Méta-analyse : La luminothérapie serait aussi efficace que les antidépresseurs dans toutes les dépressions

Mise à jour de la page :

La luminothérapie, un antidépresseur naturel…

La luminothérapie est reconnue depuis de nombreuses années comme traitement de première intention dans le cadre de la dépression saisonnière et certains troubles du rythme circadien. Mais après une nouvelle méta-analyse, il semblerait que la thérapie naturelle par la lumière puisse être une option thérapeutique de premier choix dans toutes les dépressions.

« La luminothérapie aussi efficace que les antidépresseurs »


En effet, une méta-analyse parue en ligne le 18 septembre 2019 dans la revue Sleep Medicine Reviews et conduite par le psychiatre et médecin du sommeil Pierre Alexis Geoffroy (département de psychiatrie et addictologie Bichat-Beaujon, Paris), avec des collègues du CHU de Strasbourg, permettrait de mettre en avant la luminothérapie comme traitement de premier ordre pour toutes les dépressions. Dans ce travail, l’équipe française démontre que la luminothérapie s’avère aussi efficace que les antidépresseurs. Il est important de noter que la luminothérapie est un traitement naturel qui ne connait aucun effet indésirable.

« Luminothérapie et antidépresseurs : un duo gagnant ! »


De plus, cette méta-analyse mettrait en avant le fait que l’association luminothérapie et antidépresseur est plus efficace que la monothérapie.

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Méta-analyse

Études sur la luminothérapie : Troubles dépressifs et de l’humeur


Dépression saisonnière


Incidence de l’exposition à la lumière sur le comportement interpersonnel et sur l’affect des personnes à saisonnalité légère à modérée


Sources et auteurs :
The influence of light administration on interpersonal behavior and affect in people with mild to moderate seasonality.
Department of Psychiatry, McGill University, 1033 Pine Avenue West, Montreal, Quebec H3A 1A1, Canada.

15. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 2013 Sep 14;48C:92-101. doi: 10.1016/j.pnpbp.2013.09.004.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24044973


 

Abstract de l’étude

L’incidence de l’exposition à la lumière sur le comportement interpersonnel et sur l’affect des personnes à saisonnalité légère à modérée

La lumière de forte intensité est utilisée pour traiter la dépression hivernale et pourrait avoir également des effets bénéfiques sur l’humeur chez les personnes saines. Cependant on n’en sait peu sur la façon dont la lumière influence les comportements sociaux des individus. Nous avons réalisé une étude transversale en hiver comparant les effets d’une exposition à la lumière le matin et un placebo (exposition à des ions négatifs) sur l’humeur et la sociabilité de 38 individus sains avec une légère sensibilité liée aux saisons. Chacun des traitements a été administré sur une durée de 21 jours avec une période de transition de 14 jours entre les traitements. Une échelle d’évaluation a été utilisée pour mesurer l’humeur et la sociabilité selon deux axes, agréable-belliqueux et impérieux-soumis, pendant les 21 jours du traitement. Pendant les traitements, les participants portaient un détecteur de lumière et un accéléromètre pour tester cette méthode d’auto-administration de lumière à domicile. Les données ont été analysées en utilisant une modélisation à plusieurs niveaux. La lumière tendait à améliorer l’humeur mais favorisait un comportement belliqueux tandis qu’il réduisait la soumission. Les données issues du détecteur de lumière et de l’accéléromètre suggéraient que 21 % des participants n’avaient pas observé le traitement correctement et si on isolait les données s’y rapportant, aucun changement n’était observé en termes d’humeur ou d’intention belliqueuse. Cependant les individus ayant suivi la procédure donnaient des résultats similaires à ceux de l’échantillon total.

Diagnostic, symptomatologie et épidémiologie du trouble affectif saisonnier


Sources et auteurs :
The diagnosis, symptomatology, and epidemiology of seasonal affective disorder.
Department of Psychiatry, Aker University Hospital, Oslo, Norway.

CNS Spectr. 2005 Aug;10(8):625-34; quiz 1-14.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16041294


Cette étude de 2005 propose une relecture du TAS 20 ans après sa découverte, à partir des données plus récentes de la littérature notamment en termes de symptomatologie clinique.

 

Abstract de l’étude

Diagnostic, symptomatologie et épidémiologie du trouble affectif saisonnier

La critériologie opérationnelle du trouble affectif saisonnier (TAS) a connu plusieurs évolutions depuis 1984. Le TAS est souvent perçu comme une sous-espèce du trouble dépressif majeur bipolaire ou récurrent selon la classification du DSM-IV. La Classification internationale des maladies (10e édition) fournit des critères diagnostiques pour le TAS. La qualité la plus caractéristique du TAS est la survenue des symptômes pendant l’hiver et la rémission observée au printemps. Plus encore, les symptômes tendent à décliner lorsque le patient est exposé à la lumière ou à la luminothérapie. Les symptômes cognitifs et émotionnels sont comme dans les autres types de dépressions mais les symptômes végétatifs sont l’inverse des symptômes dépressifs végétatifs classiques, à savoir un appétit plus important et un sommeil plus important. Le TAS est un trouble fréquent mais sa prévalence varie selon différentes études et selon les pays et se voient plus souvent chez les femmes et chez les jeunes. Le TAS apparaît vraisemblablement chez les enfants bien que moins souvent que chez les jeunes adultes. Quelques études ont mis en évidence que certains groupes ethniques vivant dans les latitudes nord-est ont pu s’adapter au long hiver arctique.

Le trouble affectif saisonnier : description d’un syndrome et premiers résultats de la luminothérapie


Sources et auteurs :
Seasonal affective disorder. A description of the syndrome and preliminary findings with light therapy.

Arch Gen Psychiatry. 1984 Jan;41(1):72-80.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6581756


Le profil clinique de 29 patients souffrant de trouble affectif saisonnier (TAS). Trouble bipolaire, prévalence d’une hypersomnie, latence d’endormissement plus longue et phase de sommeil paradoxal moins importante, mises en évidence par des enregistrements de sommeil, faim compulsive et consommation excessive de sucres, sensibilité au climat et à l’altitude, semblent caractériser ces patients dont une exposition plus longue à la lumière semble a priori, produire des effets antidépresseurs. Ces données liminaires, bien qu’elles demandaient à être confirmées par des études portant sur un nombre plus important d’individus, soulignaient déjà le rôle de la lumière dans la réduction des symptômes dépressifs.

 

Abstract de l’étude

Le trouble affectif saisonnier : description d’un syndrome et premiers résultats de la luminothérapie

Le trouble affectif saisonnier est un syndrome caractérisé par des épisodes de dépression récurrents survenant tous les ans à la même époque de l’année. Nous avons entrepris l’étude de 29 patients porteurs d’un TAS. La plupart d’entre eux souffraient d’un trouble bipolaire associé, de type II le plus souvent, et leurs épisodes dépressifs étaient généralement caractérisés par une hypersomnie, un appétit compulsif, une envie forte de sucre et semblaient liés au climat et à l’altitude. Des enregistrements de sommeil chez 9 patients confirmèrent la présence d’une hypersomnie et indiquèrent une latence d’endormissement plus importante et une réduction du sommeil à ondes lentes. Des études préliminaires suggéraient quant à elles, un effet antidépresseur de l’extension de la photopériode chez 11 patients grâce à un dispositif de lumière artificielle.

La lumière enrichie en bleu VS lumière blanche dans le traitement du trouble affectif saisonnier


Sources et auteurs :
The effects of blue-enriched light treatment compared to standard light treatment in Seasonal Affective Disorder.
Department of Psychiatry, University Medical Center Groningen, The Netherlands.

J Affect Disord. 2012 Jan;136(1-2):72-80. doi: 10.1016/j.jad.2011.08.016.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21911257


Si une exposition à la lumière n’est pas plus efficace sur le TAS (Trouble Affectif Saisonnier) que la lumière blanche. En revanche, la possibilité de moduler la durée d’exposition et l’intensité peuvent constituer des critères pour l’amélioration de l’observance des traitements du TAS.

 

Abstract de l’étude

La Lumière enrichie en bleu comparée à la lumière blanche dans le traitement du trouble affectif saisonnier

Contexte

L’une des hypothèses les plus communément invoquées à propos de la physiopathologie entourant le trouble affectif saisonnier (TAS) est un dérèglement des rythmes circadiens. Il est admis que le système circadien de même que d’autres fonctions non visuelles sont influencés par la lumière bleue. Aussi un nouveau dispositif de photothérapie constitué de lumière bleue enrichie de lumière polychromatique a été testé pour son efficacité sur le TAS.

Méthode

En un hiver, 52 personnes ont été traitées selon l’un de ces trois protocoles : 30 minutes d’exposition à un spectre lumineux complet (9 000 lux, 5 000 K), 30 minutes de lumière enrichie de bleu (9 000 lux, 17 000 K) ou 20 minutes de lumière enrichie de bleu. L’étude a duré 22 jours avec 10 jours de traitement de lumière le matin les jours de semaine pendant les deux premières semaines.

Résultats

Les symptômes dépressifs ont diminué au bout de 3 semaines sans différence significative entre les 3 protocoles. Le pourcentage d’observance du traitement était important, différant respectivement de 75 % pour la photothérapie standard, 59 % pour les 30 minutes de lumière enrichie en bleu et 71 % pour les 20 minutes de lumière enrichie en bleu.

Conclusions

Le bénéfice non manifeste de la lumière bleue de forte intensité au regard de la photothérapie standard ne vient pas supporter l’hypothèse d’un rôle du système circadien dans la physiopathologie du TAS. L’absence de différence entre les réponses au traitement en fonction des protocoles peut être perçue également comme le résultat d’une réponse saturée suite aux fortes intensités utilisées ici. Des études récentes ont montré qu’une lumière enrichie en bleu de faible intensité pourrait s’avérer aussi efficace qu’une photothérapie standard. Or la possibilité de modifier les dispositifs de traitement des patients porteurs d’un TAS en prescrivant une exposition à la lumière de plus faible intensité ou de durée plus courte pourrait optimiser l’observance des traitements et permettre de clarifier le rôle du système circadien et/ou des photorécepteurs non visuels sur la physiopathologie du TAS.

Les effets de la lumière verte ou de la lumière blanche dans le traitement de la dépression saisonnière


Sources et auteurs :
Effects of green or white light for treatment of seasonal depression.
Light Therapy Clinic Jefferson Medical College, Philadelphia, PA 19107.

Psychiatry Res. 1991 Sep;38(3):261-70.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1754638


Quelles sont les couleurs qui doivent composer la longueur d’onde la plus efficace pour le traitement de la dépression hivernale ? Si la lumière blanche apparaît comme la plus performante pour réduire les symptômes endogènes de la dépression, c’est moins vrai en ce qui concerne les symptômes plus atypiques, fréquents dans ce type de dépression bien spécifique. C’est ce que suggère une étude préliminaire parue dans la revue Psychiatric Research menée par une équipe américaine.

 

Abstract de l’étude

Les effets de la lumière verte ou de la lumière blanche dans le traitement de la dépression saisonnière

Douze sujets porteurs d’une dépression hivernale ont été traités avec une quantité égale de lumière verte ou de lumière blanche lors d’une étude transversale randomisée. Le traitement consistait en une exposition de deux heures chaque matin pendant une semaine avec au moins une semaine d’interruption du traitement. Les mesures, sans connaissance des protocoles d’exposition (lumière verte vs lumière blanche), ont été effectuées avant et après ces derniers. Les deux traitements réduisirent significativement les niveaux de dépression. La lumière blanche était significativement plus efficace que la lumière verte sur la réduction des symptômes endogènes mais pas sur la réduction des symptômes atypiques fréquents dans le cadre d’une dépression hivernale. Plus encore, des séquences de ces différents traitements influaient sur les réponses antidépressives. De larges faisceaux de lumière blanche pourraient être optimaux pour maximiser la réponse thérapeutique.

Plus d’une personne sur dix présente des symptômes de troubles affectifs saisonniers


Sources et auteurs :
More than every tenth person have symptoms of seasonal affective disorder.
Psykiatrisk Center København, Afdeling O, Rigshospitalet, Edel Sauntés Alle 10, 2100 København Ø, Denmark.

Ugeskrift for Laeger. 2011 Nov 21;173(47):3013-6.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22118583


Avec une forte prévalence dans les pays scandinaves, le TAS constitue une préoccupation de santé publique. Parce qu’elle se présente comme un traitement non invasif aux effets indésirables limités, la luminothérapie figure parmi les stratégies de prise en charge en première intention.

 

Abstract de l’étude

Plus d’une personne sur dix présente des symptômes de troubles affectifs saisonniers

Le trouble affectif saisonnier (TAS) se présente comme un syndrome combinant des symptômes dépressifs classiques tels une énergie, une humeur et un sens de l’initiative amoindris, associés à des symptômes atypiques comme une augmentation de l’appétit, une prise de poids et un allongement de la durée du sommeil. Les symptômes sont récurrents chaque hiver et disparaissent à nouveau au printemps ou à l’arrivée de l’été. La prévalence du TAS est de l’ordre de 1 % à 10 % dans les populations scandinaves. Une exposition plus réduite à la lumière et des troubles de la sécrétion sérotonergique et mélatonergiques sont considérés comme des facteurs pathogènes. Un traitement par luminothérapie produit des résultats convaincants sur ces symptômes avec des effets indésirables quasi inexistants, demeurant le traitement de première intention au même titre que les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine.

Les effets des rayons à spectre UV-A sur la dépression saisonnière


Sources et auteurs :
The effects of ultraviolet-A wavelengths in light therapy for seasonal depression.
Department of Psychiatry, University of British Columbia (UBC), Canada.

J Affect Disord. 1992 Apr;24(4):237-43.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1578079


Quelles sont l’intensité lumineuse et la longueur d’onde recommandées pour que les effets antidépresseurs d’un traitement par photothérapie puissent être observés ? Les rayons à spectre UV-A ont-ils un impact positif ? C’est l’objet d’une étude parue dans le Journal of Affective Disorders qui entend préciser les conditions sous lesquelles les effets thérapeutiques de la lumière doivent être envisagés.

 

Abstract de l’étude

Les effets des rayons à spectre UV-A sur la dépression saisonnière

Bien que la luminothérapie soit reconnue comme un traitement efficace pour soigner une dépression saisonnière (SAS), la littérature donne assez peu d’éléments quant au seuil critique de longueurs d’onde lumineuses produisant cet effet antidépresseur. Des travaux ont mis en évidence des résultats discordants quant à l’importance du spectre UV dans l’effet thérapeutique de la luminothérapie. Afin d’évaluer l’effet clinique d’une longueur d’onde à UV-A (315-400 nm), nous avons étudié un échantillon de 33 patients porteurs d’un SAS diagnostiqués selon les critères du DSMIII-R. En optant pour une base sur une semaine, les patients ont été exposés 2 semaines à 2500 lux chaque jour pendant 2 heures entre 6 et 8 heures du matin. Le dispositif de luminothérapie comprenait une lumière blanche froide fluorescente et d’un tube fluorescent spécifique constitué d’UV-A. Les patients portaient tous des lunettes pendant l’exposition qui bloquaient ou laissaient passer les UV-A en dessous de 400 nm. Les deux protocoles diminuèrent significativement les symptômes du SAS mais sans qu’il y ait de différences notables entre l’exposition avec ou sans UV-A. Nous avons conclu que le spectre UV-A n’augmente pas en lui-même les effets antidépresseurs de la luminothérapie. Compte tenu des effets secondaires d’une exposition aux UV, les applications en clinique de la luminothérapie devraient utiliser des dispositifs filtrant le spectre UV.

Traitement de la dépression hivernale à l’aide d’un dispositif mobile attaché à la tête


Sources et auteurs :
Treatment of winter depression with a portable, head-mounted phototherapy device.
Department of Neurology, Jefferson Medical College, Philadelphia, PA.

Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 1990;14(4):569-78.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2236584


L’efficacité d’un nouveau dispositif de luminothérapie, sous la forme d’un casque, a été mise à l’épreuve et comparée à celle du dispositif classique dans une étude randomisée afin d’évaluer la pertinence d’une recherche d’ergonomie en plus des performances thérapeutiques requises. Or, à effets sensiblement similaires observés entre les deux dispositifs, les patients ont témoigné leur préférence pour le dispositif porté sur la tête, du fait de sa plus grande maniabilité.

 

Abstract de l’étude

Traitement de la dépression hivernale à l’aide d’un dispositif de luminothérapie mobile attaché à la tête

Un dispositif mobile, attaché à la tête a été développé en tant que dispositif de luminothérapie. Un protocole randomisé transversal a été utilisé pour tester l’efficacité thérapeutique de ce dispositif comparé à un dispositif classique de luminothérapie dans le traitement de la dépression hivernale.

Les résultats :

  1. Les symptômes dépressifs ont été réduits par les deux types de dispositifs.
  2. L’efficacité thérapeutique des deux dispositifs n’était pas significativement différente.
  3. Le dispositif mobile était évalué par les patients comme résolument plus pratique comparé au dispositif classique, résultats qui pourraient s’avérer important dans un souci d’ d’observance des traitements.

Dépression non saisonnière


Des effets de la luminothérapie sur le trouble du spectre de la dépression non saisonnière bipolaire et unipolaire


Sources et auteurs :
Effects of phototherapy on non-seasonal unipolar and bipolar depressive spectrum disorders.
Anxiety and Depression Clinic, New York Hospital-Cornell Medical Center, White Plains, NY 10605.

J Affect Disord. 1991 Dec;23(4):231-7.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1791269


La lumière constituerait un traitement bénéfique dans la prise en charge de la dépression non saisonnière chez les patients bipolaires. C’est ce que tend à montrer une étude réalisée sur un groupe de 17 patients exposés à 400 ou 2 500 lux, pendant sept jours consécutifs. Au regard des patients non bipolaires, et manifestement indépendamment de l’intensité lumineuse, les patients bipolaires présenteraient une meilleure réponse au traitement.

 

Abstract de l’étude

Les effets de la luminothérapie sur le trouble du spectre de la dépression non saisonnière bipolaire et unipolaire

Dans un groupe de 17 patients atteints de troubles dépressifs non saisonniers, nous avons comparé la réponse à un traitement par luminothérapie chez des patients bipolaires et non bipolaires. L’hypothèse principale était que les patients bipolaires répondraient plus significativement à la luminothérapie que les patients unipolaires. Tous les patients ont été traités entre 400 et 2 500 lux de luminothérapie pendant 2 heures 7 jours consécutifs. Tous les résultats obtenus sur plusieurs échelles d’évaluation comme le SIGH-SAD, CGI, les facteurs anxieux et dépressifs du SCL-90 ont montré des résultats significatifs chez les bipolaires au regard des unipolaires, et ceci quelle que soit l’intensité de la lumière. Ces données ont été jugées remarquables cliniquement. Tous les patients ayant répondu positivement au traitement répondaient aussi positivement après 3 mois.

Des effets indésirables de la photothérapie dans le traitement du trouble affectif non saisonnier


Sources et auteurs :
Side-effects of phototherapy in nonseasonal depressive disorder.
Department of Psychiatry, Free University of Berlin, Germany.

Pharmacopsychiatry. 1991 Jul;24(4):141-3.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/1754611


Une étude parue dans la revue Pharmacopsychiatry vient comparer la nature des effets non souhaités d’un traitement par luminothérapie au regard d’une exposition à une lumière de faible intensité chez des patients atteints d’un trouble dépressif non saisonnier. Dans ce contexte, 42 patients ont été soumis pendant sept jours à 2 500 lux de lumière blanche versus 50 lux de lumière rouge sans qu’une différence puisse être établie entre leurs effets non souhaités respectifs. La durée du protocole, très courte, doit cependant être considérée avant toute affirmation de nature conclusive.

 

Abstract de l’étude

Les effets indésirables de la photothérapie dans le traitement du trouble affectif non saisonnier

Les données issues de la Berlin light therapy study ont été réinvesties de façon systématique pour envisager les effets indésirables de la luminothérapie tels qu’ils sont décrits dans la littérature. 42 patients atteints d’un trouble dépressif majeur qui répondaient également aux critères de l’ICD-9 ont été inclus. Les patients ont reçu un traitement par lumière blanche (2 500 lux) ou un traitement par lumière rouge (50 lux) de 7:20 à 9:20 du matin, chaque matin sur une période de 7 jours. L’étude n’a relevé aucune différence entre les deux traitements en termes d’effets indésirables. Ces résultats sont discutés au regard des conditions différentes des traitements.

Effets de la lumière blanche de forte intensité sur la dépression non saisonnière. Données préliminaires


Sources et auteurs :
Effect of bright white light therapy on non-seasonal depressive disorder. Preliminary results.
Department of Psychiatry, Free University of Berlin, Germany.

J Affect Disord. 1990 May;19(1):15-21.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2140842


Trente patients atteints d’un trouble affectif non-saisonnier, répartis en deux groupes, ont été exposés à 2 500 lux ou 50 lux, tous les matins, pendant deux heures et durant sept jours. Une amélioration significative de la symptomatologie dépressive a pu être observée de manière similaire dans les deux groupes de patients (50 et 2 500 lux). Compte tenu de la courte durée de la période de traitement (7 jours), cette absence de différence en termes d’efficacité cliniques des traitements pourrait être expliquée en partie par un effet placebo.

 

Abstract de l’étude

Effets de la lumière blanche de forte intensité sur la dépression non saisonnière. Données préliminaires.

Dans cette étude, les effets d’une exposition à la lumière blanche (2 500 lux) et d’une exposition à une lumière de faible intensité (50 lux) ont été évalués auprès de 30 patients atteints de troubles dépressifs majeurs non saisonniers soumis de façon randomisée à l’un ou l’autre protocole. Les patients répondaient aux critères du RDC et les critères de l’ICD-9 (296.1 et 296.3) pour le trouble dépressif majeur. Pendant une période de 7 jours, les patients ont été exposés à la lumière blanche ou à une lumière de faible intensité, de 7 h à 9 h chaque jour. La sévérité de la dépression a été évaluée avec les échelles observationnelles (Hamilton – système AMDP, CGI) et à partir d’une auto-évaluation (échelle de dépression et critères de von Zerssen). Aucune différence n’a été relevée entre une exposition à de la lumière de forte intensité et de la lumière à faible intensité hormis une réduction significative des symptômes dépressifs chez tous les patients durant l’étude. Ces résultats sont discutés d’un point de vue clinique.

L’avance de phase dans son corrélat actimétrique de réponse antidépressive à la privation de sommeil et luminothérapie dans la dépression bipolaire


Sources et auteurs :
Phase advance is an actimetric correlate of antidepressant response to sleep deprivation and light therapy in bipolar depression.
Department of Neuropsychiatric Sciences, Scientific Institute, University Vita-Salute San Raffaele, Milano, Italy.

Chronobiol Int. 2007;24(5):921-37.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17994346


Pour la première fois, une étude met en évidence le pendant biologique de la réponse antidépressive des patients atteints de troubles bipolaires à un traitement combiné de privation totale de sommeil et d’exposition matinale à une lumière de forte intensité.

 

Abstract de l’étude

Réponse antidépressive des patients atteints de troubles bipolaires à un traitement combiné de privation de sommeil et luminothérapie

La combinaison entre privation totale de sommeil (PTS) et luminothérapie dans la dépression bipolaire entraine des effets antidépresseurs rapides et l’on associe ce mécanisme d’action à une amélioration de tous les systèmes monoaminergiques ciblés par les médicaments antidépresseurs (sérotonine, dopamine, norépinéphrine). On ne savait pas en revanche jusqu’ici, si les effets cliniques observés par ce traitement trouvent leur corrélat dans des modifications au niveau des rythmes biologiques. Dans une étude avant/après des corrélats biologiques de cette réponse antidépressive, 39 patients porteurs d’un trouble bipolaire de type 1 dont les manifestations dépressives n’étaient pas associés à des caractéristiques psychotiques, ont été traités pendant 1 semaine à partir de PTS répétée associée à une luminothérapie matinale. Des mesures actigraphiques ont été réalisées pendant l’étude. Deux tiers des patients répondaient positivement au traitement (50 % de réduction des scores sur l’échelle d’Hamilton). Les patients compliants présentaient une augmentation de leur activité diurne, une avance de phase de l’activité/repos de l’ordre de 57 minutes comparée aux données de base pré-traitement et une durée de sommeil plus courte la nuit. Les patients qui ne répondaient pas au traitement ne présentaient aucun changement significatifs au niveau des paramètres de rythmicité de leur activité de repos. L’avance de phase de l’activité de repos est un corrélat actimétrique de la réponse antidépressive à la PTS et à la luminothérapie. Ces résultats sont en accord avec les effets connus des interventions sur l’alternance veille-sommeil et la fonction de neurotransmetteur sur le noyau suprachiasmatique.

Les effets d’une thérapie combinée associant privation de sommeil, avance de phase et luminothérapie sur les troubles de l’humeur résistants


Sources et auteurs :
Total sleep deprivation followed by sleep phase advance and bright light therapy in drug-resistant mood disorders.
Department of Neuropsychiatry, Bioregulatory Medicine, Akita University Graduate School of Medicine, 1-1-1, Hondo, Akita-City 010-8543, Japan.

J Affect Disord. 2013 Jan 10;144(1-2):28-33. doi: 10.1016/j.jad.2012.06.022.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22835846


Avec une observance inédite et des effets sensibles, la privation de sommeil (PS) combinée à la luminothérapie s’est imposée comme une stratégie efficace dans le cadre d’un essai préliminaire visant à évaluer PS, avance de phase et luminothérapie combinées sur les formes de dépression résistantes aux traitements chimiques.

 

Abstract de l’étude

Les effets d’une thérapie combinée associant privation de sommeil, avance de phase et luminothérapie sur les troubles de l’humeur résistants

Contexte

Les formes de dépression résistantes aux traitements médicamenteux constituent un enjeu thérapeutique important pour la psychiatrie et le développement de traitements non invasifs, une priorité. La privation de sommeil (PS) est un traitement non médicamenteux désigné comme une forme de chronothérapie associé à la photothérapie et l’avance de phase. La chronothérapie combinée est supposée améliorer les formes de dépression résistantes aux traitements médicamenteux. Dans cette étude, nous avons évalué le bénéfice de la privation de sommeil totale associée à la photothérapie et à l’avance de phase dans la dépression résistante au traitement, au regard du traitement médicamenteux classique, et observé l’efficacité complémentaire de la chronothérapie combinée.

Méthode

Des améliorations significatives des symptômes dépressifs ont été observées aussi bien dans les résultats des échelles d’évaluation objectives que subjectives. 8 des 13 patients ont maintenu cette réponse positive pendant la durée de l’étude. Plus encore, aucun patient n’a abandonné le protocole de chronothérapie combinée.

Résultats

Les symptômes dépressifs ont diminué au bout de 3 semaines sans différence significative entre les 3 protocoles. Le pourcentage d’observance du traitement était important, différant respectivement de 75 % pour la photothérapie standard, 59 % pour les 30 minutes de lumière enrichie en bleu et 71 % pour les 20 minutes de lumière enrichie en bleu.

Limites

Cette étude n’a pas inclus de contrôle placebo.

Conclusions

L’essai de chronothérapie combinée a montré des résultats significatifs sur la dépression résistante aux traitements médicamenteux, sans effets secondaires significatifs ni de rechutes.

Rythmes circadiens et gènes horloge dans les troubles psychotiques


Sources et auteurs :
Circadian rhythms and clock genes in psychotic disorders.
Centre for Study and Treatment of Circadian Rhythms, Douglas Mental Health University Institute, Faculty of Medicine, McGill University, Montreal, QC, Canada.

Isr J Psychiatry Relat Sci. 2010;47(1):27-35.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20686197


L’équipe de Diane Boivin propose une mise au point à propos des promesses des thérapies fondées sur l’approche circadienne en psychiatrie. Les recherches actuelles sont en effet très favorables à l’étiologie génétique de la sensibilité du système circadien et de son incidence sur l’humeur.

 

Abstract de l’étude

Rythmes circadiens et gènes horloge dans les troubles psychotiques

Plusieurs données convergentes suggèrent qu’une altération du système circadien contribue à l’étiologie et à la symptomatologie de troubles psychiatriques majeurs. Les troubles du sommeil, et en particulier le sommeil paradoxal a été observé chez les patients atteints de troubles affectifs bipolaires (TAB) et de schizophrénie. Les thérapies en vigueur cherchent à modifier la durée de sommeil pour réaligner les rythmes circadiens. Les approches comprenant l’agenda de sommeil, l’extension de l’éveil, la luminothérapie et les thérapies médicamenteuses qui modifient le sommeil et les rythmes semblent bénéfiques aux troubles affectifs. Les études interventionnelles prétendant réguler le sommeil et les troubles des rythmes circadiens en contexte schizophrénique sont rares bien que l’administration de mélatonine montre des effets positifs sur la structure du sommeil et les symptômes psychotiques. L’étude des mécanismes de l’horloge moléculaire dans les troubles psychiatriques suscite également l’intérêt. Des études génétiques ont trouvé des associations des gènes comme CLOCK, PERIOD1, PERIOD2 et TIMELESS dans la schizophrénie. La plupart des recherches sur le trouble affectif bipolaire se sont intéressées sur les polymorphismes des gènes CLOCK mais la cible du lithium GSK63 pourrait s’avérer déterminante également. De nouvelles recherches examinant le rôle des rythmes circadiens et des gènes horloge dans les maladies mentales majeures sont sur le point de révéler des avancées rapides dans les thérapies basées sur le système circadien.

La lumière au chevet des troubles sévères de l’humeur


Sources et auteurs :
Severe mood dysregulation: in the “light” of circadian functioning.
Ruhr-University Bochum, LWL-University Hospital Hamm for Child and Adolescent Psychiatry, Heithofer Allee 64, D-59071 Hamm, Germany.

Med Hypotheses. 2011 Oct;77(4):692-5. doi: 10.1016/j.mehy.2011.07.019.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21831530


Médical Hypotheses, journal audacieux et parfois visionnaire fait la part belle à la photothérapie allant jusqu’à y trouver un traitement efficace pour l’amélioration globale du fonctionnement circadien et partant des troubles affectifs parfois associés à ce dérèglement chez l’adolescent.

 

Abstract de l’étude

La lumière au chevet des troubles sévères de l’humeur chez l'adolescent

Un dérèglement affectif et comportemental, identifié en tant que perturbations de l’humeur constitue un phénomène largement partagé chez les patients adolescents porteurs de maladies psychiatriques. Ce phénotype entraîne des dysfonctionnements sous de nombreux aspects, incluant des symptômes variés tels la colère non épisodique et l’instabilité de l’humeur. Plus encore, les patients souffrant de perturbations de l’humeur, présentent souvent des signes de dépression et un besoin réduit de sommeil. Malgré une prévalence de 3,3 % sur la totalité d’une vie, peu d’études systématiques se sont intéressées à ces questions et les traitements considérés n’ont pas d’efficacité sur les symptômes caractérisant les perturbations de l’humeur. Si l’on s’en tient aux désordres circadiens, deux hormones jouent un rôle essentiel : la mélatonine et le cortisol. Lorsque ces hormones sont mal régulées, le rythme circadien s’en voit désynchronisé. Dès lors que des évidences montrent que plus le rythme veille-sommeil est déréglé plus les symptômes psychiatriques sont prégnants, l’importance d’un fonctionnement optimal du rythme circadien devient claire. La chronothérapie, en tant qu’exposition contrôlée à un stimulus environnemental (i.e. la lumière) a montré des effets thérapeutiques significatifs. Aussi bien dans un contexte de dépression saisonnière ou de dépression majeure, la chronothérapie a été utilisée, améliorant les symptômes dépressifs et stabilisant les rythmes circadiens. Des preuves préliminaires sur des pathologies liées aux perturbations de l’humeur, comme le déficit de l’attention avec hyperactivité, indiquent que la photothérapie matinale exerce de ce fait une influence positive sur d’autres symptômes. De plus, la photothérapie ne serait pas efficace que pour les symptômes dépressifs et les rythmes circadiens mais elle pourrait être également un traitement adjuvant utile améliorant le fonctionnement affectif et circadien à impact positif sur le comportement. Physiologiquement, des modifications des niveaux de cortisol et de mélatonine sont attendues.

Approches chronothérapeutiques pour le traitement de la dépression de l’enfant et de l’adolescent


Sources et auteurs :
Chronotherapeutic treatments for depression in youth.
Ruhr-University Bochum, LWL-University Hospital for Child and Adolescent Psychiatry, Heithofer Allee 64, 59071, Hamm, Germany.

Eur Child Adolesc Psychiatry. 2015 May 17. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25982568


Efficace chez l’adulte, la luminothérapie apparaît comme une approche chronothérapeutique adjuvante à privilégier en contexte de dépression associée à des troubles du sommeil chez l’enfant et l’adolescent.

 

Abstract de l’étude

Approches chronothérapeutiques pour le traitement de la dépression de l’enfant et de l’adolescent

Les approches chronothérapeutiques comme la thérapie de l’éveil et la luminothérapie sont perçues comme des approches légitimes pour traiter les adultes souffrant de troubles dépressifs et sont connues pour être bénéfiques à la régulation du sommeil. Cependant, peu d’études concernant les approches chronothérapeutiques en contexte de dépression chez les enfants et adolescents sont aujourd’hui disponibles bien que les traitements en vigueur soient jugés insuffisants et que cette pathologie s’accompagne le plus souvent de troubles du sommeil. Dans cette étude, nous évaluons l’effet de deux types d’approches chronothérapeutiques sur les symptômes dépressifs et le comportement de sommeil auprès de jeunes patients. De jeunes adolescents (n=62) souffrant de troubles dépressifs modérés à sévères ont participé soit à un protocole combiné consistant en une nuit de thérapie de l’éveil suivie de deux semaines de luminothérapie, ou bien un protocole de deux semaines de luminothérapie. Les symptômes dépressifs, la psychopathologie générale, le comportement de sommeil étaient évalués avant (T1), directement après (T2) et deux semaines après l’intervention (T3). Les symptômes dépressifs diminuaient tandis que la qualité du sommeil s’améliorait dans les deux groupes. Le groupe de luminothérapie seule présentait davantage d’améliorations à T3 en termes de symptômes dépressifs. Les analyses de corrélation indiquaient une corrélation négative significative entre la qualité de sommeil et le réveil après un sommeil compensateur avec les symptômes dépressifs. Cependant, seul le réveil après un sommeil compensateur présentait un impact prédictif sur les résultats du traitement. La présente étude apporte des éléments en faveur d’un impact positif des approches chronothérapeutiques pour traiter la dépression des enfants et adolescents. La luminothérapie semble stabiliser et réduire les symptômes dépressifs sur la durée, tandis que la thérapie de l’éveil semble sans effet à long terme sur les paramètres du sommeil et les symptômes dépressifs.

Chronothérapeutique anti-dépressive chez un groupe de patients en ambulatoire non médicamentés


Sources et auteurs :
Antidepressant chronotherapeutics in a group of drug free outpatients.
Department of Neuropsychiatric Sciences, Scientific Institute and University Vita-Salute San Raffaele, Milan, Italy et Psychologische Hulpverlening Haastrecht, Oudewater, The Netherlands.

Psychiatry Res. 2016 Jul 30;241:118-21. doi: 10.1016/j.psychres.2016.04.104. Epub 2016 Apr 30.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27173655


Moins invasives que les traitements médicamenteux souvent lourds et aux effets indésirables fréquents, un traitement combiné de privation de sommeil et luminothérapie pourrait s’imposer comme une approche incontournable en contexte de dépressions majeures, dans la prise en charge en ambulatoire.

 

Abstract de l’étude

Chronothérapeutique anti-dépressive chez un groupe de patients en ambulatoire non médicamentés

La combinaison entre la privation totale de sommeil (PTS) et la luminothérapie (LT) a été évaluée comme capable de prévenir les rechutes précoces caractéristiques de la réponse à la PTS. Malgré leur efficacité prouvée, PTS et LT sont encore loin d’être considérées comme les thérapies standards dans les unités de prise en charge et aucune étude n’a prouvé leur efficacité en ambulatoire. Nous avons étudié 27 patients non traités par des médicaments et souffrant de dépression majeure, divisés en 7 groupes selon la date de leur privation de sommeil. Les patients ont subi une nuit de privation de sommeil et reçu un traitement par LT durant plusieurs matins consécutifs, suivant un algorithme prédictif basé sur les scores du Morningness-Eveningness Questionnaire. La sévérité de la dépression était évaluée par la Back Depression Inventory Scale (BDI) avant traitement, une semaine après la fin du traitement et enfin, trois mois après la fin du traitement. Les scores du BDI diminuaient significativement pendant le traitement sans qu’une différence ait été constatée entre les 7 groupes de patients consécutivement traités. Ces différences significatives de scores de BDI ont été confirmées entre l’avant traitement et une semaine et 3 mois après la fin du traitement. PTS et LT produisaient une amélioration significative des symptômes dépressifs en ambulatoire. Des effets similaires ont été observés dans 7 groupes indépendants, suggérant la réplication de ces résultats. La chronothérapie confirme ici son efficacité dans le traitement de la dépression majeure.

Chronothérapie à effet antidépresseur en contexte de dépression bipolaire


Sources et auteurs :
Antidepressant chronotherapeutics for bipolar depression.
Department of Clinical Neurosciences, Scientific Institute and University Vita-Salute San Raffaele, Milan, Italy.

Dialogues Clin Neurosci. 2012 Dec; 14(4): 401–411.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3553570/


Fabrizio Benedetti, professeur de physiologie et de neurosciences renommé, spécialiste notamment des troubles bipolaires, propose dans cet article une réhabilitation sans concession de la chronothérapie en psychiatrie.

 

Abstract de l’étude

Chronothérapie à effet antidépresseur en contexte de dépression bipolaire

La chronothérapie fait référence aux traitements basés sur le principe de l’organisation des rythmes circadiens, et la physiologie du sommeil qui contrôlent l’exposition à des stimuli extérieurs affectant les rythmes biologiques, dans la perspective d’engendrer des effets thérapeutiques pour le traitement des troubles psychiatriques. Cela comprend la manipulation des cycles veille-sommeil comme la privation de sommeil, l’avance de phase et une exposition contrôlée à la lumière et à l’obscurité. Les effets antidépresseurs de la chronothérapie sont évidents dans des contextes difficiles comme la dépression bipolaire pour laquelle les traitements médicamenteux présentent un taux de réussite très faible tandis que la chronothérapie agit comme antidépresseur chez plus de la moitié des patients. Des avancées dans l’étude des effets de la chronothérapie sur le système neurotransmetteur et sur l’horloge biologique, nous autorisent à valoriser ses mécanismes d’action et à le promouvoir d’un traitement négligé à un outil pratique efficace en psychiatrie.

De l’utilisation de la photothérapie et photo-chromothérapie dans un traitement combiné pour des patients présentant un syndrome dépressif asthénique et des troubles névrotiques


Sources et auteurs :
The use of phototherapy and photochromotherapy in the combined treatment of the patients presenting with astheno-depressive syndrome and neurotic disorders.
[Article in Russian].

Vopr Kurortol Fizioter Lech Fiz Kult. 2012 Jan-Feb;(1):3-6.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22693734


Efficace dans le traitement du syndrome d’asthénie, la photothérapie s’impose, dans le cadre de cette étude préliminaire, comme un traitement à privilégier au regard des traitements pharmacologiques classiques. Une lumière jaune de haute intensité sera privilégiée pour les patients asthéniques.

 

Abstract de l’étude

De l’utilisation de la photothérapie et photo-chromothérapie dans un traitement combiné pour des patients présentant un syndrome dépressif asthénique et des troubles névrotiques

L’objectif de cette étude clinique et psychopathologique était d’estimer l’incidence de la lumière blanche et de la lumière jaune de haute intensité, sur les conditions cliniques de 41 patients (lumière blanche) et 18 patients (lumière jaune) présentant un syndrome asthéno-dépressif. Le groupe contrôle était composé de 42 patients sous traitement pharmacothérapique standard. Les observations cliniques réalisées sur les patients ont été complétés par l’évaluation de leur état et caractéristiques en recourant au questionnaire Symptom Checklist 90, le Bekhterey Depression Inventory et le Beck Depression Inventory. Les patients des trois groupes ont été interviewés avant la mise en place du protocole et 20 jours après l’initiation du traitement. Il a été montré que la photothérapie diminuait considérablement la sévérité de l’asthénie et de la dépression tandis que la lumière jaune se montrait plus spécifiquement adaptée chez les patients souffrant d’asthénie et de troubles somato-végétatifs.

Dépression et insomnie : brève revue de la littérature, exposé d’un cas clinique et interventions non pharmacologiques pour soigner la dépression


Sources et auteurs :
Sleep disorders and depression: brief review of the literature, case report, and nonpharmacologic interventions for depression.
Department GF Ingrassia, Section of Neuroscience, University Hospital Policlinico-Vittorio Emanuele, Catania, Sicily, Italy.

Clinical intervention in aging. 2013;8:1033-9. doi: 10.2147/CIA.S47230.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24019746


A travers un cas clinique et une revue de littérature, la privation de sommeil est présentée ici comme une intervention non-pharmacologique dont les atouts sont indéniables.

 

Abstract de l’étude

Dépression et insomnie : interventions non pharmacologiques pour soigner la dépression

Troubles du sommeil et dépression sont si souvent associés qu’un diagnostic de dépression devrait n’être établi qu’avec précaution, si le patient ne présente pas de troubles du sommeil. L’insomnie en particulier peut survenir chez 60 à 80 % des patients atteints de dépression. Les symptômes dépressifs constituent des facteurs de risque de dépression importants et la dépression est considérée comme une comorbidité significative chez les patients porteurs d’une insomnie chronique toute cause confondue. De plus, certains médicaments prescrits pour le traitement de la dépression peuvent aggraver l’insomnie et entraver une recouvrance totale. L’objectif de cet article est de documenter et discuter brièvement les sujets suivants : troubles du sommeil fréquents en contexte de dépression (cauchemars, hypersomnie, insomnie), troubles des rythmes circadiens et traitement de la dépression en agissant sur les rythmes de sommeil (chronothérapie, luminothérapie, cycles de sommeil et manipulation du rythme veille-sommeil lui-même). Enfin, nous présentons le cas clinique d’une femme de 65 ans caucasienne souffrant d’insomnie associée à une dépression ayant été soignée avec succès par privation de sommeil.

Des verres bloquant le bleu comme traitement adjuvant de la manie : un essai randomisé contrôlé


Sources et auteurs :
Blue-blocking glasses as additive treatment for mania: a randomized placebo-controlled trial.

Bipolar Disord. 2016 May;18(3):221-32. doi: 10.1111/bdi.12390.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27226262

Auteurs :


D’observance aisée et intégrable dans un protocole de soins, les verres bloquant la lumière bleue associés aux traitements en vigueur, pourraient concourir significativement à l’amélioration de la symptomatologie de la manie bipolaire.

 

Abstract de l’étude

Des verres bloquant le bleu comme traitement adjuvant de la manie : un essai randomisé contrôlé

Objectifs

La découverte des photorécepteurs de la rétine, sensibles à la lumière bleue, qui indiquent au cerveau l’heure du jour, suggèrent que le passage de la lumière vers le système circadien pourrait être inhibé par des verres teintés en orange bloquant la lumière bleue. Les verres bloquant la lumière bleue (VBB) constituent un traitement potentiel pour la manie bipolaire. Nous avons examiné l’efficacité des VBB auprès de patients hospitalisés pour un trouble bipolaire dans un état de manie.

Méthode

Dans le cadre d’un essai randomisé contrôlé contre placebo, des patients éligibles (porteurs d’une manie bipolaire, âgés entre 18 et 70 ans) ont été recrutés au sein de 5 cliniques en Norvège. Les patients étaient assignés aux VBB ou au placebo (verres clairs) de 18 h à 8 heures pendant 7 jours en plus de leur traitement habituel. Les symptômes étaient évalués quotidiennement en utilisant la Young Mania Rating Scale (YMRS). L’activité motrice était estimée par actigraphie et comparé aux données d’un groupe contrôle sain. Porter les verres pendant une soirée/nuit était requis pour être inclus dans l’analyse d’intention de traiter.

Résultats

Entre février 2012 et février 2015, 32 patients ont été inclus dans le protocole. 8 patients abandonnèrent et un patient a été exclu, pour un total de 12 patients dans le groupe VBB et 11 patients dans le groupe placebo. Le déclin moyen du score au YMRS était 14,1 [95 % intervalle de confiance (IC) : 9,7-18,5] dans le VBB group, et 1,7 (95 % IC: -4,0 à 7,4) dans le groupe contrôle, entraînant un effet de taille de 1,86 (Cohen’s d). Dans le groupe VBB, un patient rapportait des céphalées et 2 patients ressentirent des symptômes dépressifs aisément réversibles.

Conclusions

Cet essai randomisé contrôlé montre que les VBB sont opérants et intégrables en guise de traitement adjuvant de la manie bipolaire.

 

Informations sur les auteurs :
1 Section for Psychiatry, Department of Clinical Medicine, Faculty of Medicine and Dentistry, University of Bergen, Bergen, Norway.
2 Division of Mental Health Care, Valen Hospital, Fonna Local Health Authority, Valen, Norway.
3 Moodnet Research Group, Division of Psychiatry, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway.
4 Dr. Einar Martens Research Group for Biological Psychiatry, Center for Medical Genetics and Molecular Medicine, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway.
5 The Norwegian Centre for Mental Disorder Research (Norment), The KG Jebsen Centre for Psychosis Research, Department of Clinical Science, University of Bergen, Bergen, Norway.
6 The KG Jebsen Centre for Research on Neuropsychiatric Disorders, Department of Clinical Science, University of Bergen, Bergen, Norway.
7 Division of Psychiatry, Stavanger University Hospital, Stavanger, Norway.
8 Division of Mental Health Care, Haugesund Hospital, Fonna Local Health Authority, Valen, Norway.
9 Centre for Clinical Research, Haukeland University Hospital, Bergen, Norway.
10 Department of Physics and Technology, University of Bergen, Bergen, Norway.
11 Department of Biological and Medical Psychology, Faculty of Psychology, University of Bergen, Bergen, Norway.
12 Sleep and Performance Research Center, Washington State University, Spokane, Washington, USA.

Efficacité d’un traitement de luminothérapie, fluoxétine et leur combinaison chez les patients atteints de dépression non saisonnière : un essai randomisé contrôlé


Sources et auteurs :
Efficacy of Bright Light Treatment, Fluoxetine, and the Combination in Patients With Nonseasonal Major Depressive Disorder: A Randomized Clinical Trial.

JAMA Psychiatry. 2016 Jan 1;73(1):56-63. doi: 10.1001/jamapsychiatry.2015.2235.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26580307

Auteurs :


Une étude très solide dans une revue de très haut niveau portée par un protocole de recherche rigoureux avec des résultats inédits qui placent la luminothérapie comme une thérapie bien supérieure en termes d’efficience que la fluoxétine seule pour traiter la dépression.

 

Abstract de l’étude

Efficacité d’un traitement de luminothérapie, fluoxétine et leur combinaison chez les patients atteints de dépression non saisonnière : un essai randomisé contrôlé

Pertinence

La luminothérapie est un traitement de la dépression saisonnière basé sur des preuves probantes mais il n’existe jusqu’à présent que peu d’études quant à son efficacité en contexte de dépression majeure non saisonnière (DMNS).

Objectif

Déterminer l’efficacité d’un traitement de luminothérapie en monothérapie ou en combinaison avec de la fluoxetine hydrochloride comparé à un placebo chez des adultes DMNS.

Protocole et participants

Une étude randomisée en double aveugle contre-placebo, un essai sur 8 semaines chez l’adulte DMNS (19-60 ans) de sévérité au moins modérée chez des patients psychiatriques en centres médicaux académiques. Les données ont été collectées entre le 7 octobre 2009 et le 11 mars 2014. L’analyse était basée sur une intention modifiée de traiter les patients randomisés avec = au moins 1 score de suivi.

Intervention

Les patients était répartis de façon randomisée en 4 groupes :

  1. la luminothérapie en monothérapie (10 000 lux de lumière blanche pendant 30 minutes le matin et comprimé placebo)
  2. la monothérapie antidépressive (générateur d’ions négatifs inactif 30 minutes/jour et fluoxétine 20 mg/jour)
  3. la combinaison de lumière et antidépresseur
  4. ou le placebo (générateur d’ions négatifs inactifs et comprimé placebo)

Principaux indicateurs

Des changements dans le score de l’échelle de dépression Montgomery-Asberg (EDMA) préalable à l’essai et à son issue à 8 semaines. D’autres indicateurs secondaires comprenaient la réponse (= 50 % de réduction du score EDMA) et rémission (score EDMA = 10 points).

Résultats

Au total 122 patients ont été randomisés (luminothérapie seule : 32, fluoxétine seule : 31, thérapie combinée : 29, placebo : 30). Le changement moyen des scores EDMA pour la lumière, la fluoxétine, le traitement combiné et le groupe placebo étaient respectivement de 13,4 (7,5), 8,8 (9,9), 16,9 (9,2), et 6,5 (9,6), respectivement. La combinaison ([d]=1,11; 95 % CI, 0,54 à 1,64) et monothérapie lumière (d=0,80; 95 % CI, 0,28 à 1,31) étaient significativement supérieurs au placebo à l’EDMA, mais la monothérapie fluoxétine (d=0,24; 95 % CI, -0,27 à 0,74) n’était pas supérieur au placebo. Pour les groupes placebo, fluoxétine, lumière, et lumière et fluoxétine combinées, respectivement, à l’issue de l’expérimentation, une réponse au traitement était enregistrée par 10 (33,3 %), 9 (29,0 %), 16 (50 %), et 22 (75,9 %) et une rémission par 9 d’entre eux (30 %), 6 (19,4 %), 14 (43,8 %), et 17 (58,6 %). La thérapie combinée était supérieure au placebo dans les scores de réponse au EDMA (ß=1,70; df=1; P=0,005) et dans la rémission (ß=1.33; df=1; P=.02). Tous les traitements étaient d’ordinaire bien tolérés avec peu de différences significatives en termes d’effets indésirables.

Conclusion et pertinence

La luminothérapie aussi bien en monothérapie qu’en traitement combiné avec de la fluoxétine, était efficace et bien tolérée dans le cadre d’un traitement d’adultes souffrant de dépression non saisonnière. Le traitement combiné présentait les meilleurs résultats.

 

Informations sur les auteurs :
1 Department of Psychiatry, University of British Columbia, Vancouver, British Columbia, Canada2Mood Disorders Centre, Djavad Mowafaghian Centre for Brain Health, Vancouver, British Columbia, Canada.
2 Department of Psychiatry, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada4Mood Disorders Program, Sunnybrook Health Sciences Centre, Toronto, Ontario, Canada.
3 Department of Psychiatry, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada5Mood and Anxiety Disorders Program, Centre for Addiction and Mental Health, Toronto, Ontario, Canada.
4 Department of Psychiatry, Dalhousie University, Saint John, New Brunswick, Canada.
5 Department of Psychiatry, University of Calgary, Calgary, Alberta, Canada.

Existe-t-il une différence en termes d’efficacité clinique de la luminothérapie dès lors qu’elle est utilisée en traitement de différents types de dépression ? Une étude pilote


Sources et auteurs :
Is there a difference in clinical efficacy of bright light therapy for different types of depression? A pilot study.
Parnassia Groep, PsyQ, Department of Mood Disorders and Chronobiology, Lijnbaan 4, The Hague, the Netherlands.

J Affect Disord. 2013 Dec;151(3):1135-7. doi: 10.1016/j.jad.2013.07.017.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23972661


Une étude quoique réalisée sur un échantillon limité apporte des arguments pour encourager un usage de la photothérapie dans le cadre du traitement de différents troubles psychiatriques.

 

Abstract de l’étude

Existe-t-il une différence en termes d’efficacité clinique de la luminothérapie dès lors qu’elle est utilisée en traitement de différents types de dépression ? Une étude pilote

Contexte

L’intérêt va grandissant pour les applications possibles de la photothérapie. La photothérapie pourrait en effet constituer une alternative ou un traitement adjuvant pour plusieurs troubles psychiatriques au-delà du trouble affectif saisonnier. Cette étude-pilote entend examiner si l’efficacité de la photothérapie se vérifie de la même façon sur les différents sous-groupes d‘affections psychiatriques.

Méthodes

Les participants de l’étude étaient 48 patients nouvellement admis porteurs d’un trouble psychiatrique sévère avec composantes mélancoliques (n=20) ou composantes atypiques (n=28). La photothérapie était administrée le matin les jours de travail pendant 30 minutes (entre 5 000 et 10 000 lux) jusqu’à 3 semaines consécutives.

Résultats

Les symptômes dépressifs des participants de l’étude ont été significativement améliorés après le traitement par photothérapie (p<.05, d=-.53). Les effets du traitement étaient encore stables après 4 semaines. Il n’y avait pas de différence notable en termes de réponse au traitement au regard des différents groupes de troubles psychiatriques (p>.05). Pas d’effet lié à la saisonnalité sur l’amélioration des symptômes dépressifs après photothérapie, (p=.781).

Limites

L’échantillon retenu pour l’étude est un échantillon limité.

Conclusions

Cette étude pilote apporte des preuves préliminaires du caractère prometteur de la photothérapie dans le cadre d’un traitement de la dépression qu’elle soit de type mélancolique ou atypique.

La luminothérapie comme mono-traitement de la dépression non saisonnière chez 27 adolescents


Sources et auteurs :
Bright light treatment as mono-therapy of non-seasonal depression for 28 adolescents.
Child and Adolescent Psychiatry, Saechsisches Krankenhaus Rodewisch, Rodewisch,Germany.

190. Int J Psychiatry Clin Pract. 2012 Sep;16(3):233-7. doi: 10.3109/13651501.2011.625123.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22809107


Les effets de la photothérapie sur les épisodes dépressifs de l’adolescence sont aujourd’hui connus. Cette étude contrôlée vient confirmer ses effets antidépresseurs sur un petit échantillon de jeunes âgés de 14 à 17 ans.

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie comme mono-traitement de la dépression non saisonnière chez 27 adolescents

Contexte

La photothérapie, une option thérapeutique efficace pour le traitement de la dépression chez les adultes, pourrait également permettre une recouvrance sans danger, rapide et économique chez l’adolescent.

Méthode

28 volontaires entre 14 et 17 ans souffrant de troubles dépressifs modérés en accord avec le DSM-IV ont participé à l’étude. Il s’agissait d’un essai randomisé contrôlé. Ces patients ont été exposés à un placebo (50 lux) une heure par jour pendant une semaine puis à une intensité lumineuse de 2 500 lux pendant une semaine. 14 patients furent exposés à une lumière de forte intensité (2 500 lux) puis à un placebo. Pour évaluer les symptômes dépressifs, l’échelle de Beck a été renseignée une semaine avant et un jour avant le placebo, le jour qui séparait le placebo du traitement, le jour suivant le vrai traitement et une semaine après le vrai traitement. Des échantillons salivaires de mélatonine et de cortisol ont été prélevés à 8 heures et 20 heures, une semaine avant et un jour avant le placebo, le jour qui séparait le placebo du vrai traitement, un jour après le vrai traitement et une semaine après le vrai traitement. Les niveaux de mélatonine et de cortisol ont été contrôlés pour observer les changements éventuels de rythmicité circadienne.

Résultats

Les symptômes dépressifs ont diminué au bout de 3 semaines sans différence significative entre les 3 protocoles. Le pourcentage d’observance du traitement était important, différant respectivement de 75 % pour la photothérapie standard, 59 % pour les 30 minutes de lumière enrichie en bleu et 71 % pour les 20 minutes de lumière enrichie en bleu.

Conclusions

Le bénéfice non manifeste de la lumière bleue de forte intensité au regard de la photothérapie standard ne vient pas supporter l’hypothèse d’un rôle du système circadien dans la physiopathologie du TAS. L’absence de différence entre les réponses au traitement en fonction des protocoles peut être perçue également comme le résultat d’une réponse saturée suite aux fortes intensités utilisées ici. Des études récentes ont montré qu’une lumière enrichie en bleu de faible intensité pourrait s’avérer aussi efficace qu’une photothérapie standard. Or, la possibilité de modifier les dispositifs de traitement des patients porteurs d’un TAS en prescrivant une exposition à la lumière de plus faible intensité ou de durée plus courte pourrait optimiser l’observance des traitements et permettre de clarifier le rôle du système circadien et/ou des photorécepteurs non visuels sur la physiopathologie du TAS.

La luminothérapie contre les symptômes anxieux et la dépression dans l’épilepsie focale : un essai randomisé contrôlé


Sources et auteurs :
Bright light therapy for symptoms of anxiety and depression in focal epilepsy: randomised controlled trial.
Department of Clinical and Experimental Epilepsy, UCL Institute of Neurology, National Hospital for Neurology & Neurosurgery, London, UK.

Br J Psychiatry. 2013 May;202(5):352-6. doi: 10.1192/bjp.bp.112.122119.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23520221


La luminothérapie d’intensité modérée pourrait constituer un traitement complémentaire à investiguer pour limiter les effets des crises épileptiques sur le moral des patients.

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie contre les symptômes anxieux et la dépression dans l’épilepsie focale : un essai randomisé contrôlé

Contexte

La photothérapie constitue un traitement efficace du trouble affectif saisonnier et des dépressions non saisonnières. La dépression et l’anxiété sont des comorbidités fréquentes dans l’épilepsie.

Objectif

Examiner l’efficacité de la photothérapie pour le traitement des symptômes de dépression et d’anxiété chez l’adulte atteint d’une épilepsie focale.

Méthode

Nous avons recruté 101 patients adultes porteurs d’une épilepsie. Les participants complétèrent l’échelle hospitalière de dépression et d’anxiété au commencement (T1) et à la fin d’une période de 12 semaines (T2), et d’une seconde période de 12 semaines de photothérapie (T3) de forte intensité pour 51 d’entre eux, et de faible intensité pour les 50 autres patients. Un «journal des crises» a été tenu tout le long des deux périodes de l’étude.

Résultats

58 patients au total sont allés jusqu’au bout du protocole. Les scores de dépression et d’anxiété étaient sensiblement plus bas après le traitement par photothérapie aussi bien dans le groupe soumis à une lumière de forte intensité que dans le groupe soumis à une lumière de faible intensité.

Conclusions

La photothérapie a permis une réduction significative des symptômes sans que soit visible une différence entre un traitement de faible intensité et de forte intensité. Ce traitement à base de lumière de faible intensité pourrait ainsi constituer un traitement efficace pour traiter les symptômes de baisse de l’humeur dans l’épilepsie. Une autre étude s’impose cependant pour évaluer cette hypothèse avec un contrôle placebo.

La luminothérapie le matin : une approche utile pour réduire les comorbidités associées à la dérégulation affective et comportementale chez les jeunes patients dépressifs ? Un essai pilote.


Sources et auteurs :
Morning bright light therapy: a helpful tool for reducing comorbid symptoms of affective and behavioral dysregulation in juvenile depressed inpatients? A pilot trial.
Ruhr Universität Bochum, LWL Universitätsklinik Hamm.

Z Kinder Jugendpsychiatr Psychother. 2016 Jun 13:1-8 [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27299514


Cette étude suggère, sur un échantillon limité de patients, l’absence d’effets directs d’un protocole de luminothérapie sur les symptômes de dérégulation comportementale et affective associés à la dépression chez l’adolescent tout en révélant toutefois un possible mécanisme circadien à l’origine d’une amélioration de ces symptômes.

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie le matin : une approche utile pour réduire les comorbidités associées à la dérégulation affective et comportementale chez les jeunes patients dépressifs ? Un essai pilote.

Objectif

Ces dernières années, la luminothérapie (LT) a été utilisée pour traiter la dépression et stabiliser les rythmes circadiens. Dans cette étude, nous avons cherché à savoir si la LT est aussi efficace pour traiter les comorbidités de la dérégulation comportementale et affective chez les patients dépressifs.

Méthode

Cet article rapporte une analyse secondaire comparant deux sous-groupes de patients dépressifs porteurs de comorbidités affectives et comportementales, évaluées à travers le profil de dérégulation issu du Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ-DP ; n = 16 vs. n = 11). Les participants étaient randomisés en deux groupes : « LT active » (10 000 lux) et « contrôle » (approximativement 100 lux) et étaient soumis à 45 minutes de LT active/placébo pendant deux semaines. Les scores SDQ-DP, les paramètres de sommeil et les préférences circadiennes étaient évalués avant intervention, juste après l’intervention et 3 semaines après l’intervention.

Résultats

Aucun effet direct sur les scores SDQ-DP n’a été observé. Le sommeil était de meilleure qualité chez les patients des deux groupes. Le groupe LT active présentait une avance de phase. Les analyses de régression et de corrélation indiquaient un effet indirect circadien pour l’amélioration des scores SDQ-DP.

Conclusions

Les données de cette étude pilote devraient être considérées comme préliminaires et essentiellement descriptives. De nouvelles recherches s’imposent.

La privation de sommeil en contexte dépressif


Sources et auteurs :
Sleep deprivation therapy for depression.
Department of Clinical Neurosciences, Scientific Institute, University Vita-Salute San Raffaele, Milano, Italy.

Curr Top Behav Neurosci. 2015;25:483-502. doi: 10.1007/7854_2014_363.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25549913


La privation de sommeil continue à s’imposer comme le traitement non invasif par excellence de la dépression. La PS est cependant une technique complexe à large spectre, qu’il conviendra d’intégrer dans une stratégie plus globale pouvant impliquer, dans une visée de persistance de ses effets, une pharmacologie adjuvante.

 

Abstract de l’étude

La privation de sommeil en contexte dépressif

La privation de sommeil (PS) est la thérapie à effet rapide la plus largement documentée dans la littérature, ciblant les syndromes dépressifs les mieux identifies. Bien que la réponse à la PS soit transitoire, ses effets peuvent être maintenus par la prescription concomitante de médicaments (i.e. inhibiteurs de la recapture de sérotonine et lithium) et interventions sur la rythmicité circadienne (luminothérapie et avance de phase). Aussi, en tenant compte de sa sûreté d’utilisation, cette technique peut aujourd’hui être considérée parmi les stratégies de traitement antidépresseur de première intention pour les patients atteints de troubles de l’humeur. La PS est une intervention complexe qui devrait être perçue comme multi-cibles par nature. Ainsi, les mécanismes qui sous-tendent son effet antidépresseur peuvent être envisagés à plusieurs niveaux, impliquant non pas seulement les mécanismes monoaminergiques mais aussi l’homéostasie de sommeil et les mécanismes circadiens, glutaminergiques et la plasticité synaptique.

Une étude randomisée contrôlée pour évaluer la luminothérapie comme adjuvant pour la dépression non saisonnière


Sources et auteurs :
A sham-controlled randomized trial of adjunctive light therapy for non-seasonal depression.
Institute of Psychiatry and Neurology, Poland.

J Affect Disord. 2016 May 26;203:1-8. doi: 10.1016/j.jad.2016.05.062. [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27267951


Quand on sait les limites des traitements médicamenteux en contexte de dépression majeure, notamment la fréquence des effets secondaires et comorbidités associés, cette étude présente un intérêt important en montrant une véritable efficacité de la luminothérapie chez ces patients avec notamment des taux de rémission significativement plus élevés que dans le groupe contrôle.

 

Abstract de l’étude

Etude clinique et médicale : une étude randomisée contrôlée pour évaluer la luminothérapie comme adjuvant pour la dépression non saisonnière

Contexte

Le but de cette étude est d’examiner l’efficacité et la sécurité de la luminothérapie appliquée le matin (LT) dans le cadre d’un traitement de patients présentant un épisode majeur actuel de dépression dans le cadre d’un trouble bipolaire ou unipolaire sans caractéristique saisonnière. C’était un essai randomisé contrôlé.

Méthode

Des adultes, âgés de 18 à 70 ans ont été randomisés pour un traitement soit à partir de lumière blanche soit un générateur d’ions négatifs (en tant que contrôle placebo). Il était requis des participants qu’ils soient traités par des doses stables et thérapeutiques de médicaments psychotropes depuis au moins 4 semaines avant l’étude et leur traitement devait s’avérer insuffisamment efficace. Leur état clinique était évalué avant l’intervention et à l’issue de l’intervention. L’Hamilton Depression Rating Scale-21 items (HDRS-21), la Montgomery-Asberg Depression Rating Scale (MADRS), le Beck Depression Inventory (BDI-II), Clinical Global Impression-Severity (CGI-S) et la Patient Global Impression (PGI) ont été utilisés. Les résultats ont été étudiés à partir d’une analyse de l’intention de traiter.

Résultats

95 patients ont été inclus dans l’étude (50 diagnostiqués porteurs d’un trouble bipolaire et 45 porteurs d’une dépression unipolaire). 52 patients ont été randomisés par un traitement par luminothérapie et 43 dans le groupe placebo. 83 sujets sont allés au bout de l’étude. Il y a eu 12 abandons (5 dans le groupe luminothérapie et 7 dans le groupe contrôle). Après 14 jours de traitement, une amélioration significative était observée dans les 2 groupes (p<0,001). Les sujets traités par luminothérapie ne différaient pas particulièrement en termes de scores au HDRS-21 à l’issue de l’expérimentation comparés au groupe placebo (p=0.2). Cependant, des analyses plus approfondies ont démontré des taux de réponse (50% v. 27.9%, p=0.02) et des taux de rémission (28,8 % v. 11,6 %, p=0,04) plus importants dans le groupe luminothérapie comparé au groupe placebo. Il est à noter que la luminothérapie était aussi plus efficace que le placebo chez les patients résistants aux traitements. Aucune différence statistiquement significative n’a été constatée entre les patients bipolaires et unipolaires (p=0,4).

Conclusions

Tandis que les scores au HDRS-21 n’étaient pas supérieurs dans le groupe luminothérapie comparés au groupe placebo, les taux de réponse au traitement et de rémission étaient cependant significativement plus élevés chez les patients du groupe luminothérapie. Par ailleurs, ce traitement était significativement plus efficace également chez les patients résistants aux traitements médicamenteux classiques. Des études spécifiques pour déterminer quelles sous-populations de patients seront les plus susceptibles de bénéficier d’un traitement par luminothérapie sont requises.

Une réponse rapide à un traitement combiné de lithium, privation de sommeil et luminothérapie chez les patients en dépression bipolaire résistants aux traitements


Sources et auteurs :
Rapid treatment response of suicidal symptoms to lithium, sleep deprivation, andlight therapy (chronotherapeutics) in drug-resistant bipolar depression.
Istituto Scientifico Universitario Ospedale San Raffaele, Dipartimento di Neuroscienze Cliniche, San Raffaele Turro, Via Stamira d’Ancona 20, 20127 Milan, Italy.

J Clin Psychiatry. 2013 Dec 10 [Epub ahead of print].
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24345382


Avec des résultats rapides et là où les traitements classiques ne semblent pas toujours opérants, la luminothérapie combinée à la privation de sommeil apparaît comme une adjuvant thérapeutique de choix dans le traitement des épisodes majeurs de dépression chez les patients bipolaires.

 

Abstract de l’étude

Une réponse rapide à un traitement combiné de lithium, privation de sommeil et luminothérapie chez les patients en dépression bipolaire résistants aux traitements

Contexte

Un tiers des patients porteurs d’un trouble bipolaire tente de se suicide. La dépression dans le trouble bipolaire est associée à une résistance aux médicaments. L’efficacité des traitements sur la propension au suicide a été questionnée. La privation de sommeil totale et la luminothérapie conduisent à une réponse antidépressive rapide et stable dans le trouble bipolaire.

Méthodologie

Nous avons étudié 143 patients hospitalisés entre décembre 2006 et août 2012 lors d’un épisode dépressif majeur dans le cadre d’un trouble bipolaire (DSMV). Parmi les 141 patients ayant répondu aux critères d’inclusion, 23 % avaient tenté de se suicide et 83 % présentaient une résistance aux traitements. Sur une semaine, les patients ont été soumis à 3 cycles de privation de sommeil totale (chaque cycle composé d’une période de 36 heures consécutives de privation de sommeil suivi d’un sommeil de recouvrance), privation de sommeil combiné à un traitement de luminothérapie matinale sur une période de 2 semaines. A l’admission, les patients qui prenaient déjà du lithium ont continué leur traitement tandis que ceux qui n’en prenaient pas ont initié un traitement. La sévérité de la dépression était mesurée en fonction de l’échelle d’Hamilton et du Beck Depression Inventory.

Résultats

2 patients ont basculé dans la polarité. Parmi les 141 patients ayant suivi le traitement, 70 % ont atteint une diminution de 50 % de leurs scores sur l’échelle d’Hamilton en une semaine, avec une persistance sur 1 mois pour 55 % d’entre eux. L’amélioration constatée comprenait une réduction immédiate et durable des scores de suicide rapidement après le premier cycle de privation de sommeil (F3, 411 = 42.78, P < .00001). Avoir tenté de se suicider était associé à un stress accru et des scores de suicide plus importants pré-traitement, sans cependant présenter d’impact sur la réponse au traitement. Les patients porteurs d’idées suicidaires ou désireux de passer à l’acte ont également bien répondu au traitement (F3, 42 = 20.70, P < .000001). De façon remarquable cependant, les patients pour lesquels une réponse n’a pas été constatée ont bénéficié du traitement avec en définitive des scores de suicide moins importants. (F3,120 = 6.55, P = .0004). Les données d’autoévaluation présentaient le même type d’évolution. Un passif de résistance aux traitements médicamenteux, observée chez plusieurs patients, n’a pas non plus atténué la réponse à ce traitement spécifique. Au cours des mois qui ont suivi, 78 patients sur les 99 patients ayant répondu au traitement, ont connu un état de mieux-être qui s’est prolongé avec une sortie de l’hôpital et un traitement au lithium, seul.

Conclusions

La combinaison de luminothérapie, privation totale de sommeil et lithium est capable de faire décroître rapidement les envies suicidaires d’origine dépressive, et accélère la réponse antidépressive dans les épisodes de dépression majeure chez les patients bipolaires.

Trouble du comportement alimentaire


Effets de la luminothérapie sur l’hyperphagie nocturne : une étude pilote


Sources et auteurs :
Bright light therapy for the treatment of night eating syndrome: A pilot study.
University of Missouri-Kansas City, Department of Psychology, 5030 Cherry Street, Kansas City, MO 64110, USA.

Psychiatry Res. 2015 Sep 30;229(1-2):577-9. doi: 10.1016/j.psychres.2015.07.079. Epub 2015 Jul 29.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26239768


Sous réserve d’une confirmation sur un nombre plus important de patients, la luminothérapie peut s’avérer efficace dans le cadre de certains troubles du comportement alimentaire dont le syndrome d’alimentation ou hyperphagie nocturne.

 

Abstract de l’étude

Effets de la luminothérapie sur l’hyperphagie nocturne : une étude pilote

Les effets de la luminothérapie sur les symptômes du syndrome d’hyperphagie nocturne (HN) ont été évalués. 15 adultes ont été exposés à 10 000 lux de luminothérapie le matin pendant deux semaines. Une diminution significative a pu être observée entre l’avant et l’après-traitement en termes de symptomatologie de l’HN, de troubles de l’humeur et de troubles du sommeil. Cet essai pilote fournit des données préliminaires pour soutenir l’hypothèse de l’efficacité de la luminothérapie pour le traitement de l’HN.

Réduire les symptômes de la femme souffrant d’anorexie nerveuse chronique : Une étude pilote des effets de la luminothérapie


Sources et auteurs :
Reducing symptoms in women with chronic anorexia nervosa. A pilot study on the effects of bright light therapy.
PsyQ Haaglanden, ParnassiaBavo Group, Department of Eating Disorders and Obesity, The Hague, The Netherlands.

Neuro Endocrinol Lett. 2010;31(3):290-6.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20588231


Pour être efficace et durable, la luminothérapie doit être administrée sur des périodes suffisamment longues et avec une certaine régularité, surtout lorsqu’il s’agit de pathologies chroniques, comme c’est le cas ici pour l’anorexie nerveuse.

 

Abstract de l’étude

Réduire les symptômes de la femme souffrant d’anorexie nerveuse chronique. Une étude pilote des effets de la luminothérapie.

Objectif

Evaluer les effets de la luminothérapie sur les rythmes du sommeil, le cycle menstruel, l’humeur et les symptômes clé de l’anorexie nerveuse chronique.

Méthode

5 femmes anorexiques chroniques (durée moyenne de la maladie : 15,3 ans) ont été soumises à des sessions de luminothérapie chaque jour sur une durée de 5 jours (10 000 lux). Les participantes ont renseigné un questionnaire avant et après l’exposition sur 5 jours et dans le cadre d’un suivi à 3 mois.

Résultats

Lors du suivi, une légère amélioration a été observée sur les symptômes pathologiques du comportement alimentaire, une réduction franche des symptômes dépressifs et des améliorations cliniques importantes de la détresse globale des patients.

Conclusion

La luminothérapie procure des effets rapides positifs sur le bien être physiologique et psychologique des femmes anorexiques chroniques. Cependant, sur le plus long terme, les effets sont plus diffus. Il est recommandé de poursuivre l’exposition sur une durée plus importante et de réitérer le traitement après trois mois.

Baby blues, dépression avant ou après accouchement


La luminothérapie pour améliorer le sommeil des mères porteuses d’un enfant de faible poids à la naissance : une étude pilote


Sources et auteurs :
Bright light therapy to promote sleep in mothers of low-birth-weight infants: a pilot study.
Byrdine F. Lewis School of Nursing, Georgia State University, Atlanta, GA, USA.

Biol Res Nurs. 2013 Oct;15(4):398-406. doi: 10.1177/1099800412445612.
Publication : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22593231


Les effets de la lumière sur la dépression post-partum sont aujourd’hui connus. Cette étude randomisée sur un échantillon certes limité démontre les bénéfices d’une photothérapie sur le mieux-être des jeunes mamans porteuses d’un enfant de faible poids à la naissance en soins intensifs, aussi bien en termes d’amélioration des symptômes dépressifs que de santé globale (sommeil, état général, synchronisation de l’horloge circadienne).

 

Abstract de l’étude

La luminothérapie pour améliorer le sommeil des mères porteuses d’un enfant de faible poids à la naissance : une étude pilote

Avoir un enfant d’un faible poids à la naissance dans une unité de soins intensifs néonatal (USIN) peut intensifier les troubles du sommeil de la mère, dus aussi bien au stress qu’à la faible luminosité de l’unité de soins qui désynchronise l’horloge circadienne. L’objet de cette étude pilote est d’évaluer l’efficacité d’une photothérapie de 3 semaines sur le sommeil et la santé globale de mères d’enfants de faible poids à la naissance en USIN. Une randomisation stratifiée contrôlée a été utilisée pour enrôler 30 mères dans un groupe contrôle. Les données ont été collectées avant le traitement (2 semaines après l’accouchement) et après la photothérapie de 3 semaines. Les données de sommeil ont été mesurées par un actimètre (temps total de sommeil), activité circadienne, et l’Echelle générale des troubles du sommeil. Les autres effets ont été évalués à l’aide de l’échelle de fatigue de Lee, l’échelle de dépression postpartum d’Edinburgh et le Medical Outcomes Short Form 36, version 2. Les mères avaient environ 26,6 ans (±6,3) et la majorité était noire (73 %). L’âge moyen de gestation pour les enfants était de 27.7 semaines (± 6,3). Des différences parfois importantes parfois moins ont été observées en comparant les groupes avant et après traitement. Bien qu’aucune différence ne fut statistiquement significative dans un échantillon aussi restreint, pour les mères du groupe pilote, le temps de sommeil total, la fatigue de l’éveil, l’horloge circadienne, la dépression, la qualité de vie liée à la santé physique et la qualité de vie liée à la santé mentale, toutes ces dimensions s’étaient améliorées. La photothérapie constitue une option pour les mères d’enfants d’un faible poids à la naissance. Des effets bénéfiques ont été démontrés en clinique. Des études sur des échantillons plus importants seront nécessaires pour conforter ces évidences.

Études cliniques et articles scientifiques : Luminothérapie, dépression saisonnière et traitement des troubles affectifs saisonniers