90. doi: 10.1016/j.jad.2016.05.009. Epub 2016 May 24.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27259079

Auteurs :


Selon cette étude, considérer le chronotype des patients au moment de l’élaboration d’un protocole de luminothérapie pour les porteurs d’un TAS, n’influencera pas l’impact du traitement, l’efficacité de la luminothérapie répondant à d’autres mécanismes physiologiques.

 

Abstract de l’étude

La relation entre chronotype et conséquences d’un traitement par luminothérapie à un temps fixe défini

Contexte

Le trouble affectif saisonnier (TAS) est caractérisé par des épisodes récurrents de dépression majeure sur un mode saisonnier. Le traitement le plus pertinent est la luminothérapie. Or les études suggèrent que la luminothérapie devrait être administrée en fonction du chronotype du patient, avec un timing optimal plus tôt le matin pour les chronotypes du matin que pour ceux du soir. Cette étude entend explorer la relation entre le chronotype et l’effet de la luminothérapie à un temps fixe le matin auprès d’une population de patients porteurs d’un TAS.

Méthode

Les données issues de 4 études différentes conduites à l’University Center of Psychiatry à Groningen aux Pays-Bas ont été exploitées. Les données de 132 patients ont été incluses (103 femmes). Les scores de dépression ont été déterminés via des entretiens structurés (SIGH-SAD) avant la luminothérapie et après la luminothérapie (LT). Avant la LT, les préférences du patient en termes de matin ou soir ont été déterminés par le ‘Morningness/Eveningness Questionnaire’ (MEQ). Tous les patients ont été traités par LT le matin à 8h00 à la clinique, indépendamment de leur chronotype.

Résultats

Les patients présentaient un score au MEQ de 51,5 ±8,2. Aucune relation significative n’a été observée entre le score MEQ et le succès de la thérapie tel que mesuré par le SIGH-SAD (F2,129=0,05, ns). Lorsque les patients étaient classés par chronotype (de chronotype du matin à chronotype du soir modéré), aucune relation significative entre le score MEQ et le succès de la thérapie n’a été constatée (F2,129=0.02, ns).

Limites

Design rétrospectif

Conclusions

Le manque de relation significative entre le chronotype mesuré par le MEQ et le succès de la thérapie par LT à un temps donné peut suggérer que les effets antidépresseurs de la lumière du matin chez les patients TAS n’est pas explicable par un changement de période de l’horloge biologique.

 

Informations sur les auteurs :
1 University of Groningen, University Medical Center Groningen, Department of Psychiatry, Research School of Behavioural and Cognitive Neurosciences (BCN), Interdisciplinary Center for Psychopathology and Emotion regulation (ICPE), P.O. Box 30 001, 9700 RB Groningen, The Netherlands.
2 Department of Chronobiology, GeLifes, University of Groningen, Groningen, The Netherlands; Chrono@Work B.V. Groningen, The Netherlands.
3 University of Groningen, University Medical Center Groningen, Department of Psychiatry, Groningen, The Netherlands.

La suppression de mélatonine par la lumière chez l’humain est plus sensible que ce qui a été reporté précédemment


Sources et auteurs :
Melatonin Suppression by Light in Humans Is More Sensitive Than Previously Reported.

Journal of Biologigal Rhythms. 2015 Aug;30(4):351-4. doi: 10.1177/0748730415585413. Epub 27 mai 2015.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26017927

Auteurs :


A rebours des conclusions de leurs prédécesseurs, une équipe de recherche met en évidence les seuils de photosensibilité non visuelle très bas, équivalents à moins de 1 lux.

 

Abstract de l’étude

La suppression de mélatonine par la lumière chez l’humain est plus sensible que ce qui a été reporté précédemment

La rétine produit des photo-réponses à la lumière variées dont l’entraînement circadien de la lumière et la constriction pupillaire. Des chercheurs ont montré précédemment que chez l’humain, la suppression de l’hormone mélatonine contrôlée par l’horloge est plus sensible à 460 nm de lumière bleue avec un seuil de ~12 log photons cm(-2) s(-1). Ce seuil est étonnant dans la mesure où les photo-réponses non visuelles de la lumière sont médiées par les cellules ganglionnaires intrinsèquement photosensibles de la rétine, qui reçoivent un input synaptique via les bâtonnets et peuvent répondre à des niveaux de lumière aussi faibles que ~7 log photons cm(-2) s(-1). En utilisant un protocole qui améliore la précision des données, nous avons découvert que le seuil de photosensibilité pour la suppression de mélatonine est de ~10 log photons cm(-2) s(-1) at 460 nm. Ces découvertes présentent de fortes implications dès lors qu’un faisceau de preuves converge vers le fait que l’activation nocturne du système circadien peut-être dommageable.

 

Informations sur les auteurs :
1 Department of Ophthalmology & Visual Sciences, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan, USA Graduate Program in Macromolecular Science & Engineering, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan, USA.
2 Department of Ophthalmology & Visual Sciences, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan, USA.
3 Department of Mathematics, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan, USA.
4 Department of Biosciences, University of Helsinki, Helsinki, Finland Department of Neuroscience and Biomedical Engineering (NBE), Aalto University School of Science and Technology, Espoo, Finland.
5 Department of Ophthalmology & Visual Sciences, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan, USA Department of Molecular, Cellular & Developmental Biology, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan, USA.

Le trouble du rythme veille/sommeil différent de 24 heures ou syndrome hypernychtéméral revisité : une étude de cas


Sources et auteurs :
Non-24-Hour Sleep-Wake Disorder Revisited – A Case Study.

Front Neurol. 2016 Feb 29;7:17. doi: 10.3389/fneur.2016.00017. eCollection 2016.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26973592

Auteurs :


A partir d’un cas clinique, une équipe de chercheurs met en évidence l’impact hypothétique d’un traitement par chimiothérapie sur l’intégrité de l’horloge interne et les désordres durables des rythmes qui peuvent s’ensuivre.

 

Abstract de l’étude

Le trouble du rythme veille/sommeil différent de 24 heures ou syndrome hypernychtéméral revisité : une étude de cas

Le rythme veille/sommeil chez l’humain est gouverné par deux facteurs majeurs : un processus de sablier homéostatique (processus S) et un processus circadien (processus C) qui détermine les horaires du sommeil dans un rythme de 24 heures en adéquation avec le cycle extérieur lumière/obscurité. Tandis que ces deux procédés individuels ont été bien caractérisés, la nature exacte de leurs interactions demeure mal connue. Le rythme circadien est généré par le noyau suprachiasmatique (horloge centrale) de l’hypothalamus antérieur, à travers des boucles de rétroaction de transcription et de traduction d’ADN par des cellules autonomes. Tandis que la longueur de la phase du cycle (tau) est relativement stable et déterminée génétiquement, la phase de l’horloge est réinitialisée par des stimuli externes (zeitgebers), parmi lesquels le plus important est le cycle lumière/obscurité. Des désalignements entre le rythme interne et le rythme lumière/obscurité peuvent conduire à différentes plaintes somatiques et au développement de troubles du rythme circadien (TRC). Le syndrome hypernychtéméral (SH) est un TRC affectant jusqu’à 50 % des patients totalement aveugles et caractérisé par une incapacité à maintenir un entraînement stable du rythme circadien (tau > 24,5 h) au cycle lumière/obscurité. Cette pathologie est rare chez les individus voyants et sa physiopathologie moins bien comprise. Ici, nous présentons le cas d’un homme voyant de 40 ans ayant développé un désalignement de l’horloge interne et du rythme externe consécutive à un traitement pour le lymphome d’Hodgkin (régime ABVD, quatre cycles / régime AVD, quatre cycles). Une évaluation clinique comprenant de l’actigraphie, les profils de sécrétion de mélatonine et la polysomnographie ont conduit à un diagnostic d’un syndrome hypernychtéméral avec un rythme en libre-cours (free running) de tau = 25,27 h. Une intervention thérapeutique à base de luminothérapie (30 min, 10,000 lux) le matin et de prise de mélatonine (0.5-0.75 mg) le soir, n’a pas permis d’agir sur le libre-cours bien qu’un traitement d’une durée plus importante aurait pu y parvenir. Le début soudain de ce trouble et la connexion dans le temps au traitement par chimiothérapie nous amène à penser que celle-ci a pu créer une mutation des composants de l’horloge moléculaire ayant conduit à l’allongement observé de la période circadienne.

 

Informations sur les auteurs :
1 Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland; Transfaculty Research Platform Molecular and Cognitive Neurosciences, University of Basel, Basel, Switzerland.
2 Sleep-Wake-Epilepsy-Centre, Department of Neurology, Inselspital, Bern University Hospital, Bern, Switzerland.
3 Transfaculty Research Platform Molecular and Cognitive Neurosciences, University of Basel, Basel, Switzerland; Neurobiology Laboratory for Brain Aging and Mental Health, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Basel, Switzerland.
4 Center for Sleep Medicine, Hirslanden Clinic Zurich, Zurich, Switzerland.
5 Charité – Universitaetsmedizin Berlin, Berlin, Germany.

Lumière et chronobiologie : implications pour la santé et les maladies


Sources et auteurs :
Light and chronobiology: implications for health and disease.
Mirjam Münch, Laboratory for Solar Energy and Building Physics, Ecole Polytechnique Federale de Lausanne, Switzerland; Vivien Bromundt, Centre for Chronobiology, Psychiatric Hospital of the University of Basel, Switzerland.

Dialogues Clin Neurosci. 2012 Dec;14(4):448-53.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3553574/


La lumière apparaît comme l’agent synchronisant des rythmes circadiens le plus puissant. Une mise au point récente propose ainsi d’en systématiser le recours dans des conditions contrôlées, dès lors qu’un trouble des rythmes a été repéré.

 

Abstract de l’étude

Lumière et chronobiologie : implications pour la santé et les maladies

La lumière environnementale synchronise l’horloge biologique primaire des mammifères dans le noyau suprachiasmatique de même que beaucoup d’horloges périphériques dans les tissus et les cellules, au jour solaire de 24 heures. La lumière est le synchroniseur le plus puissant pour le système circadien et en cela maintient la plus grande partie des rythmes biologiques et physiologiques synchronisés en interne, ce qui est important pour un fonctionnement optimal. Les troubles des rythmes circadiens et la désynchronisation chroniques observés dans les maladies neurodégénératives peuvent être traités par luminothérapie. Ses effets bénéfiques sur la synchronisation, la qualité du sommeil, l’humeur et les performances cognitives dépendent de la durée, du moment, de l’intensité et de la composition spectrale de la lumière. Adapter et optimiser l’éclairage intérieur peut constituer une approche intéressante pour améliorer le bien-être, la vigilance, les capacités cognitives et sur le long terme, produire des effets sanitaires bénéfiques.

Un essai randomisé contrôlé pour évaluer la pertinence de la luminothérapie sur la fatigue consécutive à un traumatisme cérébral


Sources et auteurs :
Randomized Controlled Trial of Light Therapy for Fatigue Following Traumatic Brain Injury.
Monash University, Clayton Campus, Victoria, Australia.

Neurorehabil Neural Repair. 2013 Nov 8.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24213962


Une exposition à la lumière bleue, parce qu’elle est susceptible d’agir sur les symptômes de fatigue et de somnolence associés à un trauma cérébral peut constituer une alternative à privilégier au regard de sa sécurité d’utilisation.

 

Abstract de l’étude

Un essai randomisé contrôlé pour évaluer la pertinence de la luminothérapie sur la fatigue consécutive à un traumatisme cérébral

Contexte

Un état de fatigue peut-être associé à un trauma cérébral et constitue un motif de plainte fréquent. Un traitement efficace demeure à trouver.

Objectif

Cette étude vise à mettre à l’épreuve l’efficacité de la photothérapie sur des patients souffrant de fatigue suite à un trauma cérébral.

Méthodes

Nous avons entrepris une étude contrôlée avec placebo pendant 4 semaines, avec une exposition à la lumière de courte longueur d’onde bleue (?max = 465 nm, 84.8 µW/cm2, 39.5 lux, 1.74 × 1014 photons/cm2/s) chaque matin pendant 45 minutes à domicile comparée à une photothérapie de lumière jaune (?max = 574 nm, 18.5 µW/cm2, 68 lux, 1.21 × 1012 photons/cm2/s) d’intensité moindre et un groupe contrôle sans traitement (10 par groupe) auprès des patients présentant un état de fatigue ou des troubles du sommeil consécutifs à un trauma cérébral. Une évaluation de l’état de fatigue et des troubles associés (somnolence diurne, dépression, qualité du sommeil, et attention soutenue) a été réalisée avant, au milieu et à la fin du traitement (semaines 2 et 4) et 4 semaines après la cessation du traitement (semaine 8).

Résultats

Après avoir contrôlé les facteurs liés à l’âge, le genre et l’intensité de la dépression, le traitement par photothérapie à la lumière bleue a démontré une réduction de la fatigue et de la somnolence diurne, pendant la phase de traitement avec un maintien des effets 4 semaines après cessation du traitement. Ces changements n’ont pas été observés avec la lumière de moindre intensité ou chez le groupe contrôle. Par ailleurs, aucun effet significatif n’a été observé concernant l’état dépressif ou les performances psychomotrices.

Conclusion

La lumière bleue semble constituer un traitement efficace pour limiter la fatigue et la somnolence diurne consécutive à un trauma cérébral et pourrait constituer une alternative non invasive, sans danger et non pharmacologique aux traitements en vigueur.

Études sur la luminothérapie : TROUBLES NEURODÉGÉNÉRATIFS


Études cliniques et articles scientifiques : Luminothérapie et maladies neurologiques dégénératives (Alzheimer, Parkinson, Huntington...)

Maladie d’Alzheimer


Le rôle de la luminothérapie dans le contrôle des épisodes d’agitation chez les patients atteints de démence


Sources et auteurs :
The use of light therapy to lower agitation in people with dementia.
Wythenshawe Hospital, Manchester.

Nurs Times. 2004 Nov 9-15;100(45):32-4.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15574039


Comment faire bénéficier ses patients atteints de démence des effets de la luminothérapie ? C’est l’objet d’une étude qui s’est intéressée de façon pragmatique aux modalités de mise en place d’une prise en charge spécifique en contexte de soins infirmiers à domicile.

 

Abstract de l’étude

Le rôle de la luminothérapie dans le contrôle des épisodes d’agitation chez les patients atteints de démence

Agitation et troubles du sommeil sont problématiques pour les personnes atteintes de démence et leurs accompagnants et ont été associés à une altération des rythmes circadiens issue d’une sous-exposition à la lumière. La luminothérapie offre une alternative puissante et rentable aux options pharmacologiques et peut être facilement intégrée dans les soins de routine. Cet article décrit les conséquences d’ordre pratique auxquelles les professionnels doivent faire face s’ils souhaitent implémenter ce dispositif dans un contexte de soins infirmiers à domicile et rend compte des constats rapportés quant à son efficacité.

Les effets de la luminothérapie sur la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées : passé, présent et futur


Sources et auteurs :
Light therapy and Alzheimer’s disease and related dementia: past, present, and future.
Department of Communication and Media, Rensselaer Polytechnic Institute, Troy, NY 12180, USA.

J Alzheimers Dis. 2013;33(4):913-22. doi: 10.3233/JAD-2012-121645.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3553247/


Une revue de la littérature présente et discute les avantages de la luminothérapie dans la prise en charge des troubles de type Alzheimer.

 

Abstract de l’étude

Les effets de la luminothérapie sur la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées : passé, présent et futur

Les troubles du sommeil sont fréquents chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de démences apparentées (MADA), ayant pour conséquence un impact négatif sur les fonctions des malades à l’état de veille et sur le moral des accompagnants. Les caractéristiques du sommeil et de la veille sont directement fonction des signaux générés par un pacemaker circadien qui peut être ou n’être pas en état de fonctionnement optimal chez les personnes MADA. Un dispositif d’exposition de lumière/obscurité sur 24 heures sur la rétine est le stimulant le plus efficace pour entraîner le système circadien dans le jour solaire. En effet, un dispositif lumière/obscurité orchestré précautionneusement a été observé comme particulièrement efficace en tant qu’outil non pharmacologique, améliorant la qualité du sommeil et sa consolidation, dans plusieurs études chez les populations plus âgées avec ou sans MADA. Les résultats discutés ici sont issus de travaux évaluant l’efficacité de la luminothérapie dans l’amélioration de la qualité du sommeil, des symptômes dépressifs et de l’agitation chez des personnes âgées atteintes de MADA. Un protocole d’exposition à la lumière/obscurité sur 24 heures pour stimuler le système circadien, améliorer la visibilité et réduire le risque de chutes des patients MADA est proposé, et les besoins de la recherche sur ces thèmes, discutés.

Une analyse critique des preuves probantes en faveur des interventions non pharmacologiques pour les personnes atteintes de démence


Sources et auteurs :
A critique of the evidence base for non-pharmacological sleep interventions for persons with dementia.
University of Alberta, Canada.

Dementia (London). 2013 Mar 1;12(2):210-37. doi: 10.1177/1471301211426909. Epub 2011 Nov 7.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24336770


Sous-investiguée ou méthodologiquement fragile mais pourtant justifiée, la recherche sur les bénéfices des interventions non pharmacologique des troubles du sommeil des patients atteints de démence doit être portée par des protocoles rigoureux à haut niveau de preuve et produire des données solides de nature à orienter les professionnels de santé dans la prise en charge.

 

Abstract de l’étude

Une analyse critique des preuves probantes en faveur des interventions non pharmacologiques pour les personnes atteintes de démence

Les troubles du sommeil chez les personnes atteintes de démence constitue un facteur de risque de survenue d’un nombre important de comorbidités associées. Les preuves probantes disponibles pour le développement des interventions non-pharmacologiques n’ont pas été évaluées ni présentées en toute clarté dans la littérature. Cet article fournit une revue critique de la littérature structurée des preuves en faveur de l’utilisation des interventions non-pharmacologiques pour la prise en charge des troubles du sommeil des personnes atteintes de démence. 29 études ont été sélectionnées et analysées pour leur qualité en termes de méthodologie. D’après ces études, la qualité des preuves se situaient entre concluantes pour la luminothérapie et l’exercice et non concluantes pour les autres approches. Il existe un vrai manque de recherches concluantes sur les traitements non pharmacologiques des troubles du sommeil pour les personnes atteintes de démence. La plupart des preuves présentées sont anecdotiques ou non mises à l’épreuve. On constate un vrai besoin de rigueur scientifique couplée à des connaissances du terrain des maladies neurodégénératives pour établir des preuves solides de l’impact thérapeutique de ces interventions auprès des patients souffrant de démence.

Maladie de Parkinson


Une justification historique et une analyse rétrospective en faveur de l’application systématique de la luminothérapie dans la maladie de Parkinson


Sources et auteurs :
A historical justification for and retrospective analysis of the systematic application of light therapy in Parkinson’s disease.
The Bronowski Clinic, The Bronowski Institute of Behavioural Neuroscience, Coliban Medical Centre, 19 Jennings Street, Kyneton, Victoria 3444, Australia.

Rev Neurosci. 2012 Mar 1;23(2):199-226. doi: 10.1515/revneuro-2011-0072.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22499678


Peu interrogée quant à son impact réel et sa balance bénéfices/risques, la thérapie de remplacement de la dopamine largement utilisée chez les malades de Parkinson voit son efficacité augmentée, ses effets secondaires amoindris et les patients parkinsoniens stabilisés dès lors qu’elle s’accompagne d’un traitement quotidien par luminothérapie qui agira sur plusieurs symptômes dont l’insomnie et la dépression.

 

Abstract de l’étude

Une justification historique et une analyse restrospective en faveur de l’application systématique de la luminothérapie dans la maladie de Parkinson

Ces quarante dernières années, les objectifs premiers des thérapies imaginées pour la maladie de Parkinson ont été de remplacer le défaut de dopamine dans le système dopaminergique nigrostriatal (SDN). Malgré une efficacité limitée, des effets indésirables nombreux et une perte de qualité de vie, l’implication de systèmes autres dans le traitement et l’étiologie de ce trouble a été négligée tandis que la thérapie de remplacement de la dopamine TRD demeure le traitement le plus fréquent. Des travaux scientifiques récents supposent que la rétine joue un rôle majeur dans les fonctions du SDN et encouragent la luminothérapie dans la prise en charge de la maladie de Parkinson. Après une brève revue de la littérature, une étude rétrospective à label ouvert sur 129 patients suivis sur une période allant de quelques mois à 8 ans. Les symptômes moteurs primaires et non moteurs ont été évalués une échelle d’estimation globale objectivée et des tests moteurs réalisés à intervalles réguliers durant l’étude. 31 patients présentant d’autres troubles neurologiques (ATN) constituaient la population-contrôle, pour déterminer si des effets thérapeutiques observés avec la lumière étaient généralisables à d’autres pathologies. Les patients étaient classés en observants (OBS), semi-observants (SOBS), ou abandon prématuré du traitement (APT). Les patients APT présentaient une détérioration tandis que le groupe OBS présentait des améliorations sensibles sur les symptômes de dépression et insomnie. En revanche, l’exposition à la lumière n’était pas associée à une amélioration des fonctions motrices. Le poids des médicaments des patients parkinsoniens maintenus sous luminothérapie était moins important avec moins d’effets secondaires que les groupes SOBS ou APT. Ces données confirment en ce sens l’intérêt d’une application stratégique de la luminothérapie avec des doses contrôlées de TRD et plaident pour plus d’études contrôlées. Que les améliorations symptomatiques persistent tant que le patient est inclus dans le programme suggère qu’une exposition à lumière, avec une observance stricte quotidienne et un TRD tout aussi contrôlé, pourraient freiner voire stopper la progression du processus dégénératif qui sous-tend la maladie de Parkinson.

Les stratégies thérapeutiques pour le rythme et les troubles du sommeil circadien dans la maladie de Huntington


Sources et auteurs :
Therapeutic strategies for circadian rhythm and sleep disturbances in Huntington disease.
Department of Neurology, Leiden University Medical Center, K5-Q 110, PO Box 9600, 2300RC Leiden, The Netherlands.

Neurodegener Dis Manag. 2015 Dec;5(6):549-59. doi: 10.2217/nmt.15.45. Epub 2015 Dec 1.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26621387


La maladie d’Huntington est une maladie dégénérative très invalidante. Afin de pouvoir contrôler ses effets indésirables sur le sommeil et les rythmes, la mélatonine et la luminothérapie continuent à s’imposer comme des thérapies non invasives de nature à améliorer la qualité de vie du patient.

 

Abstract de l’étude

Les stratégies thérapeutiques pour le rythme et les troubles du sommeil circadien dans la maladie de Huntington

Outre ses symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques bien connus, la maladie d’Huntington est aussi fréquemment associée à des troubles du sommeil et des rythmes ciradiens. Bien que ces troubles précèdent généralement l’apparition des troubles moteurs et aient une forte prévalence, aucune étude n’offre aux patients Huntington des pistes thérapeutiques évaluées. Dans cette revue, nous allons brièvement présenter ce qui caractérise les troubles du sommeil dans le cadre de la maladie d’Huntington et nous concentrer sur des traitements possibles basés sur les avancées réalisées pour d’autres maladies voisines présentant des similitudes, comme la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer. Le traitement le plus prometteur pour les altérations des rythmes circadiens et du sommeil dans la maladie d’Huntington reste pour l’instant la mélatonine (agonistes) et la luminothérapie bien que ces options demandent à être confortées par davantage d’essais cliniques.

Maladie d’Huntington


Diagnostic, symptomatologie et épidémiologie du trouble affectif saisonnier

Études sur la luminothérapie : TRAVAIL DE NUIT


Efficacité d’une exposition à la lumière ou à l’obscurité pour traiter l’insomnie des infirmières en horaires atypiques de nuit


Sources et auteurs :
The effectiveness of light/dark exposure to treat insomnia in female nurses undertaking shift work during the evening/night shift.
Department of Nursing, Chang Gung Memorial Hospital, Linkou, Taiwan.

J Clin Sleep Med. 2013 Jul 15;9(7):641-6. doi: 10.5664/jcsm.2824.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23853555


Il est possible de limiter les conséquences négatives du travail de nuit sur la santé, notamment l’insomnie, en contrôlant son exposition à la lumière et en associant à ces mesures un traitement par luminothérapie.

 

Abstract de l’étude

Efficacité d’une exposition à la lumière ou à l’obscurité pour traiter l’insomnie des infirmières en horaires atypiques de nuit

Objectifs

L’étude envisagée ici se demande si une exposition à la lumière la première moitié du poste de nuit combinée à une atténuation de la lumière le matin est pertinent pour contrôler les problèmes de sommeil des infirmières en horaires atypiques souffrant d’insomnie clinique.

Méthodologie

Ce fut une étude prospective randomisée contrôlée. L’index de sévérité de l’insomnie (ISI) et l’échelle de dépression et d’anxiété ont été utilisés pour évaluer respectivement l’insomnie et l’anxiété. Des infirmières en travail posté pendant les horaires de soirée ou de nuit avec un score supérieur à 14 ont été intégrées à l’étude. Les sujets du groupe de traitement (46) ont été exposés à de la lumière de forte intensité à 7 000 ou 10 000 lux pendant au moins 30 minutes. L’exposition était prolongée pendant au moins 10 jours sur une période de 15 jours et les individus évitaient la lumière du soleil après le travail en portant des lunettes de soleil. Les sujets du groupe contrôle (46) n’étaient pas exposés à la lumière mais portaient également des lunettes après le travail. Une analyse statistique fut appliquée pour examiner les différences entre les groupes et les différences entre les traitements.

Résultats

Post-traitement, le groupe exposé à la luminothérapie montrait des améliorations significatives en termes de score à l’ISI et sur l’échelle d’évaluation de l’anxiété et de la dépression comparés à leur état avant le traitement, les scores étant également largement meilleurs que ceux obtenus par le groupe contrôle.

Conclusion

Le protocole de cette étude est aisé à mettre en place dans le cadre de la pratique infirmière. C’est la première fois qu’une étude montre qu’une intensité de lumière plus importante et une durée d’exposition plus courte durant la première moitié du poste du soir ou de la nuit de travail, avec maintien de l’obscurité le jour, si elle est mise en place dans le cadre du travail posté d’infirmières souffrant d’insomnie clinique, peut améliorer leur insomnie, leur dépression et leur anxiété.

Les troubles associés au travail posté : évaluation clinique et stratégies de prise en charge


Sources et auteurs :
Shift work disorder: clinical assessment and treatment strategies.
The Kathryn Severyns Dement Sleep Disorders Center, Walla Walla, Washington; and Department of Medicine, University of Washington, Seattle.

193. J Clin Psychiatry. 2012 Jun;73(6):e20. doi: 10.4088/JCP.11073br3.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22795207


Les troubles associés au travail posté sont fréquents chez les personnes soumis à des horaires atypiques. Par ailleurs, ces troubles sont le plus souvent associés à des comorbidités non négligeables. La photothérapie peut constituer un outil recommandé dans ces contextes pour son effet resynchronisateur et en tant que stratégie non invasive au regard des traitements médicamenteux.

 

Abstract de l’étude

Les troubles associés au travail posté : évaluation clinique et stratégies de prise en charge

Les troubles du travail posté (TTP) surviennent lorsque les individus ne parviennent pas à synchroniser leur horloge interne, avec des horaires de travail qui exigent d’eux d’être éveillés lorsqu’il fait noir et de dormir lorsqu’il fait jour. Lorsqu’ils se prononcent pour un TTP, les praticiens devraient considérer les rythmes de sommeil de leur patient et obtenir de ce dernier qu’il tienne un agenda de sommeil. Les praticiens devraient également être au fait des comorbidités associées aux troubles du travail posté dont l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, des symptômes anxieux et dépressifs ainsi qu’une fatigue chronique. L’objectif premier du traitement du TTP est de réduire le niveau de désynchronisation en induisant un sommeil de meilleure qualité, et d’accroître la vigilance et l’état global de fonctionnement du patient lorsque c’est approprié. Des stratégies non pharmacologiques (mélatonine ou photothérapie) devraient être testées avant que soient envisagés des traitements médicamenteux pour améliorer le sommeil et/ou la vigilance.

Luminothérapie et caféine associées réduisent le risque d’accident de la route chez des individus sains volontaires : une étude randomisée contrôlée transversale


Sources et auteurs :
Combined caffeine and bright light reduces dangerous driving in sleep-deprived healthy volunteers: a pilot cross-over randomised controlled trial.
Unité du sommeil, service d’explorations fonctionnelles, hôpital Raymond-Poincaré, université de Versailles-St Quentin, AP-HP, 92380 Garches, France.

Neurophysiologie clinique. 2013 Jun;43(3):161-9. doi:10.1016/j.neucli.2013.04.001.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23856172


Bien que réalisée sur un nombre d’invidus restreint, cette étude menée par une équipe française tend à conforter les hypothèses conférant à la caféine et à la luminothérapie combinées un rôle d’activateur de la vigilance au volant.

 

Abstract de l’étude

Luminothérapie et caféine associées réduisent le risque d’accident de la route chez des individus sains volontaires : une étude randomisée contrôlée transversale

Objectif

Explorer les effets combinés caféine et luminothérapie sur la conduite de nuit d’un échantillon de sujets sains volontaires.

Participants et méthodologie

12 individus hommes volontaires sains âgés de 20 à 50 ans ont participé à une étude transversale randomisée contrôlée dans le cadre d’une simulation de la conduite de nuit reconstituée en laboratoire de sommeil suivie d’un sommeil compensateur et examens polysomnographiques à domicile. Les volontaires ont été soumis à des combinaisons variables de caféine 200 mg (C+), caféine en placebo (C-), luminothérapie 10 000 lux (L+) et lumière placebo <50 lux (L-) en 4 sessions (C+L+, C+L-, C-L+, C-L-) dans l’ordre de randomisation avec une période de 7 jours entre les sessions. Les traitements étaient administrés à 1 h du matin et les tests effectués à 1 h 30, 3 h, 4 h et 6 h. La déviation de trajectoire (lane drifting) était le premier indicateur observé. Les autres critères étaient le temps de réaction, la fatigue auto-déclarée, la somnolence et le sommeil de recouvrance.

Résultats

Sans traitement, la perte de trajectoire s’accroît à mesure que la nuit progresse tandis que la vigilance objective et subjective déclinent. Des comparaisons appariées ont montré que la perte de trajectoire était au plus fort à 6 h et à 4 h. Un effet global du traitement a été observé sur la perte de trajectoire. Dans les sessions C=L+, une baisse significative de la perte de trajectoire a été constatée.

Conclusions

La luminothérapie associée à la caféine administrés à 1 h du matin réduise la déviation de trajectoire chez les individus volontaires en contexte de conduite de nuit simulée.

Études cliniques et articles scientifiques : Luminothérapie et travail de nuit ou travail en horaire décalés

Études sur la luminothérapie : Autres


 Les autres études cliniques et médicales sur la luminothérapie

L'influence de la photothérapie sur les patients en post-opératoire : une étude pilote


Sources et auteurs :
Influence of bright light therapy on postoperative patients: a pilot study.
School of Nursing Science, Meiji University of Oriental Medicine, Kyoto 629-0392, Japan.

Intensive Crit Care Nurs. 2007 Oct;23(5):289-97. Epub 2007 Aug 9.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17692522


Une étude pilote envisage les effets de la luminothérapie en contexte post-opératoire. Bien que réalisée auprès d’un échantillon limité d’individus (n=11), cette étude originale suggère un effet bénéfique de la luminothérapie sur le delirium postopératoire, qui certes demandera à être validé par une étude clinique de plus vaste ampleur.

 

Abstract de l’étude

L’influence de la photothérapie sur les patients en post-opératoire : une étude pilote

La photothérapie constitue une méthode pour maintenir ou restaurer le rythme circadian naturel en favorisant l’éveil dans la journée par l’utilisation d’une lumière de forte intensité. Le delirium postopératoire est l’une des complications que l’on peut rencontrer chez les patients recevant des soins post-opératoires en unites de soins intensifs (USI) mais jusqu’à présent aucune étude n’a étudié la pertinence de la luminothérapie pour prévenir le delirium post-opératoire. L’objectif de cette étude est d’évaluer si le rythme circadien des patients après chirurgie pour un cancer de l’oesophage peut être modulé et si la fréquence de crises délirantes peut être réduite par la luminothérapie. Les sujets étaient 11 patients opérés pour un cancer de l’oesophage à l’université d’Osaka. Une fois leur consentement éclairé obtenu, ils ont été répartis en un groupe étudié et un groupe contrôle par une méthode d’échantillonnage randomisé. Après que le tube endotrachéal a été retiré, les individus du groupe contrôle ont été exposés à la lumière. L’intensité de la lumière était d’emblée de 5 000 lux et la distance à la source lumineuse de 100 cm. Le groupe contrôle était placé dans un environnement lumineux naturel après l’opération. Dans les deux groupes, le rythme de l’activité physique et autonomique après l’opération étaient mesurés et le delirium, évalué. Une différence notable dans le score de delirium était observée dans le groupe contrôle et le groupe teste le matin du 3ème jour de luminothérapie d’après le Mann-Withney U-test. Les individus du groupe test pouvaient se mouvoir deux jours avant le groupe contrôle. La luminothérapie pourrait ainsi réduire le taux de crise délirante post-opératoire et permettre une récupération plus précoce de la fonction ambulatoire. Cependant notre étude a été réalisée sur un faible échantillon. Nous souhaitons augmenter la taille de notre échantillon en tenant compte des méthodes d’applications cliniques.

Le lien entre fatigue et exposition à la lumière en contexte de chimiothérapie


Sources et auteurs :
The relationship between fatigue and light exposure during chemotherapy.

Support Care Cancer. 2005 Dec;13(12):1010-7. Epub 2005 Apr 29.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1599705/

Auteurs :


Les comorbidités associées au cancer du sein sont nombreuses et parfois invalidantes. Cette étude sur les effets bénéfiques de la lumière sur la fatigue associée au cancer chez les patientes donne un peu d’espoir en proposant un protocole efficient, non invasif et reproductible, susceptible d’améliorer la qualité de vie des patients.

 

Abstract de l’étude

Le lien entre fatigue et exposition à la lumière en contexte de chimiothérapie

Contexte

La fatigue constitue l’une des plaintes les plus fréquentes et pesantes des patients atteints de cancer, pas seulement lors des chimiothérapies ou irradiations mais aussi des mois voire des années après le traitement. La fatigue s’immisce dans le quotidien des patients, altère la qualité de vie et constitue souvent l’une des principales raisons pour lesquelles les patients se montrent moins observants. Nous formulons l’hypothèse selon laquelle une partie de cette fatigue peut être liée à une altération des rythmes circadiens et une moindre exposition à la lumière. Le principal objectif de cette étude est d’évaluer l’association entre fatigue et exposition à la lumière parmi des patients atteints d’un cancer du sein.

Méthodes

En tant qu’extrait d’une étude prospective plus large sur la fatigue, le sommeil et les rythmes circadiens des patients atteints d’un cancer du sein, une analyse a porté sur 63 femmes diagnostiquées à un stage de cancer du sein de 1 à 3 et incluses pour recevoir 4 cycles de chimiothérapie adjuvante ou néo-adjuvante d’anthracycline. Les données ont été collectées avant et pendant les semaines 1, 2 et 3 des cycles 1 et 4. La fatigue a été évaluée en utilisant le Short Form of Multidimensional Fatigue Symptom Inventory. L’exposition à la lumière a été enregistrée à partir d’un actimètre porté au poignet.

Résultats

Une corrélation significative a pu être observée entre les niveaux de fatigue et l’exposition à la lumière (r=0.28-0.45) dans les cycles 1 et 4, telle que des taux plus élevés de fatigue étaient associés avec une moindre exposition à la lumière. Une corrélation significative a pu être observée également entre les changements dans l’exposition à la lumière et les changements en termes de fatigue durant les deux premières semaines des deux cycles (r=0.28-0.52).

Conclusions

Une fatigue accrue était significativement corrélée à une exposition à la lumière moins importante chez les patientes atteintes de cancer du sein. Bien que les causes et les effets de cette fatigue exacerbée et de l’exposition moindre à la lumière ne puissent être déterminés dans le cadre de cette étude, et qu’une faible exposition à la lumière puisse être liée en partie au fait que les patientes fatiguées passent moins de temps à l’extérieur à la lumière du jour d’autre part, deux hypothèses sont proposées à propos des mécanismes par lesquels la lumière pourrait diminuer la fatigue des personnes atteintes de cancer du sein. Ces résultats suggèrent un besoin d’études interventionnelles sur la luminothérapie en contexte de fatigue associée à un cancer du sein.

 

Informations sur les auteurs :
Department of Psychiatry, University of California San Diego, San Diego, CA, USA
Veterans Affairs San Diego Healthcare System, San Diego, CA, USA
UCSD Rebecca and John Moores Cancer Center, San Diego, CA, USA
Department of Medicine, University of California at San Diego, San Diego, CA, USA
Yakima Regional Cancer Care Center, Yakima, WA, USA
San Diego State University/UCSD Joint Doctoral Program in Clinical Psychology, San Diego, CA, USA
Department of Surgery, University of California at San Diego, San Diego, CA, USA
Department of Psychiatry 116A, VASDHS, 3350 La Jolla Village Drive, San Diego, CA 92161, USA

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