
Une équipe de chercheurs de l’Université de Médecine de Vienne a montré qu’une exposition réduite à la lumière solaire, au cours des sombres mois d’hiver, peut induire des changements psychologiques et physiques en agissant sur les récepteurs de sérotonine.
Comment la photopériode affecte la communication neuronale
Il est admis aujourd’hui qu’une trop faible exposition à la lumière du soleil entraîne des changements psychologiques et physiques chez les individus.
Ces changements peuvent prendre la forme de la dépression dite saisonnière, caractérisée le plus souvent par une torpeur physique, une apathie, un appétit pour les glucides, une prise de poids…
Une équipe de chercheurs viennois est venue préciser un des mécanismes en jeu dans la considération de
la saisonnalité comme facteur de risque de dépression en étudiant la sérotonine et les cellules impliquées dans sa transmission.*
Mais qu’est-ce-que la sérotonine ?
La sérotonine est un message chimique du système nerveux central. Elle joue un rôle dans plusieurs fonctions physiologiques dont le sommeil, les comportements alimentaires, les comportements sexuels, la régulation de l’humeur…d’où son intérêt dans l’étude des causes de la dépression.
La sérotonine est produite par un groupe de neurones appelés les neurones sérotoninergiques. Leurs corps cellulaires sont rassemblés en plusieurs noyaux situés dans le tronc cérébral. La sérotonine dispose de récepteurs spécifiques qui assurent la communication des neurones entre eux.
La lumière favorise la communication neuronale
Dans cette étude, le potentiel de liaison des récepteurs 1A de la sérotonine, réduit en contexte d’anxiété ou de dépression, apparaît comme étant affecté également par une exposition à la lumière trop faible, celle-ci nuisant à la communication des neurones entre eux. Une sous-exposition à la lumière se voit ainsi impliquée dès le stade de la régulation de la transmission de la sérotonine.
Mieux encore, si la régulation de ce potentiel de liaison requerra un traitement médicamenteux de trois semaines, une exposition à la lumière par luminothérapie contrôlée agira, quant à elle, en une semaine.
On découvrait il y a peu les connexions entre la rétine et les structures du cerveau impliquées dans la mémoire, la cognition, l’appétit, l’humeur, etc. On découvre aujourd’hui un nouveau mécanisme moléculaire impliqué dans certaines formes de dépression ou comment la luminosité ambiante affecte la communication entre les neurones.
Ces avancées de la recherche sont considérables dans une société surconsommatrice de psychotropes et mettent en avant un traitement alternatif ou complémentaire par luminothérapie sans effets secondaires.
* "Light-dependent alteration of serotonin-1A receptor binding in cortical and subcortical limbic regions in the human brain"; Spindelegger C, Stein P, Wadsak W, Fink M, Mitterhauser M, Moser U, Savli M, Mien LK, Akimova E, Hahn A, Willeit M, Kletter K, Kasper S, Lanzenberger R. World J Biol Psychiatry. 2011 Nov 23 : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22111663